Pénurie de blouses dans les hôpitaux : la solution "sac poubelle" pour se protéger de la contagion

La surblouse est indispensable aux soignants Covid-19. En raison de l'explosion de la demande mondiale, la pénurie guette, au moment où les masques commencent à être livrés à peu près normalement. Les hôpitaux du Grand-Est ont commandé 400.000 kits en polyéthylène à une PME de Ludres, près de Nancy.

Le kit de protection "Covid-19" conçu par l'entreprise Schweitzer
Le kit de protection "Covid-19" conçu par l'entreprise Schweitzer © Benoît de Butler, France 3 Lorraine

Des sacs poubelle en guise de protection contre le virus : il fallait oser, des hôpitaux l'ont fait, faute de mieux, pour pallier la pénurie de matériel médical. Mais cette entreprise spécialisée est allée plus loin en concevant un kit plus adapté, même si la matière première est la même. L'ensemble se compose d'un grand sac pour le corps, plus deux tubes pour les manches et deux surchaussures.

Il n'a fallu que quelques jours pour concevoir et lancer la production. Le personnel est  motivé : il est prévu de produire 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Mais si la PME a été réactive, c'est aussi que le process n'est pas très différent de l'ordinaire : Schweitzer produit toute l'année des sacs en polyéthylène de tous calibres.

Bien que la taille et la couleur évoquent le sac poubelle, Louis Lebon, le patron, précise que c'est un plastique de qualité "alimentaire" type sac de congélation, un peu plus épais et résistant. Par ailleurs, le grand sac est prédécoupé pour s'arracher rapidement, c'était une demande des soignants. Il s'agit d'une protection jetable.

Cri d'alarme

Les premiers 30.000 exemplaires sont destinés au CHRU de Nancy. Mais tous les hôpitaux du Grand Est en réclament. Car la pénurie de surblouses est réelle. Aussi nécessaires que les masques pour protéger les soignants, ces blouses jetables s'arrachent sur le marché mondial.

A Nancy, Ophélie Opfermann, déléguée CFDT, a lancé un cri d'alarme : l'hôpital est au bord de la rupture de stocks. Infirmière de nuit aux maladies infectieuses, elle enfile une surblouse chaque fois qu'elle entre dans une chambre. Et la jette évidemment à la sortie. Soit "30 ou 40 blouses par nuit".
A la direction de l'hôpital, on confirme une consommation de 10.000 blouses tous les jours actuellement. 

Feu de tout bois

Face au risque de pénurie, le Dr Arnaud Florentin, responsable de l'hygiène hospitalière, fait les fonds de placard; de "vraies" blouses, en tissu, sont utilisées en surblouses... mais il faut les laver ! Idem pour les blouses de bloc opératoire, théoriquement jetables, mais qui supportent deux ou trois lavages. Il cherche aussi d'autres solutions à l'extérieur : le "voile d'hivernage" un textile non-tissé utilisé par les jardiniers, pourrait faire l'affaire ; mais il faut trouver un industriel pour en faire des blouses... Avis aux entreprises de confection.

Concernant la blouse en plastique, Le Dr Florentin comme Louis Lebon, son fabricant, conviennent que c'est "un palliatif" en attendant des solutions plus adaptées. Le matériau est étanche au virus mais la procédure d'habillage n'est pas la plus pratique pour une utilisation fréquemment renouvelée. Or, même si le rythme des hospitalisations venait à baisser, chaque malade en a pour deux ou trois semaines d'hôpital en moyenne. Encore beaucoup de blouses en perspective.
 

 
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