Déconfinement : au sud de Nantes l'association Terres En Vie lance l'opération le "vignoble a la patate"

Toute l'année, l'association citoyenne "Terres En Vie", oeuvre sur 6 communes du vignoble au sud de l'agglomération nantaise. Ce week-end, les bénévoles plantent des patates pour qu'elles soient redistribuées dans les différents réseaux d'aide alimentaire. Récolte prévue en septembre.

350 plants de pommes terre bio seront plantés par les bénévoles sur les communes de la Chapelle-Heulin et Monnières, dans le vignobles nantais
350 plants de pommes terre bio seront plantés par les bénévoles sur les communes de la Chapelle-Heulin et Monnières, dans le vignobles nantais © Vincent Raynal-France Télévisions
Dans le champs de la Chapelle-Heulin, au sud de l'agglomération nantaise, en plein coeur du vignoble, il fait déjà chaud ce samedi matin 30 mai. 25 personnes, pourtant, se sont levées aux aurores, délaissant la grasse mat, pour faire acte de solidarité. Toutes les générations sont représentées et l'action qui va bien au delà du simple symbole s'annonce gaie et souriante sur cette parcelle qui autrefois débordait de vignes.

C'est l'association "Terres En Vie" qui est à l'origine de cette matinée. L'objectif est de planter et de pailler des plants de pommes de terre qui seront ensuite distribués via les réseaux d'aide alimentaire

"Ça fait plaisir d'autant que ce sont des citoyens qui viennent de tous les horizons. On a des agriculteurs, on a des marcheurs, des gens qui ont juste envie de donner un coup de main. Et de tous les âges en plus, ça aussi c'est intéressant. Il y a des jeunes de 20 ans, des anciens", se rejouit Cédric Retours.
Il n'y a pas d'âge pour planter des patates. Marika, deux ans et demi était dans les champs dès 9 heures ce samedi matin 30 mai.
Il n'y a pas d'âge pour planter des patates. Marika, deux ans et demi était dans les champs dès 9 heures ce samedi matin 30 mai. © Vincent Raynal-France-Télévisions


A la fin de l'opération 1000 mètres carrés auront été plantés sur la Chapelle-Heulin et 500 sur la communes de Monnières. "Ça va faire quelques kilos à récolter. En septembre, on aura besoin de mains pour les ramasser. Quand je vois l'optimisme des gens, je sais qu'ils reviendront. Et il y aura encore plus de monde parce que cela va faire du bruit autour d'eux. On sera une bonne équipe", espère Cédric Retours.

"Notre modèle de production est à repenser"


"Moi ce qui me motive, c'est le grand air, le soleil. Je n'avais rien de mieux à faire de mon temps. Et puis d'une manière générale, je pense que la crise du coronavirus a mis en relief quelques imperfections, notre modèle de production y compris agricole.


On doit nécessairement aller vers une agriculture plus locale, plus diversifiée, plus résiliente pour faire face aux épreuves que nous allons probablement traverser demain. Il faut préserver les terres agricoles. Ce sont des biens à sanctuariser pour le bien de la communauté-Adrien Cadéron, bénévole

 

"C'est le fait d'être avec des gens qui est très plaisant. Moi j'ai un jardin, mais là l'important c'est de partager au soleil, dans la bonne humeur. C'est le côté solidaire qui m'a plu dans ce chantier. J'aime bien ce genre d'opération, ce n'est  pas la première fois que je participe à une telle action. C'est un moment de rencontres", raconte Aurélie Audiau en grattant la terre. 

"Il faut un mouvement général"


"Planter des pomme de terres je le fais à la maison, mais à plusieurs, jamais! Il y a du plaisir. On est bien, on construit demain tous ensemble. Il faudrait qu'il y ait un mouvement général pour un mieux être", sourit Géraldine Vieuloup, derrière ses lunettes de soleil. 
20 bénévoles de tous âges se sont rejoint ce samedi matin 30 mai à la Chapelle-Heulin pour remettre une friche en culture.
20 bénévoles de tous âges se sont rejoint ce samedi matin 30 mai à la Chapelle-Heulin pour remettre une friche en culture. © Vincent Raynal France Télévisions

"Les associations, secours pop, secours catholique, restos du coeur ont pointé très vite qu'il y avait des problèmes d'alimentation pendant le confinement. Il y a eu des appels lancés. Donc on s'est dit comme on a des terres non utilisées en attente de porteurs de projets, pourquoi ne pas les mettre en culture pour que cet hiver il y ait des stocks pour les personnes les plus fragilisées, raconte Jean Marie Morel, adhérent de l'association. 
 
L'opération s'est montée très vite. Et cela va bien au delà des adhérents de "Terre En Vie".

La période qui vient de s'écouler a montré qu'il y avait des solidarités citoyennes qui se mettaient en route rapidement. C'est plutôt bon signe dans notre société individualiste de voir que des personnes relévent le défi. Donc nous on est ravis, forcément-Jean-Marie Morel, adhérent association "Terres En Vie".

Jean-Marie Morel est adhérent à l'association "Terres En Vie"
Jean-Marie Morel est adhérent à l'association "Terres En Vie" © Vincent Raynal-France Télévisions

La grande surprise pour Perrine, c'est que 50% des gens qui sont présents ne font pas partie de l'association : "On a diffusé l'information assez largement via notre réseau mais aussi via les réseaus sociaux, via des associations partenaires avec lesquelles on travaille. Cela a très bien fonctionné.

"Face au constat de la vulnérabilité on a souhaité planté solidairement des pommes de terre qui seront distribuées aux plus démunis via les CCAS, les épiceries solidaires et les restos du coeur, la banque alimentaire", précise Perrine.

"C'est une action très exceptionnelle pour nous. Nous on a des terrains que l'on peut mettre à disposition. On estime que l'alimentation c'est essentiel. On plante 350 kilos de plants de pommes de terre bio. Une fois récoltées elle seront stockées chez des agriculteurs adhérents de l'association avant d'être redistribuées".

Des friches labourées, remises en l'état, pour permettre l'installation d'agriculteurs bio


Terre En Vie est une association citoyenne qui réunit des membres de la société civile, des agriculteurs en retraite, des propriétaires fonciers, des élus, et puis tout un chacun est libre de venir participer. Pour faire quoi? "On identifie sur le territoire du vignoble, des espaces en friche issus principalement de la crise viticole. Des vignes en fait qui ont été laissées à l'abandon. On les prend en location, on les remet en état. On les passe en bio. Notre objectif, c'est d'installer des agriculteurs bio qui vont demain travailler en circuits courts et produire une alimentation locale pour la population voisine", explique Perrine.
Les pommes de terre bio seront récoltées en septembre et distribuées via les réseaux d'aide alimentaire aux personnes les plus démunies.
Les pommes de terre bio seront récoltées en septembre et distribuées via les réseaux d'aide alimentaire aux personnes les plus démunies. © Vincent Raynal-France Télévisions
Aujourd'hui l'association posséde 50 hectares en fermage. Cela a pour l'instant permis l'installation de quatre personnes : un paysan boulanger, une maraîchère et deux éleveurs de poules pondeuses.

• Regardez le reportage de notre rédaction.

 
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