Brétignolles-sur-Mer : déjà un mois d'occupation pour les opposants au nouveau port de plaisance

La ZAD de Brétignolles, Vendée, novembre 2019 / © France Televisions - Auberie Perreaut
La ZAD de Brétignolles, Vendée, novembre 2019 / © France Televisions - Auberie Perreaut

Installés aux abords du chantier, plusieurs dizaines de personnes se relayent jour et nuit depuis un mois pour empêcher la reprise des travaux du nouveau port de Brétignolles-sur-Mer.

Par Fabienne Even / Auberie Perreaut

Des toiles de tentes, des cabanes en bois de palette, sur la ZAD de Brétignolles-sur-Mer comme on la nomme déjà, les opposants à la construction du port de plaisance s'installent dans la durée. 

"C’est important que l’on reste ici pour protéger. On surveille tous les jours, qu’ils ne viennent pas aggraver les choses sur le site", explique Elie, l'un des occupants, convaincu que ce projet est inutile, "porté par un mégalomane", ajoute-t-il.
 
La ZAD de Brétignolles, Vendée, novembre 2019 / © France Televisions - Auberie Perreaut
La ZAD de Brétignolles, Vendée, novembre 2019 / © France Televisions - Auberie Perreaut

Début octobre, "les gardiens de la dune" ont fait reculer les pelleteuses. Depuis, le chantier est à l'arrêt et les activistes peuvent compter sur la solidarité des opposants locaux.

Du point de vue juridique, le recours en référé, déposée par l'association locale La Vigie, demandant la suspension des travaux a été rejeté par le tribunal administratif le 30 octobre dernier, une décision qui conforte Christophe Chabot, maire (DVD) de Brétignolles-sur-Mer.

"La décision du tribunal administratif nous fait du bien. Toutes les étapes qu’on a franchies depuis 18 ans font de ce dossier un dossier très moderne, contrairement à ce qui se dit. Il est exemplaire sur le plan environnemental : quand il sera réalisé, il aura un impact positif sur le territoire, sur la terre comme sur la mer. Le dossier s’autofinance intégralement, il est d’une grande modernité", souligne-t-il.
 

Les associations environnementales restent mobilisées


Des affirmations que ne partagent pas les associations environnementales inquiètes par les dégâts provoqués par les travaux préparatoires entrepris sur la dune. "Il y a urgence à arrêter tout cela. Le sable s’en va inexorablement. La tempête a raboté l’ouvrage en chantier. Les protections n’ont pas été mises en place pour empêcher la dégradation éolienne", s'insurge Jean-Baptiste Durant, vice-président de La Vigie.

Les militants sont convaincus que les conséquences écologiques ont été sous-estimées, voire ignorées. "Quelle folie d’ouvrir la dune pour faire rentrer la mer dans le continent. Les dunes sont des remparts vivants contre l’invasion marine. Pour moi c’est un projet du XXe siècle, c’est dépassé", explique Anne-Marie Grimaud de France nature environnement Vendée. "Nous pensons que l’étude d’impact est insuffisante", précise-t-elle.

Cinq autres recours doivent encore être étudiés par la justice et les militants attendent maintenant un examen sur le fond du dossier.

Reprise des travaux entre janvier et mai


Le maire défend son projet et l'adhésion de ses administrés. "Mes équipes et moi-même avons été élus trois fois sur la base de ce projet. Il y a eu une consultation citoyenne qui l’a validé. Le port est le reflet d’une démocratie qui fonctionne bien, qui ne sera pas remis en cause", explique-t-il, agacé par la résonnance médiatique autour de ce dossier. 

Christophe Chabot confirme que le projet suit son cours. "Nous attendons dans les prochaines semaines les résultats de l’appel d’offre, qui devra être conforme à nos engagements financiers. Ensuite on va démarrer les travaux, au mieux en janvier, au pire en mai", précisant que l'expropriation de la zone où sont installés les zadistes sera effectuée entre janvier et mai, avant le démarrage du chantier.
 

Sur le même sujet

Les + Lus