Loire-Atlantique : Amazon fait le projet d'installation d'un entrepôt à Montbert au sud de Nantes

Amazon projette d'installer un entrepôt robotisé de 185 000 m² pouvant employer un millier de personnes à Montbert en Loire-Atlantique. Un permis de construire soumis à enquête publique a été déposé en avril dernier.

© extrait avis MRAe
Les services de l'État, la Mission régionale d’autorité environnementale des Pays de la Loire, ont publié le 28 septembre dernier un avis délibéré pour un projet de construction d’une plateforme logistique sur le parc d’activités de La Bayonne à Montbert en Loire-Atlantique.

Cette demande a été formulée par la société Ory4fulfillment SAS, filiale d’Amazon Europe Core S.a.r.l.

 

Un entrepôt robotisé à la place de l'hôpital

On peut lire dans ce document circonstancié de 15 pages que : "Sur une parcelle de 14,5 ha, un bâtiment logistique de quatre niveaux ainsi que des locaux administratifs et sociaux seront construits. Le volume hors tout du bâtiment principal et de ses excroissances mesure 318 m de long par 192 m de large et 23,5 m de haut. La surface de plancher à créer s’élève à près de 185 000 m². Le volume maximal de produits stockés est de 113 452 m³".
La parcelle en question étant celle de l'ancien hôpital psychiatrique de Montbert.

Le projet logistique serait dimensionné pour fonctionner 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, sur la base d’un fonctionnement en postes nécessitant la présence simultanée de 791 personnes pour l’exploitation de la plateforme robotisée. La partie administrative du site accueillerait environ 45 personnes.
 
Le projet d'implantation d'Amazon à Montbert serait construit à la place de l'ancien hôpital psychiatrique
Le projet d'implantation d'Amazon à Montbert serait construit à la place de l'ancien hôpital psychiatrique © extrait avis MRAe
 

Un fort impact routier

Le document publié par les services de l'État analyse les conséquences de cette implantation en termes de mobilité des personnes et du trafic routier induit. Près de 1000 emplois dans une région sans desserte de transports publics pour les personnes, et sans transports ferroviaires, au moment où le gouvernement veut un report du trafic des marchandises de la route vers le rail, ne manque pas d'interroger.

"La présentation de la méthode est insuffisamment précise pour garantir la fiabilité des résultats présentés, indique la publication du MRAe, en l’état, il ressort de l’étude que l’évolution la plus importante en valeur concernerait la RD 137 vers le nord : +3 200 véhicules légers par jour, soit +22 %, auxquels s’ajoutent +220 poids lourds par jour soit +17 %. L’évolution relative la plus importante serait observée à Aigrefeuille-sur-Maine : rue de l’industrie puis sur la RD 117 en direction de l’A 83, le trafic des poids lourds doublerait".
 

Beaucoup de questions sans réponses

Bruits, rejets, intégration paysagère, eau, émissions, transports, le MRAe émet plusieurs remarques en conclusion :

"L’étude d’impact permet globalement d’appréhender les enjeux inhérents au site et à l’activité projetée. Elle mériterait néanmoins d’être complétée sur deux points majeurs :

à propos de l’enjeu de la consommation de foncier et de l’artificialisation des sols, il manque une justification de l’usage économe de la ressource sols et la recherche de mesures complémentaires de réduction de l’artificialisation due au stationnement.

L'étude préliminaire est trop centrée sur le site des installations, et ne permet pas réellement une vision d’ensemble des incidences et des raisons des choix du projet logistique à l’échelle du site et dans la perspective de sa zone d’approvisionnement et de chalandise"
.

Le MRAe attend des compléments à propos de la prise en compte du trafic routier. "L’étude de trafic et l’analyse des incidences de son accroissement restent à fiabiliser notamment en tenant compte du trafic généré par le reste du parc d’activités de La Bayonne ; le porteur de projet logistique et les collectivités gestionnaires des voiries doivent aussi s’engager sur des mesures d’évitement ou de réduction des dysfonctionnements potentiels des carrefours".
 

Pas notre modèle de développement

Le président du Conseil Départemental de la Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet (PS), réagit très vivement à l'annonce de ce projet. "Amazon n’est pas notre modèle de développement" indique-t-il en préambule.

"La croissance de l’e-commerce développé par Amazon s’accompagne d’un modèle logistique mondialisé, peu vertueux pour l’environnement avec des marchandises qui parcourent des milliers de kilomètres à travers le globe avant d’arriver à destination. Quant aux emplois promis, les conditions de travail restent souvent précaires et peu enviables…"

Et de poursuivre en valorisant les action sdu Conseil Départemental : "le Département s’est associé à l’initiative "Ma ville mon shopping" lancée par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nantes/Saint-Nazaire destinée à favoriser la vente en ligne des commerces de proximité. Car, à l’échelle d’un territoire, l’artisanat crée plus d’emplois que les plateformes de la mondialisation".

Et de renvoyer les élus à leurs responsabilité sociétales, environnementales et d'aménagement du territoire.

 

Amazon répond à un besoin des consommateurs

Le président de la communauté de communes de Grand-Lieu, Johann Boblin, précise que le permis de construire a été déposé en avril dernier. "Nous travaillons depuis de nombreux mois sur ce projet, qui sera soumis à une enquête publique du fait de son classement en ICPE (Instalation classée pour la protection de l'environnement). L'instruction est en cours sans pouvoir donner de date pour l'obtention du permis de construire".

Les anciens bâtiments de l'hôpital ont globalement été détruits, le terrain est prêt pour accueillir une nouvelle activité. "On ne prend pas un hectare à l'agriculture, en construisant sur une friche hospitalière, pas d'artificialisation des sols, le promoteur du projet s'est engagé en matière de production solaire".

Sur la question de cette "usine" à la campagne et des transports de personnes ou de marchandises, Johann Boblin insiste sur le fait que "l'A 83 est très proche pour les poids lourds et on peut imaginer que l'entreprise organise le transport des salariés ou du covoiturage"

Quant à l'aspect "éthiqu"e du commerce mondialisé établit par Amazon, le président de la communauté de commune de Grand-Lieu et maire de La Chevrollière "ne juge pas, Amazon répond à un besoin des consommateurs, las des grands centre commerciaux, éloignés des centre villes pas toujours très sûrs. Montbert ou ailleurs, Amazon aurait implanté tôt ou tard un entrepôt dans l'ouest".


Le texte complet de l'avis de la MRAe est disponible en pdf en téléchargement : ici
 
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