Les Sables d'Olonne : en lutte contre la réforme des retraites, les avocats reconstituent "Le radeau de la méduse"

Dans le cadre de leur mouvement de grève contre le projet de réforme des retraites, les avocats du barreau des Sables d'Olonne en Vendée ont reconstitué le tableau "Le radeau de la méduse" sur la grande plage, en face du palais de justice.

Contre la réforme des retraites les avocats du barreau des Sables d'Olonne ont reconstitué le Radeau de la Méduse, le 13 février 2020
Contre la réforme des retraites les avocats du barreau des Sables d'Olonne ont reconstitué le Radeau de la Méduse, le 13 février 2020 © France Televisions - Amélie Lepage
Le rendez-vous était fixé à 13 heures sur la grande plage. Les avocats du barreau des Sables d'Olonne se sont mobilisés ce jeudi 13 février pour une opération "reconstitution". 

En face du palais de justice, les pieds dans le sable, les avocats en robe ont repris à leur sauce ce tableau de Théodore Géricault qui représente un naufrage. A l'image de leur profession qu'il estime "coulée" par le projet de réforme des retraites du gouvernement.

"Ce tableau représente exactement l'état de notre profession : un véritable naufrage! Et cela bien au-delà de la réforme des retraites", explique Geoffroy de Baynast, bâtonnier de l'ordre des avocats.
Contre la réforme des retraites les avocats du barreau des Sables d'Olonne ont reconstitué le Radeau de la Méduse, le 13 février 2020
Contre la réforme des retraites les avocats du barreau des Sables d'Olonne ont reconstitué le Radeau de la Méduse, le 13 février 2020 © France Televisions - Amélie Lepage
Pour emboiter le pas à leurs collègues de Caen qui avaient reproduit l'oeuvre "La liberté guidant le peuple"d 'Eugène Delacroix, les avocats des Sables d'Olonne, en grève depuis début janvier, ont décidé de faire à leur tour une performance artistique.

"Cette réforme c'est un vol caractérisé pour l'ensemble de la profession. Personne en France ne peut accepter de verser un tiers de ses revenus pour une retraite qui va baisser. On ne supporte plus ce gouvernement", commente Geoffroy de Baynast.

 Nous sommes traités comme une variable d'ajustement. On ne coûtent rien. On ne demandent rien. Notre régime est autonome, financé à 100% par les cotisations des avocats. Et on sait qu'il sera équilibré jusqu'en 2079 au moins - Geoffroy de Baynast, Bâtonnier de l'orde des avocats des Sables d'Olonne.

Un régime autonome et déjà solidaire, précise le bâtonnier, "chaque année, chaque avocat verse 1 200 euros affectés aux régimes de retraites déficitaires. On nous vole notre argent et l'argent capitalisé à la caisse des retraites. Il y a un capital de deux milliards d'euros. Cet argent l'État veut le détourner".

"Nous sommes 70 000 avocats en France. Le gouvernement nous considère comme moins que rien. Il nous enfume et veut nous spolier," conclut Geoffroy de Baynast.

Le barreau des Sables d'Olonne compte 57 avocats. Sur l'oeuvre originale, seuls 15 naufragés ont été embarqués pour une reconstitution "la plus fidèle possible".

A propos du "radeau de la méduse"
Le Radeau de La Méduse est une peinture à l'huile sur toile, réalisée entre 1818 et 1819 par le peintre et lithographe romantique français Théodore Géricault (1791-1824). Son titre initial, donné par Géricault lors de sa première présentation, est Scène d'un naufrage. L'oeuvre représente un épisode tragique de l'histoire de la marine coloniale française : le naufrage de la frégate Méduse. Celle-ci est chargée d'acheminer le matériel administratif, les fonctionnaires et les militaires affectés à ce qui deviendra la colonie du Sénégal. Elle s'est échouée le 2 juillet 1816 sur un banc de sable, un obstacle bien connu des navigateurs situé à une soixantaine de kilomètres des côtes de l'actuelle Mauritanie2. Au moins 147 personnes se maintiennent à la surface de l'eau sur un radeau de fortune et seuls 15 embarquent le 17 juillet à bord de L’Argus, un bateau venu les secourir. Cinq personnes meurent peu après leur arrivée à Saint-Louis du Sénégal, après avoir enduré la faim, la déshydratation, la folie et même l'anthropophagie. L’événement devient un scandale d'ampleur internationale, en partie parce qu'un capitaine français servant la monarchie restaurée depuis peu est jugé responsable du désastre, en raison de son incompétence.

Le tableau a  provoqué la controverse lors de sa première présentation à Paris, au salon de 1819 : certains s'en font les ardents défenseurs, tandis que d'autres le fustigent immédiatement. Peu après, l’œuvre est exposée à Londres, ce qui achève d'établir la réputation du jeune peintre en Europe. Aujourd'hui, elle compte parmi les œuvres les plus admirées du romantisme français, et son influence est perceptible dans les créations de peintres tels que Joseph William Turner, Eugène Delacroix, Gustave Courbet ou encore Édouard Manet. Le tableau, qui souffre d'un assombrissement irréversible, est conservé au musée du Louvre, qui l'achète à un ami de l'artiste peu après sa mort en 1824.

 
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