TEMOIGNAGES. Harcèlement scolaire, "je te croise dans Laval, t'es morte"

Un enfant sur 10 est victime en France de harcèlement scolaire, un fléau dont les signes sont parfois difficiles à déceler. A Laval, un père de famille, ancienne victime a créé sa propre association. Son but : intervenir dans les établissements scolaires et conseiller les parents, souvent démunis.

Pendant quatre ans, Prescillia a été victime de harcèlement scolaire dans son collège. Moqueries, insultes, coups. De la 6e à la 3e, la vie de cette adolescente est devenue un cauchemar, sans répit.

"Moi je rentrais chez moi le soir, le harcèlement continuait, témoigne la jeune fille, ça ne s'arrêtait pas à 16h30 quand le collège finissait, c'est à dire que je rentrais chez moi et je recevais des menaces, des insultes".

Je me rappellerai de ce Noël où j'avais un long texte d'une certaine personne qui m'avait clairement dit : "De toutes façons, je te croise dans Laval, t'es morte"

Prescillia Chauvelier
Étudiante en Licence d'Économie Sociale et Familiale
Vice-présidente de l'association "Joue pas avec ma vie"

"En fait, j'étais terrifiée après, à aller me balader simplement, à aller faire les magasins.C'était une épreuve. J'ai recommencé à respirer à nouveau vraiment quand j'ai déménagé".

"Joue pas avec ma vie"

Comment prévenir et lutter contre ce phénomène majeur alors qu'il n'existe aujourd'hui que très peu de dispositifs mis en place par l'Education nationale ? Un constat qui a poussé un père de famille, lui-même victime de harcèlement scolaire, à créer sa propre association. 

"Joue pas avec ma vie", lancée en 2013 à Laval, est l'une des rares associations de l'ouest, qui, en plus des actions de prévention dans les établissements scolaires, va directement à la rencontre des parents dont les enfants sont victimes de harcèlement scolaire comme Prescillia, désormais vice-présidente de l'association.

Ou encore comme cette mère de famille. Depuis quelques mois, le comportement de sa fille de 12 ans a beaucoup changé. 

"Elle s'est renfermée, beaucoup d'angoisses, très peu de sommeil, manque d'appétit, énumère Laëticia, il faut bouger tout de suite, il ne faut pas attendre, nous on a trop attendu, on a trop cru aux belles paroles. Ça ne suffit pas, il faut y aller, parce que ça peut vraiment aller très, très loin, vraiment. Il faut faire appel à l'association, il faut se faire aider" 

Aujourd'hui en France, un jeune sur 10 serait victime de harcèlement scolaire. Pour lutter contre ce fléau, l'association "Joue pas avec ma vie" intervient régulièrement dans les collèges de la région mais aussi et surtout auprès des familles, pour les aider à traverser cette épreuve.

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