Environnement : au Boupère en Vendée, le foin de Nicolas est séché à l'énergie solaire

Comment faire mieux et plus écologique ? Un éleveur de Vendée a trouvé la réponse. Il a installé chez lui un système de séchage de son foin grâce à l'énergie solaire. De quoi faire sécher son foin plus rapidement et lui assurer une meilleure qualité sans compléments et cela toute l'année.

Nicolas Blanchard dans sa ferme thermovoltaïque au Boupère en Vendée
Nicolas Blanchard dans sa ferme thermovoltaïque au Boupère en Vendée © Fanny Borius
Le séchoir thermovoltaïque de Nicolas Blanchard a été mis en fonction juste à temps pour les premières coupes. 

Sa technologie répond à un procédé tout simple : de l'électricité est produite par l'avant du panneau solaire. A l'arrière, un échangeur thermique permet d'obtenir de l'air chaud redistribué par le sol grâce à un ventilateur. 
Un procédé novateur qui a séduit Nicolas.
Le séchoir photovoltaïque de Base Innovation
Le séchoir photovoltaïque de Base Innovation © France 3 Pays de la Loire
"C'est ce qui va remplacer l'ensilage dit Nicolas Blanchard, agriculteur sur le GAEC La Niro, en valeur c'est comme de l'herbe pâturée aux champs. Il y a du trèfle, de la luzerne, on essaie de faire des mélanges adaptés pour que cet aliment, le foin, suffise en hiver aux vaches pour produire du lait. A la place de l'enrubannage (le fourrage, NDLR), on est obligé de compenser avec du pois, de la fèvrole ou du soja qu'on achète à l'extérieur."

 On va essayer d'être 100 % autonome sur les fourages - Nicolas Blanchard, GAEC La Niro

Avec cette alimentation identique toute l'année pour ses 50 vaches, Nicolas compte sur une meilleure santé et un lait de meilleure qualité.

 
La ferme thermovoltaïque entre en activité juste à temps pour les coupes
La ferme thermovoltaïque entre en activité juste à temps pour les coupes © Fanny Borius
 

Une nette différence avec le lait de foin

Un lait qui fait le bonheur des fromagers, pour les producteurs de Comté notamment, "il y a des filières qui essaient de se monter en lait de foin, en Allemagne aussi".

Son lait justement est transformé à quelques kilomètres de là, à la ferme Gustin. Pour David, le fromager, la différence est nette. 

"En transformation, il n'y a pas photo. J'ai un lait caillé qui est beaucoup plus ferme, qui se tient mieux", reconnait David Allaire, fromager chez Gustin producteurs fermiers.

La société bordelaise Base Innovation a installé une trentaine de fermes de ce type en France depuis 2013. Elle constate une augmentation de ces fermes résilientes depuis quelques mois.

"Concernant la crise du covid, ce que l'on constate c'est une encore plus grande intention de rendre la ferme plus autonome, d'avoir des systèmes résilients où on ne compte plus sur les achats extérieurs pour équilibrer les besoins d'une ferme" explique Sébastien Ackermann, le fondateur de Base Innovation.

Base Innovation compte, à ce jour, 500 dossiers en cours d'étude. La ferme thermovoltaïque de Nicolas est pour le moment la seule de ce type en Vendée.

Un séchoir complet (bâtiment, matériel, centrale solaire) coûte en moyenne (en fonction de la taille de la ferme) entre 250 000 et 500 000 euros. Il se rentabilise en moins de 10 ans grâce à la production d'électricité (Nicolas Blanchard en revend une partie) et aux économies sur les compléments alimentaires supprimés. Un séchoir est conçu pour durer 30 à 40 ans. 

► Le reportage de notre rédaction

 
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