À Saint-Brévin-les-Pins, un colloque sur l'accueil des réfugiés sous haute surveillance : sept militants d'extrême droite interpellés

La préfecture de Loire-Atlantique a placé Saint-Brévin-les-Pins sous étroite surveillance, ce 23 septembre, pour éviter des violences en marge d'un colloque national sur l'accueil des demandeurs d'asile. Repérée par la gendarmerie, la manifestation contre la tenue de cet événement a finalement mobilisé une soixantaine de militants d'extrême droite.

Leur mobilisation à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique) a été moins importante que prévu. Samedi 23 septembre, une soixantaine de militants d'extrême droite ont fait le déplacement dans cette ville de l'estuaire de la Loire  "pour une action contre la tenue" d'un colloque national sur l'accueil des exilés. L'action anti-réfugiés avait préalablement été repérée par la gendarmerie, qui attendait environ 200 manifestants.

"Ça ne m'inquiète pas plus que ça, assure Philippe Croze, président du collectif des Brévinois attentifs et solidaires, qui souhaite insister sur le contenu de ce colloque. On a fait venir des experts, des chercheurs, des universitaires qui sont spécialistes de la migration, un phénomène qu'il faut afffronter en face, avec ses vérités. (...) Il faut avoir un débat apaisé sur ce sujet."

Une poignée de Brévinois est opposée au transfert d'un CADA. C'est une minorité agissante, qui a été contrainte d'appeler à la rescousse un certain nombre de partis politiques pour les appuyer dans leurs manifestations.

Philippe Croze

président du collectif des Brévinois attentifs et solidaires

Organisé par quatre associations, ce colloque a réuni environ 400 participants dans la salle Étoile de jade sur le thème "accueillir les exilé-es. Pourquoi ? Comment ?". Il s'est tenu dans le calme, sans heurts.

Sept interpellations

À propos de la mobilisation de l'extrême droite, "six gardes à vue sont actuellement en cours pour port d'arme par destination et participation à un attroupement en vue d'une manifestation non déclarée", a affirmé à l'AFP une source à la préfecture. En fin de journée, celle-ci enregistrait sept interpellations.

La préfecture avait placé sous haute surveillance Saint-Brévin, aujourd'hui tristement célèbre pour l'incendie en mars 2023 de deux véhicules garés à proximité immédiate du domicile de son maire Yannick Morez, un acte volontaire lié à la mobilisation contre le déménagement d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA) dans la commune. L'élu, médecin, a depuis démissionné et ne pratique plus dans la ville.

Sous haute surveillance

Les gendarmes ont encadré l'accès au site du colloque toute la journée de samedi, contrôlant plus de 550 voitures à proximité, confie la préfecture. Elle a même fait usage de drones pour surveiller les alentours.

Un arrêté municipal interdisant les manifestations autour de la salle Étoile de jade, de la mairie et du lieu du futur CADA avait été émis par la Mairie la veille, vendredi 22 septembre. Situés près de la salle, la piscine et le cinéma avait été fermés la journée par sécurité, sur ordre de la préfecture. 

Ces manifestations d'extrême droite se sont succedées à Saint-Brévin-les-Pins depuis fin 2021, date de l'officialisation du transfert d'un CADA qui existait déjà dans la commune. L'année de son ouverture, en 2016, le centre avait été ciblé par des tirs de carabine. Après l'incendie des véhicules et la démission de son prédécesseur, la nouvelle maire Dorothée Pacaud est elle aussi victime de menaces.

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