MMA : Ciryl Gane échoue en finale des championnats du monde UFC des lourds, à la Roche-sur-Yon, ses proches y ont cru jusqu'au bout

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A Anaheim en Californie, Ciryl Gane, n'a rien pu faire face au Camerounais Francis Ngannou qui conserve sa ceinture de champion du monde UFC des poids lourds. A la Roche-sur-Yon 100 personnes s'étaient réunies pour suivre le combat. Les fans y ont cru jusqu'au bout.

Le combat n'a pas été aussi spectaculaire qu'espéré mais il a été serré jusqu'au bout. De quoi faire durer le suspens pour les proches et les fans réunis à la salle omnisport Jean Yole de la Roche-sur-Yon.

Il est 5 heures 30, heure française, la pression monte..."Il va falloir attraper le bonhomme" tous le clan Gane le sait. Parce qu'en face il y a du lourd. Et le moment est presque historique. Dans quelques minutes, peut-être, la France décrochera son premier titre mondial de MMA.

Le vendéen, mains dans les poches est arrivé détendu et concentré dans les couloirs de l'arène californienne. Comme pour annoncer la couleur, le champion du monde en titre lui est en costard cravate. Le patron pour l'instant c'est lui et il entend bien le rester.

Jacky Varnajot, coach de la Section des Boxes Fédérales Yonnaises (SBFY) est arrivé parmi les premiers. "Ciryl a appris le MMA à Paris. C'est quelqu'un de très performant physiquement. Il a un gros physique et un gros mental. Il construit son combat, toujours avec une très belle technique. Son adversaire est plus en force, plus puncher, en recherche de coup dur."

Et le Français commence mieux, en variant ses coups, grâce à une meilleure mobilité.

Ngannou, contrarié de se sentir un peu à la traîne aux points, trouve la solution dans le 3e round, dans un registre qui n'est pas forcément le sien : la prise au sol.

"Un exemple, un modèle"

A la Roche-sur-Yon, Ciryl que ses proches surnomme "le bon gamin" est une star. "Aujourd'hui le MMA n'est plus considéré comme un sport de mauvais garçons, ça se démocratise. La fédération française, sous l'égide la fédération de boxe, a bien cadré sa progression technique avec des ceintures de couleurs, des catégories de poids. C'est un sport extrêmement structuré", explique Jacky.

Malo Sudre, junior au SBFY lui n'a pas eu besoin de réveil. 

Ce combat, ça me motive. Ciryl, c'est un exemple, un modèle. Il me donne envie de bosser. J'ai un grand respect pour lui. C'est un mec de notre quartier, il vient de la Vendée. On est obligé de le soutenir

Malo, supporter

Pour ce jeune de la Roche-sur-Yon, Ciryl Gane, est presque un mentor : "Il s'entraîne tout le temps, il est motivé, déterminé, il ne lâche rien. Il a commencé tard les arts martiaux et aujourd'hui peut-être il va devenir champion du monde!"

Dans la dernière reprise, la cinquième, les deux combattants ont plus souvent été allongés au sol que debout, l'un prenant le dessus sur l'autre à tour de rôle, jusqu'à l'épuisement de chacun et des dernières secondes.

"Ce que je peux vous dire sur Ciryl? C'est actuellement le meilleur sportif français en terme d'image et de parcours. Il a dix victoires et zéro défaite. Pour moi, c'est la locomotive du sport. C'est un gars qui casse les codes dans la discipline. Il a une approche ultra tactique et une palette technique très très large. Il prépare ses combats par rapport aux forces et aux faiblesses de l'autre. Et surtout il est toujours dans le respect de son adversaire.", témoigne Nicolas Metay, président du SBFY.

Pour le club de la Roche-sur-Yon c'est un exemple : "C'est quelqu'un que nous suivons depuis très longtemps. Il n'a jamais fait partie de notre club mais on le connaît. De temps en temps, il passe nous voir quand il vient voir ses parents. Mais je n'aurais pas la prétention de dire qu'il est associé à notre club. C'est plutôt nous qui essayons de nous associer à lui."

"Il reviendra c'est sûr !"

"Déçu mais bon il a fait un très bon combat, Ngannou était plus fort il l'a amené au sol. C'est le jeu, c'est là qu'il marque des points. Il s'est très très bien défendu, je suis un peu dégouté. Il retentera sa chance, c'est sûr et certain!", commente Tom un spectateur qui vient d'Angers dans le Maine-et-Loire.

Dans la salle il manque quelqu'un à l'appel : la maman. Elle ne regarde jamais les combats. Trop difficile de regarder son garçon encaisser les coups. 

Ngannou, montagne de muscles imprenable, a donc mieux fini, récompensé par un score de 48-47, 48-47, 49-46.

Ciryl Gane a tenu bon mais cela n'a pas suffit...la puissance et la force, comme souvent dans la discipline l'ont emporté sur la technique et la stratégie.

"Je sais que je n'ai pas déçu parce que même à chaud, je me rends compte que c'était une bonne performance, a expliqué  le finaliste malheureux au micro de RMC Sport, diffuseur français du combat. Félicitations à lui (Francis Ngannou), il a fait exactement ce qu'il fallait pour gagner."  Le Camerounais, touché à un genou (un ligament antérieur déchiré), a notamment beaucoup travaillé au sol pour épuiser son adversaire."On a essayé de trouver des solutions, mais il est très puissant et ça m'a fatigué, on le savait."

La salle se lève comme un seul homme, applaudit. Des bravos retentissent. Romain, le père de Ciryl, les yeux plein de fierté, salue la prestation du "Bon gamin" : "II manque juste un peu de poids, c'est tout . Il aura sa chance, il va revenir. Ce sera pour la prochaine fois mon fils."