Loire-Atlantique : le delphinarium de Planète Sauvage veut garder espoir

Le projet de loi sur la maltraitance animale est toujours en discussion au parlement. Le texte qui envisage la fermeture des delphinariums signifierait un gros manque à gagner pour le parc zoologique de Port-Saint-Père, en Loire-Atlantique, qui possède l'un des derniers en France. 

Il ne reste plus que deux delphinariums en France dont celui de Port-Saint-Père
Il ne reste plus que deux delphinariums en France dont celui de Port-Saint-Père © France Télévision Cyril Dudon

Le 29 janvier, les députés ont voté en première lecture le projet de loi sur la maltraitance animale dont une disposition relative aux animaux sauvages détenus en captivité à des fins de divertissement édicte :

"Il est interdit de détenir en captivité des spécimens de cétacés, sauf au sein d’établissements ayant pour finalité de prodiguer des soins aux animaux de la faune sauvage trouvés blessés ou affaiblis dans la nature ou dont les propriétaires ont souhaité se dessaisir ou en ont été tenus."

Cet article annonce clairement la fin des deplhinariums. Sous un délai de 7 ans pour les dauphins et de 10 ans pour les orques.

 

"On est tout à fait disponible pour travailler avec le gouvernement"

Le Parc Astérix, dans l'Oise, ayant fermé son deplhinarium, il ne reste en France que deux parcs possédant une telle attraction. L'un est le Marineland d'Antibes, sur la Côte d'Azur, l'autre est à Port-Saint-Père, en Loire-Atlantique, c'est Planète Sauvage.

Dans ce dernier, on veut garder espoir. Le projet de loi n'est pas encore passé en discussion devant le Sénat.

"On s’étonne de ne pas avoir été consulté, fait remarquer Clémentine Amar, chargée de communication de Planète Sauvage. On est tout à fait disponible pour travailler avec le gouvernement sur les delphinariums. "

Le Parc Astérix a transféré ses dauphins vers d'autres delphinariums d'Europe. L'un des cétacés, plus âgé, a dû être euthanasié. A Planète Sauvage, on nous assure qu'aucun n'est arrivé sur le site de Port-Saint-Père.

Le parc insiste sur sa vision du bien-être animal "Le bien être animal, ça se mesure, affirme Clémentine Amar, par un certain nombre de critères, sociaux, taille, poids, reproduction. On est rassuré quant au bien-être qu’il y a dans notre structure. C’est un travail qui est fait depuis des années." Et selon elle, si le parc Astérix a renoncé à son deplhinarium, ce n'est pas en prévision de la loi à venir mais c'est un projet plus ancien du groupe propriétaire qui vise à recentrer l'activité sur les autres attractions.

Reste qu'il faudra bien trouver un lieu d'accueil pour les cétacés si la loi est définitivement votée.

 

Des sanctuaires marins

"L'idéal, explique Muriel Arnal, présidente et fondatrice de One Voice qui se bat contre les delphinariums, c'est un placement en sanctuaire marin, des bras de mer clos et adaptés." Mais selon elle, cela nécessite aussi une préparation des cétacés qui ont vécu en captivité car ils manquent de musculature et n'ont pas une nourriture adaptée. 

Problème, ces sanctuaires sont rares dans le monde.

A Planète Sauvage, on dit s'inquiéter pour l'avenir des dauphins si les delphinariums sont condamnés à fermer. "Est-ce que les structures d'accueil seront aussi bonnes que la nôtre qui est au sommet mondial en terme d’accueil des dauphins en parc zoologique ?" s'interroge le parc de Loire-Atlantique. "Il n'existe pas de solution en pleine mer" affirme Clémentine Amar.

Comme toujours, deux visions s'affrontent. Chacun dit vouloir le mieux pour l'espèce. Les associations exigent que les cétacés soient remis en liberté et les delphinariums estiment contibuer à la sauvegarde des espèces en informant le public.

"L'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) lance un cri d'alarme sur l'extinction de certaines espèces et demande à Planète Sauvage d'être le relai de cette information, dit-on à la communication du parc zoologique qui souligne l'incongruité de la situation. On a besoin des parcs zoologiques pour la recherche et on nous demande de mettre fin à nos activités !" 

Sauf un hypothétique amendement adopté devant le Sénat et voté ensuite en deuxième lecture à l'Assemblée Nationale, les delphinariums n'ont plus que quelques années à vivre en France.

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