Coronavirus : le CHU de Nantes et l'hôpital de la Roche-sur-Yon manquent de surblouses et en appellent aux dons

La pénurie de surblouses guette désormais les soignants les hôpitaux de Nantes et La Roche-sur-Yon, en première ligne depuis le début de l'épidémie. Les établisements appellent à la générosité du public et des entreprises.

Deux soignantes du service de réanimation du CHU de Nantes ôtent leurs masques et leurs blouses de protection. 10 avril 2020.
Deux soignantes du service de réanimation du CHU de Nantes ôtent leurs masques et leurs blouses de protection. 10 avril 2020. © MaxPPP
Indispensable aux soignants des services de réanimation , les stocks de surblouses s'épuisent au fur et à mesure des semaines.

Selon le personnel de santé, il y a suffisamment de stock uniquement pour couvrir les prochains jours...

Pour pallier cette pénurie d'équipements essentiel à la protection des médecins, tout comme des patients, les employés du CHU de Nantes appellent à la générosité du public.

"Nous sommes à la recherche par tout les moyens d'une protection. Ainsi je fais appel à votre aide ! lance sur Facebook Laure, une infirmière qui travaille dans le service Covid-19 du CHU de Nantes, que ce soit des combinaisons intégrales ou toutes autres formes de sur-blouse qui protège l’avant de notre corps mais aussi les bras. Pour l’instant, nous recherchons surtout des tenues à usage unique."
Dépistage d'un patient présentant les symptômes du Covid-19 au CHU de Nantes. 10 avril 2020.
Dépistage d'un patient présentant les symptômes du Covid-19 au CHU de Nantes. 10 avril 2020. © MaxPPP
Même appel du CHD de Vendée qui va plus loin : "Entreprise, associations, particuliers … nous avons besoin de vous pour la fabrication de surblouses en tissu !", demande l'établissement sur son compte Facebook, qui précaise "le patronnage et toutes les informations utiles à la fabrication des surblouses sont disponibles ici"Car, après le manque de masques et de gel désinfectant, la pénurie s'étend désormais aux surblouses. Un équipement pourtant aussi essentiel que les masques dans la prise en charge des patients atteints par le Covid-19.

Chaque fois qu’un membre du personnel soignant entre dans une chambre où se trouve un malade du coronavirus, il doit en effet enfiler une sur-blouse dont il se débarrasse ensuite à la sortie. Plus il y a de malades, plus il faut de sur-blouses. C’est indispensable pour ne pas propager le virus.
 

La solution du système D

Pas de stock disponible sous la main, les personnels soignants  en appellent donc à la générosité des gens et au système D.

Le CHD de Vendée 

"Si vous avez des contacts de peintre, vétérinaire, garagiste, ou encore employé de laboratoire qui auraient du stock, cela serait parfait pour nous. Dans le service, nous sommes une cinquantaine par jours et devons changer de sur-blouse à chaque sortie de chambre ou presque. Ils nous en faut donc le maximum possible. Nous en sommes en train de réfléchir à l’utilisation de nos sacs poubelles", précise l'infirmière.

La solution "sac poubelle"

Des sacs poubelle en guise de protection contre le virus. L'idée prêt à sourire mais est très sérieuse. Le CHRU de Nancy, qui fait partie des établissements les plus saturés depuis le début de l'épidémie, est passé en mode "sac poubelle". 

Près de 400 000 kits en polyéthylène ont ainsi été commandés à une PME basée à Ludres, près de Nancy.

L'entreprise spécialisée est même allée plus loin en concevant un kit plus adapté aux soignants. L'ensemble se compose d'un grand sac pour le corps, ainsi que deux "tubes" pour les manches et deux sur-chaussures.
Le "kit de protection Covid-19" conçu par l'entreprise Schweitzer
Le "kit de protection Covid-19" conçu par l'entreprise Schweitzer © Benoît de Butler, France 3 Lorraine
Il n'a fallu que quelques jours pour concevoir et lancer la production. Objectif, produire 24h/24 et 7j/7. Si la PME a été réactive, c'est aussi que le process n'est pas très différent de l'ordinaire. L'entreprise produit des sacs en polyéthylène de tous calibres toute l'année.

Le matériau est étanche au virus mais la procédure d'habillage n'est pas des plus pratiques pour une utilisation fréquemment renouvelée.


Le Hellfest ouvre la voie 

Le Hellfest au chevet du CHU de Nantes. Alors qu'il vient d'annuler son édition 2020, le célèbre festival de métal s'engage dans la lutte contre le Covid-19 et mobilise toute sa communauté de fans des musiques extrêmes autour d'une campagne de don. 
Le Hellfest au chevet du CHU de Nantes
Le Hellfest au chevet du CHU de Nantes © Hellfest
Symbole d'entraide et de solidarité, le Hellfest prouve une nouvelle fois sa générosité. 

24 heures à peine après son lancement, la cagnotte en ligne Hellfest For Health, destinée à collecter des fonds à destination du CHU de Nantes, vient d'atteindre les 67% de son objectif de 66 666€.

Hellfest Productions avait amorcé cette opération via une donation de 20 000 €, somme correspondant aux frais d’intervention habituels des médecins-urgentistes présents chaque année sur le festival.

Le Virtual Challenge lancé par Timepulse, organisateur nantais de courses à pied, a également pour but de réclamer des fonds.
 
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