Présidentielle : les personnes en situation de handicap veulent être considérées "comme des citoyens à part entière" et que leurs voix "comptent", ils se mobilisent à Nantes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sandrine Gadet .

À la veille de l'élection présidentielle, les personnes handicapées souhaitent faire entendre leurs voix et surtout faire valoir leurs droits. Ce mercredi 9 mars, partout en France, les adhérents de l'APF France Handicap seront dans la rue pour montrer qu'ils sont des citoyens à part entière.

Élections après élections, certains attendent que les promesses formulées pendant les campagnes soient enfin tenues. C'est le cas des 11 millions de Français en situation de handicap et de leurs proches, soit 23 millions de citoyens qui s'estiment trop souvent laissés pour compte.

Ils militent inlassablement pour obtenir des "réponses concrètes, solidaires et inclusives" à leurs problématiques. 

En Loire-Atlantique, la délégation départementale a décidé de diffuser différents témoignages qui pointent les lacunes de la politique française en matière de handicap.

" Aujourd’hui en France, une personne en situation de handicap n’est pas citoyenne à part entière. Nos droits sont bafoués. On parle sans cesse d’inclusion, et pourtant, on est trop souvent en arrière-plan" explique Jean-Pierre Chambon, représentant départemental d'APF France Handicap en Loire-Atlantique et handicapé de naissance.

Sous le seuil de pauvreté

À l'heure ou la baisse du pouvoir d'achat inquiète les Français et est un sujet de préoccupation majeur en cette période électorale, les personnes en situation de handicap évoquent elles aussi leur difficultés financières.

Leur quotidien est affecté par des revenus souvent très bas, insuffisants pour pouvoir mener un train de vie normal.

Je touche depuis l’âge de 20 ans l’allocation aux adultes handicapés (AAH), qui est sous le seuil de pauvreté. J’ai la chance d’avoir deux enfants, mais à qui je n’ai jamais pu offrir de loisirs

Jean-Pierre Chambon, APF France Handicap

 

Sans compter les investissements colossaux qu'impliquent les accessoires, les équipements dont les personnes handicapées ont besoin notamment pour se déplacer.

Ils devraient être compensés par une allocation spécifique, mais c'est rarement le cas. Payer de sa poche pour devoir compenser son handicap est vécu comme une double peine.

Un sentiment partagé par Jean-Pierre, habitant de Saint-julien de Concelles, qui témoigne lui aussi : "Je suis en colère car la compensation intégrale et personnalisée n’est pas appliquée. J’ai dû dépenser 24 000 € pour l’aménagement de mon véhicule. J’en ai été couvert qu’à hauteur de 12 000 €. Mes prothèses auditives ont été prises en charge à moitié sur un budget de 4 000 €. Mon fauteuil roulant, c’est pareil, c’est 1 000 € qui restent à ma charge alors que j’ai besoin d’un fauteuil actif". 

Je trouve que cette compensation est vraiment en-dessous de tout, la solidarité nationale est vraiment en-dessous de tout à ce sujet.

Jean-Pierre, à Saint-Julien-de-Concelles

Mobilisation et manifestations partout en France

Parce qu'ils considèrent que le sujet du handicap est trop peu présent dans le débat politique ce mercredi 9 mars, partout en France, des dizaines de milliers de personnes en situation de handicap et leurs proches manifesteront.

La Délégation de Loire-Atlantique se mobilise à Nantes avec une action sur les ponts du périphérique où de grandes banderoles seront déployées comprenant des messages comme :   

" Inadmissible: les femmes en situation de handicap n'ont pas accès aux mammographies !"

" Handicap: Amour ou Allocation, je dois choisir ! "

"Enfant sans accompagnement scolaire = privé d'école !" 

ou encore  "Fauteuil : 7300 € Aides : 2300€  Reste à charge : 5000 €. Ça Suffit !" 

À 14h30, un rassemblement est prévu devant la préfecture de Nantes. 

Le vendredi 11 mars, deux rassemblements sont prévus, à Clisson et à Saint-Nazaire.  

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité