DOSSIER. Gilets jaunes : témoignages d'Adrien et Alexandra, victimes de violences policières

Manifestation des Gilets jaunes à Nantes en décembre 2018 / © MAXPPP
Manifestation des Gilets jaunes à Nantes en décembre 2018 / © MAXPPP

L'annonce tourne en boucle sur les réseaux sociaux depuis le début de l'été. Ce samedi 14 septembre, les Gilets jaunes veulent se retrouver à Nantes pour une manifestation nationale. Adrien n'en sera pas, Alexandra si... tous deux ont été gravement blessés lors de précédentes manifestations.
 

Par Christophe Turgis

Adrien fut l'un des plus grièvement blessés, par un tir de flasball lors de la manifestation des Gilets jaunes du 29 décembre 2018. Crâne fracturé, mâchoire brisée, hémorragie cérébrale. Ce jour là, ça vie bascule. "Je suis devenu épileptique, je fais des crises, souvent, je ne mange pas, je maigris, cauchemards, tout le temps mal, souvenirs, tout le temps".

La famille d'Adrien était venue manifester avec les Gilets jaunes pour protester contre le coût de la vie. Depuis, elle manifeste aussi contre les violences policières. Son père veut continuer.
"Ce qu'ils lui ont fait, je pardonnerai pas, si je peux y aller le plus souvent possible, j'irais le plus souvent possible, quitte à m'en rendre une aussi, c'est le jeu. On n'y va pas pour ça, on y va pour exprimer notre colère, notre ras-le-bol !"
Ce 14 septembre, son père et sa belle mère iront manifester à Nantes. Pas Adrien !
"Je peux plus, j'ai peur, rien que de les voir, ça me fait fuir, la police, rien que les sirènes quand je les entends je suis sur mes gardes, mais les pompiers j'ai peur tout, même l'hôpital, les médecins"
Mobilisée depuis le premier jour, Alexandra Crouvizier a très vite été confrontée à la violence. Pour elle, ce fut un coup de matraque, sur le poignet.
"Ça a été le jour du gazage de la fête foraine, ça a été des scènes de guerre à Nantes. On est prêts à continuer jusqu'à ce qu'on soit entendus écoutés et que ça change. Qu'on voit une réelle baisse des taxes, donner 100 euros de prime d'activité au mois de décembre c'est pas suffisant. Je pense que c'est la dernière chance qu'on a. Si on lâche là, c'est la porte ouverte pour n'importe quel gouvernement."
Des ronds points pour réclamer plus de pouvoir d'achat, jusqu'aux manifestations pour défendre également les libertés publiques, les motivations ont évolué.
Combien de Gilets jaunes resteront mobilisés ce samedi ?
 

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