La Roche-sur-Yon : l'Inspection du Travail refuse le licenciement des salariés protégés de Michelin

L'Inspection du Travail donne raison aux salariés protégés de Michelin à La Roche-sur-Yon qui contestent le motif économique de leurs licenciements.
Michelin La Roche-sur-Yon, octobre 2019
Michelin La Roche-sur-Yon, octobre 2019 © France Televisions - Fanny Borius
L’Inspection du Travail refuse à Michelin le licenciement de 26 salariés protégés tel que l'entreprise en a fait la demande.

Les élus et les représentants syndicaux de Michelin estiment que leur direction aurait dû demander "l’autorisation à l’Inspection du Travail avant de procéder à leur licenciement, ces salariés étant "protégés". L’Inspection du Travail devait vérifier entre autre, la régularité de la procédure de licenciement ou encore la véracité du motif économique".

Les services de l'État leur donnent finalement raison, refusant le licenciement de ces salariés. Elle "considère que la réalité du motif économique n’est pas démontrée dans la demande d’autorisation de licenciement".

Pour les syndicats, "cette décision est une première victoire car elle pourra servir devant le Tribunal des Prud’hommes. Elle vient conforter l’avis des CSE de La Roche-sur-Yon et du CSE Central sur la légitimité économique de cette fermeture".

L’intersyndicale (CFDT/CFE-CGC/FO/SUD) avait exprimé dès le départ, "que son but était dans un premier temps de négocier, au mieux, les indemnités de ce PSE, et dans un second temps d’aider les salariés à contester le motif économique de leur licenciement devant le Tribunal des Prud’hommes".

Plusieurs salariés ont déjà entamé des démarches individuelles en ce sens.

 

Une victoire amère pour la CGT

La CGT ne fait pas partie de cette intersyndicale, Antony Guilloteau, élu au CSE central de Michelin, "si il y a un an l'intersyndicale s'était battue avec la CGT pour refuser les licenciements au lieu de négocier pour quelques billets on n'en serait pas là !"

L'usine de La Roche-sur-Yon est fermée, les machines sont en cours de déménagement. Pour nombre de salariés qui ont accepté une mutation, la suite est difficile. "Pour ceux qui ont accepté de partir à Cholet, et qui travaillent en 3/8, une heure de route aller, plus une heure de route retour, le jour ou la nuit, c'est épuisant". Certains craquent et demandent à entrer dans le processus de reclassement.

Antony Guilloteau reste solidaire de ceux qui ont perdu leur emploi en dépit de la décision de l'Inspection du Travail au profit des salariés protégés, "des salariés ont élu d'autres salariés qui ne bénéficient pas des mêmes avantages en matière de protection de l'emploi".

La direction de Michelin ne se prononce pas sur la suite qu'elle donnera à cette décision. "Notre sort va probablement se régler entre Michelin et le ministère du Travail", imagine le syndicaliste, qui a, comme tous les "bibendums", du mal à tourner la page.
 
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