Aéroport de Nantes Atlantique : un trafic en hausse de 16,6% par rapport à 2018

© Olivier Quentin
© Olivier Quentin

7 millions de passagers soit une hausse de 16,6% du trafic. C'est ce qu'annonce la direction de l'aéroport de Nantes Atlantique, ce jeudi 17 octobre. A Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, la colère gronde en bout de piste. Le COCETA pour sa part dénonce des chiffres "toujours minimisés".

Par Céline Dupeyrat

Communiqués, ce matin, par la direction de l'aéroport de Nantes Atlantique, les chiffres sont en augmentation constante depuis maintenant des années.

7 041 000 passagers ont embarqué ces 12 derniers mois , soit une hausse de16,6% par rapport à 2018.  Depuis le mois de janvier, 5 628 000 de personnes ont pris l'avion à Nantes  (+17,6 %). 

"On a eu une activité sur l'aéroport maitrisée. Un été qui s'est globalement bien déroulé. Nous avons apporté un service amélioré et un parcours clients fluide à nos passagers.17% c'est une croissance importante mais nous avons innové, notamment avec la mise en place d'un service de voituriers sur les parkings", affirme Cyril Girot, directeur de l'aéroport de Nantes Atlantique.

Pour la direction donc, les 17 % d'augmentation, ne génèrent aucun gros problème d'organisation ou d'accueil sur une plateforme aéroportuaire que l'on dit déjà saturée : pour l'exemple , les passagers on attendu une vingtaine de minutes sur les contrôles de sûreté au mois de juillet et d'août, des mois où l'activité est la plus forte."

"Des appareils de mesures sonores accessibles au public"

"Sur les nuisances sonores nous nous sommes engagés dans un processus environnemental. Un instrument de mesures sonores est accessible au public sur notre site internet. Il permet de visualiser les trajectoires des avions et les niveaux de bruit. Nous sommes dans une logique de transparence sur l'impact que peut avoir notre aéroport sur le territoire".

Cette année est une année record. Une année exceptionnelle en terme de croissance et densité de l'activité. On a fait un effort en matière de recrutement de personnels saisonniers-Cyril Girot, directeur de l'aéroport Nantes Atlantique.

A droite Cyril Girot, directeur de l'aéroport Nantes Atlantique, fait le bilan d'une "année record en matière de fréquentation". / © Maxime Jaglin-France Télévisions
A droite Cyril Girot, directeur de l'aéroport Nantes Atlantique, fait le bilan d'une "année record en matière de fréquentation". / © Maxime Jaglin-France Télévisions


Et pour l'an prochain alors, atteindra t-on les 8 millions de passagers? "Les prévisions ne vont pas dans ce sens", conclut le directeur de Nantes Atlantique.
 

Plus de 60 000 avions ont survolé Nantes et son agglomération

Au total, 63 028 décollages et atterrisages ont été enregistrés ces 12 derniers mois, soit +9,5% de vols de plus qu'en 2018. 48 888 depuis le mois de janvier 2019 (+9,9%).
 
© Olivier Quentin
© Olivier Quentin

 

Des riverains à bout de nerfs


Pascale, habite au centre bourg de Saint-Aignan de Grand-Lieu depuis 1974. Les avions, elle est née dessous mais elle n'en peut plus : "On ne peut pas sortir. Si on sort on est agressé par le bruit. On respire des micro-particules fines en permanence".

Elle n'arrive même plus à compter les avions qui lui passe chaque jour au dessus de la tête : "Je ne sais pas, 25, 30, 40...maintenant c'est 24 heures sur 24. L'été on ne peut pas manger dehors entre 11 heures et 14 heures c'est toutes les 5, 10 minutes. Et le soir à partir de 18 heures c'est pareil...". Des jardins, on en profite pas. Y en a ras le bol!

