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Notre-Dame-des-Landes : le département récupère 895 hectares de terres agricoles

Dans le boccage NDDL/France3 / © Eléonore Duplay France3
Dans le boccage NDDL/France3 / © Eléonore Duplay France3

Le conseil départemental de Loire-Atlantique a voté le rachat  de 895 hectares au prix d'1,8 million d'euros auprès de l'Etat. Ces terres étaient bloquées pour la construction de l'aéroport du Grand-Ouest. Suite à l'abandon du projet le 17 janvier 2018, elles vont retrouver leur vocation agricole.  

Par Denis Leroy

61 voix pour, 1 abstention, les conseillers départementaux de Loire-Atlantique ont acté ce lundi le rachat des 895 hectares de terres agricoles retrocédées par l'État suite à l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce vote s'est déroulé en fin de session dans le plus grand calme, tranchant avec les luttes qui depuis 1974 ont secoué le bocage nantais et divisé au-delà même des frontières du département.

Pour le rapporteur vice-président du Conseil départemental Bernard Lebeau (PS), cette décision marque "la fin d'une longue et douloureuse histoire marquée par les conflits  et le début de la renaissance d'un territoire qui a toujours été agricole". Philippe Grosvalet (PS) , le président de l'assemblée qui avait contesté jusqu'au bout l'abandon du projet d'aéroport, estime que cette acquisition permet "une sortie par le haut" dans ce dossier sensible, saluant au passage le travail du Préfet et des services de l'État pour trouver une solution équitable au devenir des terres.

Au passage, notons que le département avait vendu à l'Etat en 2012 ces terres pour 5 millions d'euros en prévision de la construction de l'aéroport. Si la nouvelle transaction conclue est chiffrée à 1,8 million d'euros, la collectivité obtient 950 000 euros de remboursement au titre des frais de remise en état des fameuses routes départementales qui avaient été détériorées par les occupants .


Le département et l'État ont signé la paix



La préfecture et la collectivité locale étaient enfin tombées d'accord le 18 décembre dernier en signant un protocole d'accord sur la rétrocession.
Ce territoire était depuis de longues années un symbole des luttes sur le devenir foncier de ces campagnes situées à une trentaine de kilomètres au nord de la métropole nantaise. Un petit coin représentant 895 hectares, soit 0,27 % des surfaces cultivables de la Loire-Atlantique !

Propriétaire publique des terres et bâtis, la collectivité entend poursuivre la distribution des terres sous forme de baux avec les anciens comme les nouveaux exploitants. Il s'agit de contenter à la fois les (39) agriculteurs qui louaient les terres depuis des années ainsi que les (13) zadistes porteurs de projets agricoles ayant accepté pour l'heure de régulariser leur situation en signant des conventions d'occupation précaire (COP). Les premiers baux d'une durée de 9 ans devraient être signés fin avril.

Si les tensions sont largement retombées depuis les expulsions de la Zad au printemps 2018, la plupart des acteurs politiques, agricoles et associatifs reconnait que sur la question de la redistribution, il y a et il y aura encore des conflits à arbitrer.

 

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