Guerre en Ukraine : "cette fraternité est notre dignité collective", Emmanuel Macron a rencontré des familles de réfugiés dans un centre d'accueil du Maine-et-Loire

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Ce mardi 15 mars, le président Macron s'est rendu dans un centre accueillant des réfugiés ukrainiens à La Pommeraye, commune de Mauges-sur-Loire, dans le Maine-et-Loire.

15 000 personnes "déplacées" sont arrivées d'Ukraine en France, selon Marlène Schiappa. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté accompagnait ce mardi midi Emmanuel Macron, en visite dans le Maine-et-Loire. 

Le chef de l’Etat est venu visiter un centre d'accueil de réfugiés ukrainiens et est arrivé vers 13h avec, également à ses cotés, le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin, le maire d'Angers Christophe Béchu et la présidente du conseil départemental du Maine-et-Loire Florence Dabin.

"Ce déplacement intervient alors que la France contribue à l’effort de solidarité européen pour accueillir les réfugiés fuyant la guerre en Ukraine", précise l'Elysée, dans un communiqué.

Après avoir remercié les associations de France, Emmanuel Macron, à l'issue de sa rencontre avec les réfugiés a appelé que "notre devoir (envers les réfugiés) est de pouvoir les accueillir, les protéger dans les meilleurs conditions possibles, c'est un travail qui se fait avec nos élus sur tout le territoire avec souvent la solidarité très concrète des Françaises  et des Français"

La France est "en situation d'accueillir au moins 100 000 Ukrainiens", et s'est notamment engagé auprès de la Moldavie à accueillir une partie des réfugiés qui s'y trouvent, rappelle Emmanuel Macron. 

Le président a souligné que la France devait apporter aux réfugiés l'accès à "la santé, l'éducation", et, "par l'apprentissage de la langue, de donner uns stabilité, une place, une dignité le plus vite possible".

Cette fraternité est notre dignité collective

Emmanuel Macron

"Ne pas entrer en guerre"

"Le choix que nous avons fait, et je l'assume, nous Français, nous Européens, est de ne pas entrer en guerre avec la Russie, or décider d'une zone de neutralité aérienne en Ukraine, c'est entrer en guerre avec la Russie car c'est décidé de combattre l'aviation russe là-bas", a justifié le chef de l'Etat.

"Notre action (repose) sur les sanctions les plus massives possibles pour permettre d'étouffer l'effort de guerre et de stopper cette offensive, a-t-il poursuivi, le soutien à l'Ukraine, humanitaire, l'équipement militaire, et le soutien à la population (...) est l'initiative diplomatique pour, à la fois, isoler et convaincre de reprendre les discussions".

"Je continue de croire qu'il y a une utilité à ce travail",
à poursuivre les discussions avec Poutine, notamment pour "préparer, dès que l'opportunité sera là, que la pression sera suffisante, la reprise d'une sortie négociée de cette guerre".

Concernant l'enquête de Disclose, faisant état de livraison d'équipements militaires par la France à la Russie ces dernières années, le président a estimé qu'il ne s'agit que "fin de contrat", rappelant que la France a respecté l'interdiction de conclure de nouveaux contrats décidée par l'UE en 2014.

Emmanuel Macron a expliqué avoir des échanges quotidiens avec le président Ukrianien Volodymyr Zelensky.

S'il  n'exclut pas de se rendre à Kiev ou à Moscou, il ne le prévoit pas pour l'instant. "Je le ferai quand je considèrerai qu'il peut y avoir un résultat utile et tangible (...) de nature à changer la donne".

Concernant notre approvisionnement énergétique, le chef de l'Etat a expliqué que l'Etat regardait actuellement "les voies de substitution pour trouver d'autres acheteurs à court terme".

Nous ne savons pas comment le conflit va continuer d'évoluer

Emmanuel Macron

"Il est clair que si voulons être dissuasifs, nous ne devons exclure aucune forme de sanction", a poursuivi le président.

"L'asile constitutionnel, la protection des femmes et des hommes qui fuient la guerre, des combattants de la liberté, est inconditionnel. Mais nous savons qu'il y a toujours, à côté de ça, des réseaux de migration clandestine", contre lesquels "nous devons continuer d'être rigoureux".

 

63 réfugiés ukrainiens au centre de la Pommeraye

Le centre de la Pommeraye où se rend Emmanuel Macron accueille depuis vendredi soir 63 réfugiés venus d'Ukraine, 16 familles dont 19 enfants de 1 à 3 ans, logées dans des appartements.

L'enjeu pour ces familles est désormais d'obtenir la protection temporaire, "un dispositif exceptionnel autorisé par la décision du Conseil de l'Union européenne du 4 mars 2022", précise le ministère de l'Intérieur, qui leur permettrait notamment d'obtenir une allocation pour demandeur d'asile (Ada).

Les réfugiés sont "très surpris qu'il y ait cette reconnaissance, cet accueil et que le Président se déplace pour les voir", explique Conception Mousseau-Fernandez, directrice régionale France-Horizon Pays de la Loire qui gère le centre.

Lors de son discours du 25 février dernier, le président de la République a affirmé que "la France, comme tous les autres pays européens, prendra sa part pour assister la population ukrainienne, mais aussi pour accueillir des réfugiés venus de ce pays".

Le centre d'accueil de la Pommeraye a été ouvert en 2019 par les équipes de France-Horizon.

"Le Centre de Préparation Au Retour volontaire (CPAR) permet l'hébergement temporaire et l'accompagnement social de personnes déboutées de leur demande d'asile et adhérant volontairement au programme d'aide au retour - déployé par l'OFII - dans leur pays d'origine", peut-on lire sur le site de France-Horizon.

Un statut européen de protection temporaire

Les 15 0000 personnes arrivées d'Ukraine en France depuis l'invasion de leur pays par la Russie sont essentiellement des femmes et des enfants, a indiqué mardi sur Europe 1, Marlène Schiappa.

Ces personnes sont des "déplacés" et non des "réfugiés", a affirmé la ministre déléguée, soulignant qu'il fallait plusieurs mois pour obtenir le statut de réfugié.

"Nous avons créé sous l'impulsion de la France un statut européen de protection temporaire qui se met en place immédiatement. (...) C'est la première fois que cela se met en place. Cela leur permettra de retourner en Ukraine pour celles et ceux qui veulent retourner en Ukraine", a-t-elle expliqué.

Marlène Schiappa a récusé que la mobilisation des pouvoirs publics ait un lien avec le fait que cette immigration soit "européenne, blanche et chrétienne", selon les mots de la journaliste qui l'interviewait.

Pour l'Afghanistan, nous nous sommes mobilisés de la même manière

Marlène Schiappa



Lundi, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin  affirmé que la France est en capacité d'accueillir jusqu'à 100 000 réfugiés.

Selon un décompte publié lundi par l'ONU, plus de 2,8 millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion du pays par la Russie.

Le conflit a également fait 2 millions de déplacés à l'intérieur du pays.