La Roche-sur-Yon : l'opposition porte plainte contre X dans l'affaire de détournement de fonds

Estimant que la communication du maire de la Roche-sur-Yon manque de transparence, l'opposition vient de déposer une plainte contre X dans le dossier de détournements de fonds qui met en cause l'ancien directeur de cabinet du Maire Luc Bouard.

La place Napoleon à La Roche-sur-Yon
La place Napoleon à La Roche-sur-Yon © France Televisions - Damien Raveleau
Quelles sont exactement les sommes concernées dans cette affaire de détournements de fonds qui met en cause l'ancien directeur de cabinet du maire de La Roche-sur-Yon ?

Ne faudrait-il pas revoir les pratiques dans l'attribution de cartes de crédits par la ville à certains collaborateurs ?

Des questions que l'opposition municipale aurait bien aimé évoquer en créant une commission.
 

"Permettre une totale transparence dans la gestion des cartes bancaires"

"Lors du dernier conseil municipal de septembre, rapportent les élus d'opposition sur leur compte Facebook, les élu.e.s d'opposition ont demandé des précisions sur les montants et la nature des dépenses. Ils ont également demandé la constitution d'une commission municipale particulière. Cette commission prévoyait d'inclure des élus de la majorité, des élus de l'opposition, les services de la Ville et des citoyens pour permettre une totale transparence dans la gestion des cartes bancaires."

Demande qui a été rejetée par le maire. 

Souhaitant ne pas en rester là, l'opposition municipale a décidé de porter plainte. Samedi 10 octobre, Martine Chantecaille, au nom de cette opposition, a envoyé un courrier en recommandé à la procureure de la Roche-sur-Yon, portant plainte contre X.

"On trouve normal de porter plainte, estime Martine Chantecaille, ça nous concerne comme citoyens mais aussi comme élus. Certes, nous sommes minoritaires mais nous représentons des citoyens. Il s'agit de fonds publics." Pour rappel, au mois de juin dernier, une enquête administrative était ouverte contre l'ancien directeur de cabinet du maire (parti pour exercer la même fonction aux Sables d'Olonne) "suite à l’utilisation inappropriée de la carte achat mise à sa disposition par la collectivité". Précision qui nous a été donnée par le service communication de la Ville.
 

De 28 000 à 34 000 euros

Dans cette affaire, qui avait donné lieu dans un premier temps à des rumeurs, avant d'être confirmée, les sommes concernées ont augmenté au fil des mois. 

"On est passé d'une "bêtise" à 28 000 euros, dit Martine Chantecaille, à une "faute" à 34 000 euros ! Il y a des faits qu'on ne comprend pas. Pourquoi cette carte n'a pas été bloquée ?"
 
"Il y a beaucoup de zones d'ombre" Martine Chantecaille
"Il y a beaucoup de zones d'ombre" Martine Chantecaille © France Télévisions

Les faits s'étaleraient en effet de septembre 2019 à juin 2020, date du départ de ce directeur de cabinet. Notons d'ailleurs, qu'il a depuis été "démissionné" de son poste aux Sables d'Olonne. L'opposition reproche au maire Luc Bouard d'avoir gardé le secret sur cette affaire en pleine campagne pour le second tour des municipales en juin alors que les faits étaient connus. 

"La réaction du maire n' a été ni rapide ni publique, estime l'opposition municipale par la voix de Martine Chantecaille. Le directeur de cabinet aurait dû être limogé plus rapidement."

L'opposition après avoir déposé plainte envisage de se constituer partie civile en fonction des conclusions de la procureure de La Roche-sur-Yon.

Le maire, Luc Bouard, que nous avons sollicité, nous a communiqué le courrier qu'il avait, le 24 septembre, transmis aux élus municipaux. Courrier dans lequel il donne des explications sur la procédure en place concernant ces cartes achat (24 au total) confiées à certains agents. Il indique aussi que la ville a déposé plainte et que les sommes non justifiées n'ont pas été "liquidées",  "la collectivité n'a ainsi subi aucun préjudice financier" précise-t-il. La totalité de la somme aurait en effet été remboursée.

Le maire rappelle également qu'une enquête interne avait abouti à une procédure disciplinaire et au dépôt de plainte le 1er juillet. "En conséquence, et compte tenu des réponses apportées aux interrogations exprimées dans votre courrier, conclut-il, la création d'une commission "ad'hoc composée d'élus, d'agents et de citoyens ne semble pas appropriée."

Reste donc maintenant à connaitre les conclusions de l'enquête judiciaire.

 
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