Dimanche en Politique: une maison, un jardin, le rêve après COVID ? - Voir ou revoir

Malgré la crise sanitaire, nous continuons d’acheter et de vendre des logements. Ce qui coince, c'est le prix dans les grandes villes. Résultat: les acheteurs se replient sur les petites villes et les zones rurales. Un mouvement qui s’est accéléré avec le confinement et le télétravail. 

une maison, un jardin, le rêve après COVID
une maison, un jardin, le rêve après COVID © France Télévisions

Christine Vilvoisin reçoit Loic Cantin, président de la fédération immobilière des Pays de la Loire, le sociologue Jean Viard, directeur de recherche à Sciences Po Paris et Laurent Devisme, professeur à l'école d'architecture de Nantes

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Dimanche en Politique: une maison, un jardin, le rêve après COVID ?

Crise sanitaire ou pas, les villes restent attractives et notamment la métropole nantaise. Elle loge 25% des habitants de la Loire Atlantique mais elle n'offre pas assez de logements. Résultat, les prix grimpent. Une augmentation de 9% sur l'année 2020 pour une maison ancienne et jusqu'à 16% pour le centre ville d'Angers.

Les prix s'envolent et une partie de plus en plus importante de la population n'a plus les moyens financiers de se loger en ville.

On assiste même selon Laurent Devisme, professeur à l'école d'architecture de Nantes à la création de villes à plusieurs vitesses, "on peut avoir des quartiers populaires délimités et des logements haut de gamme. La difficulté, c'est de trouver des logements intermédiaires". la mixité sociale se trouve parfois réduite à peau de chagrin.

Les acheteurs qui rêvent d'une maison avec un jardin sont relégués en deuxième ou troisième couronne, de plus en plus loin des centres villes. Et des zones jusqu'alors délaissées comme le Pays de Retz sont devenues très attractives. Ce territoire à mi-chemin entre la métropole nantaise et le littoral séduit une population croissante. Et, phénomène nouveau selon le sociologue Jean Viard, "les gens sont fiers désormais d'habiter hors des grandes villes"

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Les prix de l'immobilier continuent de grimper à Nantes

La revanche des villes moyennes

Loic Cantin, le président de la fédération immobilière des Pays de la Loire analyse ce mouvement comme la revanche des villes moyennes sur les grandes villes. Un mouvement qui s'est accéléré avec le confinement et le télétravail. " Les gens se sont rendus compte qu'ils avaient besoin d'espace, de maisons plus grandes, de jardins" analyse le sociologue Jean Viard, directeur de recherche à Sciences Po Paris. Les Parisiens quittent la capitale pour plus d'espace au Mans ou à Laval. 

Loic Cantin évoque un nouveau phénomène que constatent les agences immobilières, celui de la double résidence principale. Des Parisiens qui gardent un pied à terre à Paris et qui achètent un logement au Mans près de la gare pour travailler une partie de leur temps à Paris, une autre en télétravail au Mans. "Ce sont des territoires qui se réveillent" analyse t'il.

Les plus fortunés investissent dans des maisons ou des appartements en bord de mer. C'est vrai notamment pour la ville de la Baule.

Un tournant dans l'aménagement du territoire

L'une des conséquences de la crise sanitaire, c'est donc un rééquilibrage entre les grandes villes et les plus petites, entre le monde urbain et le monde rural. Selon Laurent Devisme, professeur d'études urbaines à l'école d'architecture de Nantes, nous sommes sans doute "à un tournant dans l'histoire de l'aménagement du territoire", une notion trop longtemps oubliée selon Loic Cantin. "C'est aujourd'hui aux politiques de travailler sur ces équilibres" estime t'il et notamment aux régions.

Jean Viard lui de conclure que le mouvement est en train de s'inverser '"nous allons vivre à la campagne, la ville sera bientôt un lieu de loisirs et de villégiature" affirme le sociologue.

 

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