Notre-Dame-des-Landes : après la médiation, le débat sur l'évacuation de la ZAD

Un point de passage sur la RD 281 qui traverse la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (27 avril 2017) / © Evelyne Garcia France 3
Un point de passage sur la RD 281 qui traverse la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (27 avril 2017) / © Evelyne Garcia France 3

La question de l'évacuation de la Zone d'Aménagement Différée, renommée Zone à Défendre par les opposants au projet d'aéroport, occupe le débat avant la décision du gouvernement, attendue avant la fin janvier.    

Par Simon Auffret

Depuis le début du mois de décembre et la remise du rapport des médiateurs au gouvernement, le débat politique et médiatique sur Notre-Dame-des-Landes s'est en partie déplacé du projet d'aéroport en lui-même à celui sur le sort des 1 650 hectares de terres, aujourd'hui occupées de manière permanente par plusieurs centaines de personnes. L'avis des médiateurs semblant ouvrir la voie à un réaménagement de l'aéroport Nantes-Atlantique, opposants et partisans débattent d'une évacuation probable du site, et ceci peu importe la décision du gouvernement.

Face aux perspectives de violences sur le site, plusieurs médias et politiques s'inquiètent de la résistance des occupants sur place. Pour Atlantico, les zadistes recherchent un "martyr désespérement", quand Valeurs Actuelles décide dans un article de renommer la zone "Notre-Dame-du-Viêtnam".

Le JDD explique de son côté dévoiler les "photos secrètes" des "moyens de défense" mis en place dans la ZAD en cas d'intervention musclée des forces de l'ordre. Avant que l'aspect secret ou exclusif des images ne soient démenti, d'abord par une photographe souvent présente sur le site de Notre-Dame-des-Landes, puis par Libération et Le Monde. La direction du JDD a par la suite publié une rectification.

Dans ce débat, intense sur les réseaux sociaux, les opposants à Notre-Dame-des-Landes ont d'abord répondu par l'humour à ces propos, comme ce message publié par le groupe Nantes Révoltée sur Twitter remplaçant les munitions de "roquettes" des zadistes par de la salade du même type :


Plus sérieusement, des habitants de la ZAD ont souhaité démentir ces représentations de la vie sur le site dans un communiqué intitulé "Tapis dans le bocage : la vérité sur les armes secrètes des "zadistes"". "Pour préparer l'opinion à une éventuelle évacuation de la zad, il faut, de nouveau, créer l'image la plus étrangère et la plus anxiogène possible des personnes que l'on s'apprête à réprimer. Il s'agit d'opérer, dans les représentations, le glissement de la catégorie de "militant.e.s" vers celle de "terroristes"", explique notamment le texte.

"Cela n'est pas la première fois qu'on a affaire à ce type d'attaque médiatique, celle ci est particulièrement gratinée", explique Thomas, l'un des habitants de la ZAD invité dans une émission sur le thème diffusée sur Médiapart - extrait à partir de 5 min 20. "C'est du grand n'importe quoi", dément l'opposant quant aux représentations relayées sur la zone avant de décrire "des gens qui essayent de résister, effectivement physiquement, face à un projet qui est destructeur, mais qui essayent aussi de construire aussi d'autres possibilités de vie, de productions, d'échanges solidaires..."

"La ZAD est une zone qui s'est beaucoup protégée des regards extérieurs et des regards médiatiques", répond de son côté la journaliste de Mediapart Jade Lindgaard, pour expliquer en partie les a priori sur les activités en cours sur la ZAD.

C'est aujourd'hui Vinci qui est, par délégation, gestionnaire d'une grande partie des terrains prévus pour accueillir l'aéroport. Si le projet est abandonné, l'État en redeviendrait pleinement propriétaire. Plusieurs associations d'opposition au projet ont appelé à une mobilisation sur le site le 10 février prochain, pour débattre sur les suites à donner à la vie sur la ZAD.

 

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