"Ce n'est pas anodin de s'abstenir." Manifestation féministe et anti-Rassemblement National au Mans

Un petit millier de personnes ont manifesté contre l'extrême droite ce dimanche 23 juin midi les rues du Mans, dans la Sarthe, et notamment des associations féministes. Elles espèrent un sursaut démocratique dans les urnes dimanche prochain, pour le premier tour des élections législatives anticipées.

Dans les rues du Mans, des jeunes font entendre leurs voix contre l'extrême droite, à l'appel de l’intersyndicale de la Sarthe (CGT, FSU, Solidaires et CNT) et du collectif féministe unitaire 72. Le 9 juin dernier, pourtant, un quart des 18-24 ans a voté pour la liste RN (Rassemblement National) de Jordan Bardella aux élections européennes.

"On dirait que les jeunes ont juste oublié l'Histoire", s'indigne une jeune manifestante, au micro de notre journaliste Yann Ledos. "Il suffit de parler à nos parents qui ont connu 2002 ou à nos grands-parents qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale. On a l'impression que c'est cyclique, que les gens sont à nouveau en train de se renfermer sur eux-mêmes."

De nombreuses militantes féministes

Le slogan "Nous sommes Femme, antifascistes, féministes et en colère" résonne dans le cortège teinté de violet, la couleur fétiche des associations féministes, très présentes à ce rassemblement.

"Il devrait y avoir plus de femmes dans les rues aujourd'hui, s'indigne une participante d'un certain âge. Ça peut se comprendre, on est dimanche, c'est souvent le jour où elles font les courses ou s'occupent des tâches domestiques." Selon l'Observatoire des inégalités, 80 % des femmes font la cuisine ou le ménage au moins une heure chaque jour, contre 36 % des hommes. Depuis 2003, l’évolution du partage des tâches dans la sphère privée a très peu évolué.

"Ce qui m'inquiète, c'est la remise en cause du droit à l'IVG ou encore l'arrêt des subventions publiques aux associations qui soutiennent les femmes victimes de violences, dont elles sont très dépendantes", enchérit-elle. Lors des débats à l'Assemblée nationale en mars dernier sur l'inscription dans la constitution française du droit à l'avortement, le RN a été le parti politique le plus divisé de l'hémicycle sur la question. En outre, le parti d'extrême droite s'était opposé en février 2022 à l'allongement du délai de douze à quatorze semaines de grossesse pour avorter.

L'enjeu des abstentionnistes

Certains manifestants résument ces élections à venir à un choix de société entre deux modèles : celui de la solidarité ou celui de l'exclusion. Pour eux, la clé du scrutin viendra de la capacité à convaincre les abstentionnistes de reprendre le chemin des bureaux de vote.

Tout est remis en question avec l'accession au pouvoir d'un parti aussi extrême...

Un manifestant

"Cela m'inquiète beaucoup de voir que tant de gens disent ne pas se sentir concernés, ou être en faveur une société dans laquelle chacun se débrouille et où les dominants sont à l'honneur, se désole un manifestant. C'est pour ça que les mobilisations sont importantes, parce qu'il faut montrer aux gens que ce n'est pas anodin de s'abstenir. Cela revient à consentir à ce qu'il va se passer."

Une prise de conscience qui ne semble pas partagée par tout le monde. Si les prévisions tablent sur une augmentation du taux de participation aux prochaines élections, un sondage, publié ce matin, crédite encore le RN de 36% des intentions de vote, contre 33% vendredi dernier. Il pourrait ainsi atteindre pour la première fois la majorité relative à l'Assemblée nationale, voire absolue.

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