A Nantes, un nouveau rassemblement pour un cessez-le-feu dans le Haut-Karabakh

Des associations arméniennes ont appelé à un rassemblement afin d'alerter l'opinion publique et le gouvernement sur la situation en Haut -Karabakh. Dans cette région montagneuse, peuplée d'Arméniens, auto-proclamée indépendante en 1991, les conflits avec l'Azerbaïdjan ont repris fin septembre.

La communauté arménienne de Nantes et ses alentours souhaite alerter l'opinion et les pouvoirs publics
La communauté arménienne de Nantes et ses alentours souhaite alerter l'opinion et les pouvoirs publics
"En ce moment, ce qui se joue, c’est la survie d’un peuple" alerte Sévane Torissian, du Collectif franco-arménien de Nantes. 

Depuis fin septembre, les combats opposant l’Azerbaïdjan et les séparatistes du Haut-Karabakh, n’ont toujours pas cessé, faisait de nombreuses victimes, notamment des civils arméniens.

Après Angers, et La Roche-sur-Yon, le collectif franco-arménien, ainsi que l’association culturelle arménienne de Nantes, a appelé à se rassembler ce samedi 24 octobre, à partir de 14h à Nantes, afin "d’alerter sur la menace qui pèse sur les Arméniens du Haut-Karabakh" Près de 200 personnes, selon les organisateurs, ont répondu présent et se sont retrouvées devant le monument des 50 otages. 

Un point de rendez-vous dont la symbolique résonne avec la situation actuelle estime Sévane Torissian, d'origine arménienne. "Ce monument symbolise évidemment la résistance contre l’oppression et l’agresseur".

Ils craignent un nettoyage ethnique

Ici, à Nantes, il y aurait à peu près 500 Arméniens et Franco-Arméniens. "Nous sommes évidemment très touchés, et nous avons besoin de nous exprimer" explique Sévane Torissian. 

"Il y a énormément d’Arméniens qui ont de la famille ou des amis là-bas et dont les enfants combattent sur le front". Elle ajoute, "la question n’est pas seulement personnelle, elle porte aussi sur la survie de la population sur les territoires arméniens."

Elle, comme les membres de son collectif, craint "les pires exactions en vue d’un nettoyage ethnique radical", "si l'Azerbaïdjan venait à conquérir le Haut-Karabagh".

C’est une question de survie culturelle, territoriale et de survie tout court.

Demande de reconnaissance

Les associations franco-arméniennes demandent au gouvernement et aux parlementaires français de "peser de tout leur poids pour imposer un cessez-le-feu immédiat, et pour assurer la protection du Haut-Karabakh par un statut internationalement reconnu."

"Nous sommes dans un moment crucial" répète Sévane Torissian qui estime que reconnaître la zone comme un Etat indépendant permettrait de la protéger, alors que les combats se poursuivent ce samedi 24 octobre, dans le Haut-Karabakh, au lendemain d'une médiation tentée par les Etats-Unis

Elle félicite l’initiative d’élus, comme la députée Valérie Boyer qui a déposé cette semaine un texte au Sénat à ce sujet. Le jeudi 15 octobre, une vingtaine de députés avait déjà demandé la reconnaissance sans délai par la France de la République du Haut-Karabakh.
 

Ces résolutions, elles doivent être votées, insiste la franco-arménienne à Nantes, c’est très important que la France puissent aider à trouver des solutions politiques à ce conflit qui dure depuis plus de 30 ans.

Sévane Torossian du Collectif franco-arménien de Nantes


Les Etats-Unis, la Russie et la France co-président le groupe de Minsk, chargé par l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) d'une médiation dans ce conflit.

France Info a publié un article pour mieux comprendre le conflit dans le Haut-Karabakh
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