Nous on attend le transfert, c'est tout. Ça fait 50 ans que c'est fait. Ils ont acheté des terrains à Notre-Dame-des-Landes. Maintenant on est en train de les distribuer. Faut pas oublier qu'il il y a eu une enquête d'utilité publique, un referendum, 55% de oui. Il y a eu des décisions de justice, qu'on les applique! C'est un déni de démocratie , un déni de justice. On va où là?-Pascale, habitante de Saint-Aignan-de-Grand Lieu-

Dans le bourg de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, la colère s'affiche aux portes des maisons. / © Céline Dupeyrat-France Télévisions
Dans le bourg de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, la colère s'affiche aux portes des maisons. / © Céline Dupeyrat-France Télévisions


"Il y a une concertation en ce moment. Ils en ont rien à foutre de ce qui va sortir de la concertation! De toute façon voter c'est fini. Maintenant je le bulletin de vote du oui du référendum à chaque élection! C'est ce que j'ai mis aux Européennes, c'est ce que je mettrai  à la présidentielle et aux législatives".

C'est malheureux, d'arriver à mon âge, d'être en retraite et de dire s'il faut casser pour être entendu, alors peut-être qu'un jour on va casser. Ce jour il n'est peut-être pas si loin que ça-Pascale, habitante de Saint-Aignan-Grand Lieu-

"Les chiffres sont faussés"

Les chiffres le Collectif des Citoyens Exposés au Trafic aérien  n'y croit plus depuis longtemps. Pour le COCETA, ils sont faux, systématiquement rabaissés.

"Depuis le début les chiffres sont minimisés. On est largement en dessous des prévisions. Comme d'habitude on nous présente des chiffres à minima. Il suffit de reprendre ceux de l'année dernière. On nous annonçait pas envore 6 millions, on a pris 1 millions sur une seule année. En plus on vient encore d'annoncer deux ouvertures de lignes", constate Eric Aïtkachi

"Les prospectives annoncées ne sont pas cohérentes. La réduction des nuisances est impossible à faire à l'heure actuelle. surtout avec une augmentation du trafic à 14 millions. Vous ne pouvez pas doubler le trafic et dire qu'il y aura moins de personnes impactées ou le même niveau qu'aujourd'hui. C'est impossible. En plus on prend sur Nantes 17000 habitants par an. On marche sur la tête!", poursuit l'adminstrateur du COCETA, chef d'entreprise à Couëron près de Nantes.

Vous ne pouvez pas lutter contre la tendance actuelle. Aujourd'hui les gens ne partent plus en vacances trois ou quatre semaines. Ils préfèrent partir des week-end. L'avion permet ça. Partir à moindre coût dans toutes les capitales européennes. Air France annonce le doublement de sa production d'avions. On ne peut pas aller à contre courant-Eric Aïtkaci, respoinsable de la commission technique du COCETA.
 

"Ils envisagent de rayer des villes de la carte
 

Pour le Coceta, comme pour les riverains, le réamenagement ne suffira pas : "l'avenir ne peut passer que par un transfert de l'aéroport. "Ils veulent rayer des villes de la carte. Saint-Aignan n'existera plus. Nous on s'opposera de toutes les manières qu'ont peut. On a des avocats. On essaiera de contrer tous les travaux. S'ils éspèrent pouvoir ouvrir un aéroport en 2025 qui sera déjà saturé, ils se trompent".

"On est 
extrêmement déçus de l'attitude des politiques qui ne positionnent pas et qui rejettent ça sur une décision d'état. Ils estiment que ce n'est plus leur problème. Ils sont responsables des citoyens qui sont en dessous. Ils bottent en touche. Ils nous on promis un aéroport, ils ont porté le projet de transfert. Aujourd'hui plus rien...", ajoute Eric Aïkaci.

"Des décibels 22 fois supérieures à la norme"

Il faut que les politiques nous expliquent! Les nuisances elles seront toujours là. Elles vont pas disparaître d'un coup de baguette magique en augmentant la pente d'approchede 0,5°. Ça représente 2 décibels. Quand vous mesurez 83 décibels au Jardin des plantes! On est très loin des 45 décibels de l'Organisation Mondiale de la Santé. Ça fait juste 22 fois le taux normal. C'est énorme, constate amerement l'administarteur du COCETA.

Avec 107 destinations, Nantes Atlantique est aujourd'hui le 7ème aéroport régional français.

Sur le même sujet

Chasse : les sangliers de la discorde

Les + Lus