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A Nantes et Angers, la colère des guides-conférenciers contre l'ubérisation de leur métier

Les guides lors d'une visite de sensibilisation passage Pommeraye à Nantes / © Anna Couverture
Les guides lors d'une visite de sensibilisation passage Pommeraye à Nantes / © Anna Couverture

Pour lutter contre les free tours et les greeters qui proposent des visites gratuites, les guides de la région ont décidé de sensibiliser leur public en organisant eux aussi des visites gratuites ce jeudi à Nantes et à Angers. Objectif : défendre leur métier validé par une carte professionnelle.

Par Thierry Bercault

Visiter Nantes, son château, sa cathédrale et ses machines, c'est possible pour 2 euros  avec Free Tour. Il suffit de s'inscrire sur leur site et de se rendre au miroir d'eau. A Angers, c'est même gratuit.

Angers Loire greeters propose des visites de la ville et de ses environs sans rétribution. Il s'agit d'une association créée il y a sept ans et financée par Angers Mécénat, un fonds de dotation des collectivités publiques qui favorise les mécénat solidaire pour "transformer en profondeur la société" et "l’entraîner dans une dynamique porteuse de sens et d’avenir" .
 
Action et revendication à Angers pour faire connaître le métier de guide-conférencier / © Vincent Raynal
Action et revendication à Angers pour faire connaître le métier de guide-conférencier / © Vincent Raynal
 

Une carte professionnelle 


Cette ubérisation du métier de guide-conférencier, l'association régionale  des Guides Entre Loire Et Océan  (Geleo) la combat en manifestant pacifiquement aujourd'hui à Nantes passage Pommeraye et à Anger près de l'Office de Tourisme. Elle veut que l'on reconnaisse une profession régie par l'article L. 221-1 du code du tourisme. Cette réglementation exige l'obtention d'une carte professionnelle délivrée par la préfecture.

Pour obtenir cette carte, il faut justifier d'une licence de professionnelle de guide-conférencier ou d'un diplôme national de master. Il faut maîtrriser une langue vivante étrangère, une langue régionale ou la langue des signes ( niveau européen C1 minimum).

Un prix juste


Autre revendication des guides patentés : être rémunérés à leur juste prix et c'est là tout la difficulté. "Les tarifs sont libres mais soumis à la loi du marché" reconnaît Anna Couverture, la Présidente de Geleo avant d'ajouter : "Ils doivent permettre d'en vivre. 200 euros pour une visite de deux heures me paraît le minimum." 

Or les tarifs varient selon les villes ou selon que l'on travaille pour des offices de tourisme, des agences de voyage ou des syndicats d'inititiative. Le statut de ces guides-conférenciers est plus ou moins précaire selon qu'ils sont travailleurs indépendants ou salariés, selon qu'ils ont créé une micro-entreprise ou qu'ils dépendent d'une coopérative d'activité et d'emploi.

Leurs contrats peuvent aller du CDI au CDD,  au CD2I ou au contrat de saisonnier. Ce n'est donc pas simple d'en vivre.

Le reportage de Vincent Raynal et Gwenaël Rihet

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