L'École Supérieure des Agricultures d'Angers aide ses étudiants à créer des entreprises respectueuses de l'environnement

Installée depuis plus de 120 ans à Angers, l'ESA forme chaque année 3 200 étudiants. Son cursus de formation a évolué en parallèle des enjeux de société. Elle accompagne aussi des étudiants dans leur projet de création d'entreprise à impact social et environnemental positif.

Noéline Rasoamandrary, ingénieure agro-alimentaire, formée à l'ESA d'Angers, a créé son entreprise Vanilla-Bridge, il y a cinq ans. Elle importe de la vanille de Madagascar et suit précisément la traçabilité des produits. Elle connaît personnellement tous les producteurs chez qui elle s'approvisionne et est très sensible au respect de l'environnement.  

"J'ai choisi ces producteurs et cette zone géographique parce qu’ils sont très attachés à la façon de produire, une méthode ancestrale. La période de récolte est bien respectée, ensuite l’échaudage est très artisanal, un séchage exclusivement au soleil", explique la jeune chef d'entreprise.

Comme il est impossible de faire venir ces gousses autrement qu'en avion, Noéline limite les livraisons, jamais plus de trois par an.

"Je demande chaque année aux clients, surtout les gros clients, l’approvisionnement dont ils ont besoin pour 12 mois et j’optimise l’importation".

Grâce à ces préoccupations environnementales, Noéline a remporté plusieurs prix, notamment celui de l'entreprise innovante de l'École Supérieure des Agricultures d'Angers, en 2021.

Charlotte Blin et Lucie Lajoux sont, elles aussi, issue de l'ESA. Diplômées il y a deux ans, elles ont bénéficié d'un accompagnement pour créer une entreprise engagée, baptisée "Madame Beans".

Mousse au chocolat, lasagnes, cakes, les deux ingénieures utilisent les légumineuses pour proposer aux professionnels de la restauration collective une alternative locale et végétale.

Et le résultat est bluffant. "Les légumineuses donnent cette texture et cette apparence de la viande qui permet aux consommateurs de se projeter dans un univers de substitut aux protéines animales", relate Charlotte. 

L'eau de cuisson des légumineuses est aussi préservée pour en faire un substitut fonctionnel à l’œuf. "On le monte ensuite en neige", explique Lucie Lajoux. 

L'ESA accompagne les étudiants dans leur création d'entreprise

L'ESA a décidé de faire un pas de plus en 2007 pour soutenir ces idées innovantes. L'école crée alors un pôle entrepreneurial et lance il y a 13 ans un concours pour financer des start-up à impact environnemental. 

"C’est très facile pour eux de venir voir leur prof, plutôt que d’aller directement voir les banques. On essaie de les accompagner pour faire le dossier", détaille Driss Elothmani, responsable de l’entrepreneuriat étudiant à l’ESA. 

Depuis quelques années, les préoccupations environnementales sont devenues centrales dans les enseignements de cette école.

"On ne peut pas faire l’impasse sur les questions environnementales. C’est une question de société qui existe depuis des siècles et des siècles", confirme Guillaume Pain, enseignant-chercheur en écologie du paysage à l'ESA. 

"En fonction de leur système de valeurs, c’est à eux de choisir la voie qu’ils vont préférer. On les arme et on les outille, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas", ajoute Guillaume Piva, enseignant-chercheur en agronomie et écologie.

Fresque du climat, gestion des ressources naturelles, enjeux agronomiques. Aujourd'hui, tous les étudiants qui sortent de l'ESA doivent valider des unités d'enseignements autour de l'environnement. Des graines semées pour qu'ils deviennent peut-être des acteurs du changement.

Reportage d'Amélie Lepage, Eric Aubron, Raphaël Fischer et Nathalie Saliou-Tendron

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