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À Saint-Herblain, les migrants toujours de plus en plus nombreux autour du gymnase Jeanne Bernard

Plus de 200 migrants vivent aux abords du Gymnase Jeanne Bertrand à Saint-Herblain. / © France Télévisions-David Jouillat
Plus de 200 migrants vivent aux abords du Gymnase Jeanne Bertrand à Saint-Herblain. / © France Télévisions-David Jouillat

Ils vivent là, dans des tentes...chaque jour de plus en plus nombreux. Plus de 200 migrants entassés autour du gymnase, survivent dans des conditions indignes. Le diocèse tire la sonnette d'alarme. Une situation intenable, même pour les rivearins les plus bienveillants.

Par Céline Dupeyrat

La situation est devenue alarmante aux abords du gymanase Jeanne bernard à Saint-Herblain près de Nantes. Le diocèse propriétaire du site lance aujourd'hui un appel aux pouvoirs publics. 
Aucune solution n'est, à ce jour, proposée par l'État pour l'hébergement des migrants du Gymnase Jeanne Bernard. / © France Télévisions-Vincent Raynal
Aucune solution n'est, à ce jour, proposée par l'État pour l'hébergement des migrants du Gymnase Jeanne Bernard. / © France Télévisions-Vincent Raynal

Depuis la fin du mois d'octobre plus de 200 personnes vivent là, dans des conditions indignes. Risques d'électrocution, de chute de matériaux. Le bâtiment est totalement insalubre.
Parce qu'il n'y plus de place à l'intérieur du gymnase, les migrants ont planté des tentes à l'extérieur du bâtiment. / © France Télévisions-David Jouillat
Parce qu'il n'y plus de place à l'intérieur du gymnase, les migrants ont planté des tentes à l'extérieur du bâtiment. / © France Télévisions-David Jouillat


"Dans l'espace interne, il n'y a plus un centimètre carré pour mettre une tente. Maintenant les gens s'installent à l'extérieur, dans les jardins qui sont autour du gymnase. Les nuisances commencent à être insupportables pour ceux qui ont une famille dont les fenêtres donnent sur ce squat, avec des bruits toute la nuit. On imagine bien ce que ça peut représenter d'avoir des enfants en bas âge soumis à des insomnies", déplore Xavier Brunier, représentant du diocèse de Nantes.

Finalement la misère quand elle est cachée rend service à beaucoupo de monde. C'est très dommageable parce que c'est toujours la même misère-Xavier Brunier

Amidou est arrivé en France, il y a 10 ans en 2009. Il ne connait que l'errance. Paris d'abord, où il a survécu en vendant à la sauvette. Il est Nantes depuis 3 ans. Aujourd'hui il squatte là au milieu des femmes et des enfants . "Les conditions sont très difficiles. Il n'y a pas de sanitaires, c'est vraiment dégueu! Tout le monde fait ses besoins au même endroit. On essaie de tenir parce qu'on a pas le choix. pas d'autres endroits où aller. Il faut qu'on reste là jusqu'à ce que la préfecture nous loge".

Tous les soir nous mangeons grâce aux bénévoles de "l'autre cantine" qui nous aide. Ils font le maximum mais on est nombreux. parfois il y a des bagarres-Amidou, migrant mauritanien

Entre bienveillance et ras le bol...

© France Télévisions-David Jouillat
© France Télévisions-David Jouillat
 

Une voisine du gymnase, qui habite là depuis plus de 40 ans, oscille entre compassion et ras le bol. "C'est quand même des nuisances...mais nous n'en voulons absolument pas à ces pauvres migrants. Moi j'en veux aux gens du collectif qui s'occupent d'eux. Ce sont eux qui sont venus forcer les portes. C'était cadenacé. Les migrants ne sont pas venus tout seuls".

" Il y a des gens qui vont partir en vacances. Nous sommes inquiets, parce qu'il sont déjà venus squatter dans les jardins. c'est déjà arrivé. Y a quand même des violations de domicile", ajoute-t-elle.

Quand ils jouent au ballon jusqu'à 23 heures, ça dérange quand même les gens. Ça fait du bruit, ça cogne. Ça serait d'autres jeunes ce serait peut-être pareil-une riveraine du gymnase

"On a des situations humaines difficiles des deux côtés. certains n'ont rien, d'autres un un logement mais en fait personne ne vit bien. C'est très préoccupant", commente Bertrand Affilé, maire de Saint-Herblain.
"Ils ont un sentiment d'abandon des pouvoirs publics et en premier lieu de l'État. Je partage ce sentiment", ajoute le maire.

La ville va procéder à un certain nombre d'aménagements. Installer plus de WC chimiques, cloisonner les doucher pour permettre plus d'intimité, créer des robinets extérieurs. On agit modestement. C'est la ville qui prend en charge à la place de l'État. On ne peut laisser les gens dans cette situation insoutenable. On a le devoir moral de le faire-Bertrand affilé


Le diocèse interpelle l'État depuis le 12 octobre dernier et réclame l'évacuation du site tout en exigeant qu'une autre solution d'hébergement soit trouvée. Mais pour l'instant, rien ne bouge.

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