Grève aux urgences : les syndicats appellent à un rassemblement devant l'ARS des Pays de la Loire

Les Urgences du CHU de Nantes quai Moncousu / © Vincent Raynal - France 3 Pays de la Loire
Les Urgences du CHU de Nantes quai Moncousu / © Vincent Raynal - France 3 Pays de la Loire

Jeudi, une nouvelle journée d'action des services d'urgences doit avoir lieu. Une centaine de services d'urgence sont en grève en France, dont ceux du CHU de Nantes et d'Angers, qui appellent à un rassemblement.

Par Fabienne Béranger

"Insuffisance d’effectifs, épuisement professionnel, difficulté de recrutement, rémunération insuffisante, prise en charge des patients trop souvent "borderline"... pour l'intersyndicale CGT, FO, Sud, Inter Urgences du CHU de Nantes, le constat est le même partout, "dans tous les Hôpitaux de France, dans tous les EHPAD et autres établissements médicosociaux".

"Les faits sont têtus et démontrent que c’est la grève (ou la menace de grève) qui permet d’avancer ou de gagner sur les revendications",
explique l'intersyndicale.

14 postes ont été créés en psychiatrie, "pas encore à la hauteur des besoins". Le service dermatologie a obtenu un "renfort permanent en personnel le week-end"

Aux urgences du CHU de Nantes, ce sont 10 postes qui ont été créés, un nombre cependant "insuffisant, d’autant plus que 5,5 n’arrivent qu’en avril 2020".

"C’est la mobilisation, par la grève, et pas par des journées d’action à répétition qui permettra aux Hospitaliers de gagner sur leurs revendications", explique l'intersyndicale du CHU de Nantes.

Rendez-vous est donc pris à 10 heures jeudi matin devant l'ARS, l'Agence régionale de la santé, située boulevard Doumergue à Nantes. Un mouvement interrégional auquel doit se joindre le service d'urgence de l'hôpital d'Angers.

 

Une enveloppe de 70 millions d'euros


Vendredi dernier, après trois mois de grève dans les services d'urgence, Agnès Buzyn, la ministre de la santé, a tenté d'apaiser la colère des urgentistes en promettant 70 millions d'euros de mesures immédiates, notamment
pour financer des primes, sans toutefois convaincre les professionnels réunis au ministère de la Santé.

55 millions seront consacrés à la généralisation et la revalorisation d'une prime de risque de "100 euros net mensuels", versée dès juillet "à tous les professionnels des services d'urgence (hors médecins)", d'après le ministère. 30.000 personnes seraient concernées.

Il s'agit de "prendre en compte" la "situation particulière" des personnels des urgences, parfois confrontés à "des patients violents" et à des "incivilités", a précisé Agnès Buzyn.
    
Une prime de coopération de 100 euros brut mensuels sera en outre mise en place pour les soignants à qui seront déléguées des tâches médicales.

A ces bonus s'ajoute une enveloppe de 15 millions d'euros censée permettre "aux services d'urgence en tension" de "renforcer leurs effectifs paramédicaux durant la période estivale et de maintenir ainsi un maximum de lits ouverts", selon un communiqué du ministère, qui prévoit une réunion sur le sujet ce mardi 18 juin.

Enfin le plafonnement des heures supplémentaires sera rehaussé, à 20 heures par mois.

Mais ces annonces ont laissé les professionnels mitigés. "15 millions sur 600 services d'urgences c'est une goutte d'eau dans un océan", a affirmé à l'AFP Patrick Bourdillon (CGT Santé), déplorant que la ministre se soit "refusée à un moratoire" sur les fermetures de lits, "première des revendications".




 

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