Témoignage. "Mon fils n'était plus le même", soupçonné de viol et d'agressions sexuelles, un ancien encadrant d'un club de foot en détention provisoire

L'affaire éclate après deux mois d'enquête. Un homme de 45 ans, ancien encadrant d'un club de foot du Maine-et-Loire a été placé en détention provisoire pour agressions sexuelles et viols sur trois mineurs. Les familles des victimes présumées sont sous le choc.

C'est un village tranquille à 25 km au nord d'Angers ; Champigné désormais intégré à la commune nouvelle Les hauts d'Anjou. Les 2200 habitants qui vivent ici ne s'attendaient sans doute pas à une telle affaire. Les faits se sont déroulés entre 2006 et 2024. Et ils sont graves. Les chefs d'inculpation portent sur des agressions sexuelles et des viols sur mineur.

"Mon fils n'était plus le même"

C'est une maman traumatisée qui témoigne aujourd'hui. Si elle prend la parole, c'est pour briser le silence et "protéger tous les enfants". La voix tremblante, elle évoque le calvaire vécu par son fils mineur au moment des faits.

"Aujourd'hui, je me sens très mal", avoue cette femme dont nous tairons le nom pour préserver son anonymat. Au fond d'elle, "une déchirure". 

Elle décrit son fils comme un adolescent "furieux, en colère". "C'est arrivé d'un coup. Ces derniers mois, il a beaucoup changé".

Il s'est enfermé sur lui-même. Ce n'était plus du tout le même. Il est devenu agressif

Mère d'une victime présumée

La mère du jeune garçon va vite comprendre ce changement brutal de comportement lorsqu'il lui dévoile les messages envoyés par téléphone. "C'était cru, vulgaire, je n'ai pas pu tout lire, trop cruel, trop dégoûtant", avoue la maman.

Trois familles ont déposé plainte

Plusieurs familles prennent connaissance des faits sordides et alertent la gendarmerie. Les enquêteurs travaillent pendant deux mois. "C'était dur de se taire, parce que pendant ce temps-là, on savait que des enfants continuaient à fréquenter le club de foot. Mais il ne fallait rien dire".

Trois familles ont porté plainte. "Je pense que nous ne sommes pas les seuls", confie cette mère.

L'auteur présumé ? Selon cette maman, "un homme gentil, qui parlait bien, qui buvait, mais jamais, on n'aurait pu penser qu'il était capable de ça".

C'était un encadrant en qui les parents avaient confiance

Maman d'une victime présumée

"Aujourd'hui, j'envisage mal la suite, je suis écœurée, dégoûtée, j'ai encore du mal à y croire. Je veux qu'il soit puni", conclut la maman.

Jacques comme d'autres ont appris la terrible nouvelle vendredi 5 juillet. Il connaissait bien l'homme, comme lui, il était bénévole au club de foot. 

"J'habite à côté de chez lui. À 5 h 45 du matin, un coup de feu a été tiré, ça a résonné partout dans le quartier.  Les gendarmes sont arrivés un peu plus tard dans la matinée. Comme les forces de l'ordre étaient là, je ne me suis pas inquiété", raconte-t-il.

Sur le moment, Jacques ne comprend pas ce qui se passe, c'est son fils qui le soir lui apprend "le placement en garde à vue du voisin pour pédocriminalité."

Je me suis dit non, ce n'est pas possible, c'est une erreur. Mais il y a les preuves, les messages, les vidéos, les agressions sexuelles, les viols, là je comprends que c'est la réalité

Jacques

Connaissance de l'agresseur présumé

Tout de suite, Jacques interroge son fils. "Il dormait chez lui de temps en temps. Je lui ai posé la question. Est-ce qu'il t'a touché ? Il m'a répondu non, je te l'aurais dit."

En revanche, le fils de Jacques a bien reçu des messages du genre "je suis sûr que tu en as une grosse", et des photos de l'agresseur présumé en caleçon. "Il lui proposait de faire des tours en camion, c'est un routier. C'est comme ça qu'il a procédé avec certains autres jeunes", explique Jacques.

L'homme est un bon vivant, un rigolo, "alors les enfants ne se sont pas méfiés", ajoute Jacques.

C'était un homme au-dessus de tout soupçon, on lui aurait donné le bon dieu sans confession. Il voulait toucher mon fils !, s'angoisse Jacques.

Il a pensé, il a voulu violer mon fils, je ne lui pardonnerai jamais ce qu'il a fait à ces enfants !

Jacques

Une connaissance de l'agresseur présumé

"Je l'ai côtoyé au foot, j'ai passé de bons moments avec lui, la trahison n'en est que plus violente" s'étrangle Jacques. "On en apprend un peu plus chaque jour, maintenant plus rien ne me surprend", ajoute-t-il.

Il avait le métier pour, il était sur les routes tout le temps. Je ne sais pas si d'autres jeunes vont parler

Jacques

Connaissance de l'agresseur présumé

Dans le contexte du club en revanche, le prédateur ne laisse rien paraître. "Moi, j'étais avec les jeunes dans le vestiaire, lui jamais. Jamais je n'ai vu un geste déplacé, jamais, je n'ai constaté qu'il était tordu", poursuit Jacques.

Régulièrement des jeunes de 12, 13 ans, 14 ans allaient chez lui. Il était toujours entouré d'enfants, ça ne m'a jamais alerté

Jacques

Connaissance de l'agresseur présumé

"On pensait qu'il était gentil, mais il devait avoir une emprise sur eux. Avec certains ça a marché, pas avec d'autres", se désole jacques.

S'il n'a jamais dérapé sur le terrain, l'individu s'est habilement procuré tous les profils Snapchat des adolescents pour mieux les attirer chez lui ou dans la cabine de son poids-lourd. "Sur les réseaux, il racontait sa vie comme un gamin", confirme-t-il.

L'homme a œuvré au club de foot de Champigné pendant cinq ans, de 2016 à 2021. "Il a été éjecté parce qu'il tapait dans la caisse", précise Jacques.

Incarcéré pour agressions sexuelles et viols

Le procureur de la république d'Angers a confirmé la mise en examen et le placement en détention provisoire pour viol et agressions sexuelles sur mineur.

Eric Bouillard précise que "le mis en cause est un homme de 45 ans".

Trois jeunes garçons l'accusent pour des faits qualifiés de "corruption de mineur de quinze ans, agression sexuelle sur mineure de quinze ans et viols sur mineur. Un seul enfant est concerné par les faits qualifiés de viol. Il est aussi victime de faits d’agressions sexuelles imputés à la compagne du principal mis en cause", ajoute le procureur de la république.

Une information judiciaire a été ouverte le 6 juillet. L’homme a été mis en examen et placé en détention provisoire tandis que sa concubine, mise en examen, a été placée sous contrôle judiciaire.

Avec Laura Striano et Éric Aubron

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