À Saint-Colomban au sud de Nantes, des habitants ne veulent pas de l'extension des carrières de sable

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Deux carrières d'extraction de sable sont installées sur la commune de Saint-Colomban au sud de Nantes, elles alimentent le maraichage et le BTP. Les deux ont déposé des demandes d'extension, des habitants refusent de voir disparaitre la diversité du paysage bocager alentours.

"Nous sommes le pistolet sur la tempe de la part de Lafarge et de GSM", s'alarme Sylvain Jallot, le porte-parole de l'association La Tête dans le Sable. Avec d'autres collectifs ou associations il veut dénoncer les pratiques des industriels du sable dans la région, soit les entreprises du bâtiment et les travaux publics (BTP) et le maraîchage.

À Saint-Colomban, au sud de la Loire-Atlantique, l'extraction de sable a commencé il y une vingtaine d'années. Du sable dont on fait du béton, et de plus en plus souvent, dans lequel on fait pousser des légumes.

"Il y a d'autres solutions que l'utilisation du sable pour construire des habitations, ou pour cultiver des légumes que le maraichage industriel", relève Sylvain Jallot. "Par exemple le Gaec de la Ferme de Rublé sait le faire et alimente des AMAP nantaises".

Les carrières vues d'en haut, ont déjà mité le paysage bocager de miroirs d'eau. Ces surfaces d'eau tranquilles s'évaporent, les riverains estiment l'abaissement de la nappe phréatique à un mètre, provoquant l'assèchement des mares. Les puits ne se remplissent plus.

Préserver la ressource en eau

Les associations ont fait les comptes. "100 hectares de plan d'eau, c'est 1 million de m³ qui s'évaporent tous les ans, l'équivalent de la consommation de 30 000 personnes", précise Monsieur Jallot. Ce qui est considérable, évaporation à laquelle s'ajoute le pompage pour l'arrosage du maraîchage qui se développe alentours avec le sable extrait des trous d'eau.

De ce cercle peu vertueux, ces habitants de Saint-Colomban n'en veulent pas. "Il est capital de préserver cette ressource qui alimente pour partie le lac de Grand-Lieu". Et de préserver aussi la flore sauvage et les habitats naturels de la faune locale.

À la question de savoir si ces arguments bien réels et fondés ne se heurtent pas à l'intérêt général, Yannick Jallot répond : "Nous ne sommes que des habitants qui avons nos activités, nos préoccupations, nous ne sommes pas des spécialistes". Une population désarmée face aux discours rôdés des industriels, et aux services de l'État qui ne prennent pas suffisamment en compte l'avis de la population riveraine.

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