Changement climatique et justice sociale : le départ du tour Alternatiba

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Départ du tour de France Alternatiba ©France Télévisions Sophie Wahl, Frédéric Grunchec et Stéphane Hérel.

Ils viennent de s'élancer pour un tour de la France sur quelque 5000 kilomètres. De Nantes jusqu'à Marseille, la mini-caravane d'Alternatiba ira à la rencontre des initiatives en faveur de l'environnement et de la justice sociale à travers l'hexagone.

"Alternatiba œuvre pour une société écologiquement soutenable, socialement juste et démocratique, basée sur des valeurs de solidarité, de partage, d’entraide et de coopération, une culture de la non-violence, de tolérance, de bienveillance et de respect."

C'est ainsi que se définit Alternatiba, ce mouvement écocitoyen né en 2013 au Pays Basque et qui a essaimé depuis. Ses 10 ans ont été fêtés en octobre dernier à Bayonne.

Ce dimanche 2 juin 2024, le mouvement fêtait à Nantes le départ de son tour de la France destiné à mobiliser pour la lutte contre le dérèglement climatique et la justice sociale. Une opération qui avait déjà eu lieu en 2015 et 2018.

Un tour qui va se faire, comme il se doit, à vélo et dont le point d'arrivée sera Marseille, en faisant étape chaque jour sur une mobilisation organisée à l'occasion de son passage. Des groupes de sept cyclistes vont se relayer jusqu'à l'arrivée, sur des vélos à plusieurs places, symbolisant ainsi le travail d'équipe.

"Le climat conditionne tout"

Emma Tosini, porte-parole d'Alternatiba qui participe à ce relai, se présente comme une militante pour le climat depuis six ans, dit-elle. C'est lors de ses études en école de commerce qu'elle a pris conscience que les enjeux climatiques et sociaux n'avaient pas de place dans ce qu'on lui enseignait. Elle a donc choisi de bifurquer pour militer pour le climat.

"Il n'y a aucune autre combat que l'on peut gagner si on est en plein effondrement climatique, dit-elle. Le climat conditionne tout."

Cette jeune de 26 ans vit au Pays Basque où elle œuvre pour une association locale de défense de l'environnement et trouve intéressant d'aller voir, dans les autres régions, ce qui se fait. Elle participe à ce périple avec deux autres militants, sur un vélo à trois places. Une petite journée d'entrainement n'a pas été de trop pour maîtriser la bête. Mais cette performance en équipe n'est pas l'objectif final.

"Le but, détaille Emma, c'est de montrer que, face aux conséquences du dérèglement climatique qu'on ressent déjà, les solutions existent. C'est la mobilisation collective. Et là, on va traverser (la France), de mobilisation en mobilisation, jusqu'à Marseille les 4, 5 et 6 octobre, pour donner un nouvel élan de mobilisation citoyenne. Les problématiques sont diverses en fonction de là où l'on vit et les façons d'y faire face aussi. Il y a des chantiers participatifs, des actions de désobéissance civile, des actions de transformation comme la création d'une monnaie locale."

A chaque étape, des animations

Silène Parisse fait partie de l'organisation du tour Alternatiba qui va donc se dérouler sur quatre mois et qui ambitionne de porter un "message d'espoir", espère-t-elle. "Pour montrer que les alternatives existent". Pour Silène, les actions de résistance sont une chose, mais il faut mettre en valeur les solutions alternatives, d'où cette opération nationale.

"L'idée, explique-t-elle, c'est que ces vélos fassent un fil rouge entre toutes les mobilisations citoyennes. Partout où on va passer, on fait une étape et, tous les soirs, il y a une conférence, une prise de parole, une vélorution (événement contre les transports polluants) et une soirée festive pour se rencontrer et pour se motiver pour le climat et la justice sociale. On propose aussi des formations à la désobéissance civile non violente."

Changer le système et pas le climat

Silène est convaincue que chacun a son rôle à tenir dans ce combat "pour que les alternatives deviennent la norme. Pour changer le système et pas le climat" dit cette militante.

"Même les lois qui existent ne sont pas respectées, déplore Silène. Alors même qu'elles sont suffisantes. Donc, il faut que ce soit les citoyennes et les citoyens qui s'en saisissent et qui fassent les choses sans attendre que ce soit les politiques qui le fassent."

Pour l'aspect justice sociale, Alternatiba avait invité Cédric Herrou, cet agriculteur des Alpes-Maritimes qui s'était fait connaître pour avoir aidé en 2016 des migrants à passer la frontière franco-italienne "pour des raisons humanitaires" argumentait-il. On avait parlé à l'époque de "délit de solidarité". Au terme, d'une longue procédure, la Justice a fini par lui donner raison.

"Le citoyen a le pouvoir et même le devoir d'agir, confirme Cédric Herrou. Il faut écouter la jeunesse qui angoisse beaucoup sur le climat et la soutenir."

Les jeunes avancent, mais la politique recule

Cédric Herrou

Agriculteur militant, invité d'Alternatiba.

Pour lui, la notion de justice sociale et de solidarité n'est ni de droite ni de gauche, "ce sont des valeurs républicaines et humanistes, dit-il. Je ne suis pas venu semer des graines, mais aider des gens à semer leurs propres graines."

Selon lui, les questions liées à l'écologie sont fondamentalement populaires.

"Les premières cibles du réchauffement climatique, estime Cédric Herrou, ce sont les pays pauvres et les pauvres en France. Je me battrai toujours contre ceux qui veulent maltraiter la nature, l'écologie et les gens."

Le Tour Alternatiba fera étape ce lundi soir à Guémené-Penfao, puis à Arzon le 4 juin et ainsi de suite jusqu'à Marseille le 4 octobre.

Olivier Quentin avec Sophie Wahl.

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