Grand ouest : vols de chaudières sur les chantiers, un phénomène d'ampleur

Des vols en pagaille sur les chantiers dans le grand ouest / © FREDERIC GIROU - MaxPPP
Des vols en pagaille sur les chantiers dans le grand ouest / © FREDERIC GIROU - MaxPPP

49 chaudières volées ce week-end dans un immeuble en construction à Bouguenais en Loire-Atlantique. C'est le dernier fait notoire d'un phénomène qui va croissant dans  le grand ouest depuis 3 ans. Les voleurs ont également embarqué des thermostats, des disjoncteurs et des tableaux électriques.

Par Thierry Bercault

A chaque fois c'est le même scénario. Les malfaiteurs s'introduisent la nuit par effraction dans des immeubles qui n'ont pas encore été livrés. Les chantiers sont la plupart du temps vides, isolés, rarement gardés et non habités. Il est donc facile de se saisir de tout ce qui est revendable.

Avant, c'était les cables en cuivre qui intéressaient ces professionnels de la cambriole. Mais les cours de ce métal se sont effondrés. Aujourd'hui, ce sont les chaudières, les tableaux électriques et les plaques de cuisine qui les intéressent, des objets neufs probablement recyclés sur d'autres chantiers à l'étranger ou hors secteur. 

Une dizaine de vols sur Nantes Métropole


Sur la métropole nantaise, c'est au mois de mai que le phénomène a fait son apparition. Au total, les gendarmes et les policiers ont recensé une dizaine de vols, à Saint Herblain, Couéron, Le Bignon, Saint-Jean-de-Boiseau. En moyenne, 20 à 25 chaudières disparaissent à chaque fois.

Des enquêtes sont en cours mais pour l'instant elles n'ont pas permis d'identifier les réseaux de trafiquants. Les enquêteurs de Loire-Atlantique font l'hypothèse qu'il s'agit de filières organisées, certainement des pays de l'est, à l'exemple des Moldaves pris la main dans le sac par les gendarmes à Rennes. 

Les filières de l'est


"Ils travaillent sur commande et sont en cheville avec des transporteurs routiers internationaux qui rentrent à vide vers la Pologne, le Slovaquie ou la Roumanie" explique l'un des enquêteurs de la métropole nantaise.

Pas facile d'enrayer ce phénomène. Les gendarmes de Loire-Atlantique recensent bien les chantiers en cours et font des rondes régulières pour prendre les cambrioleurs en flagrant délit. Mais il y a beaucoup d'endroits à surveiller et les moyens ne sont pas extensibles.

Dès juillet dernier, les gendarmes de Loire-Atlantique ont lancé un appel à la vigilance sur leur page Facebook. Ils recommandent aux artisans de clôturer leurs chantiers, de condamner les ouvertures, de ne laisser aucun outillage sur place ou bien de les stocker dans une zone bien verouillée, d'éviter d'approvisionner le chantier trop à l'avance, de ne jamais laisser les clés sur les machines et d'installer au plus tôt un système d'alarme.

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