Vendée Globe : quand les skippers participent aussi à une étude scientifique pour aider à l’observation de l’océan

Le monde de la voile s’engage pour mieux connaître l’état des océan. Une partie des skippers du Vendée Globe participe, sur la base du volontariat, à une vaste étude de relevés scientifiques. 

L'une des balises météo installés sur les Imoca du Vendée Globe
L'une des balises météo installés sur les Imoca du Vendée Globe © Vendée Globe
Les 33 skippers du Vendée Globe prendront le départ de la course le 8 novembre prochain pour faire le tour du monde. Au cours de leur périple, les compétiteurs von larguer des instruments scientifiques le long de leur parcours, des balises Argos et des flotteurs.

En effet, en marge de la COP Paris climat en 2015, un accord "Voile et science" a permis de signer un partenariat entre "Commission océanographique intergouvernementale" (UNESCO) sous la coordination du centre JCOMMOPS et la classe IMOCA.

Les skippers, qui sont les premiers à observer l’état de la mer, vont récolter des données pour contribuer aux connaissances scientifiques et environnementales. Pendant cette course, les voiliers de la classe IMOCA vont naviguer sur des zones où les navires scientifiques et les routes maritimes ne sont pas présents. Ce programme de recherche et la collecte de données océanographiques et atmosphériques tout au long du parcours des skippers à l’aide d’instrumentation embarquée et le déploiement sont donc des contributions très précieuses au système mondial d'observation de l’océan. " Pour la classe IMOCA, on a organisé le déploiement de 10 bouées météo et de trois flotteurs Argos, cela coûte très très cher de déployer ces capteurs à travers des missions scientifiques et là, c’est une belle occasion parce que les bateaux vont dans des zones qui sont peu fréquentées, explique Claire Vayer, chargé de mettre en place le programme développement durable de la classe IMOCA et du partenariat, le déploiement va commencer à l’équateur et au sud de l’équateur. C’est important pour les scientifiques, il y a des milliers de flotteurs, mais tous les ans, il faut continuer à alimenter les bases de données dans ces zones-là qui sont peu fréquentées." 
 

Les instruments scientifiques embarqués 

Ces bouées de 1,5 mètres de long, une fois larguées, seront des outils précieux qui fourniront des données de surface de l’océan en complément des satellites. Leur fonction est de collecter des données météos et océanographiques (pression, température, vitesse et direction des courants) tout en étant attachées à une ancre flottante.

Une bouée météo-Drifter, comme celle-ci, sera embarquée pour le Vendée Globe
Une bouée météo-Drifter, comme celle-ci, sera embarquée pour le Vendée Globe © Vendée Globe 2020
Elles ne font pas que flotter. Une fois larguée par le skipper en pleine mer, la balise-flotteur de 1,7 mètres de long et de 20 kg va plonger à 1 000 m dans l’océan. Puis elle va dériver pendant 9 jours. Le 9e jour, elle va descendre à 2 000 m avant de remonter le 10e jour à la surface pour transmettre les informations via les satellites, sur la température et la salinité de l’eau récoltées. C’est pendant cette remontée que les mesures sont faites. Les balises peuvent répéter chaque cycle environ 150 fois. Leur fonction est de mesurer la température et la salinité de l’océan.
Les balises Argo-flotteurs embarquées par les skippers du Vendée Globe
Les balises Argo-flotteurs embarquées par les skippers du Vendée Globe © Vendée Globe 2020
 

L'homme et la mer

Les skippers ont déjà peu de temps pour dormir, manger, ils doivent surtout barrer au mieux pour gagner, Stéphane Le Diraison, skipper de Time For Océan est très sensible à la cause environnementale, il nous explique son engagement :
"D'une manière générale, depuis plusieurs années, même 20 ans, je sillonne les océans dans toutes les directions, j'observe de nombreux changements : pollutions plastiques, chimiques diverses et variées ou l'impact du réchauffement climatique sur la fonte de la banquise, nous en entendons tous parler mais quand on y est confronté directement, forcement cela ne fait pas le même effet."

"Je me sens ambassadeur, mon environnement, c'est la mer, je suis directement confronté à des observations et une évolution qui n'est pas flatteuse, j'ai envie de porter ma contribution à la sensibilisation du grand public, mais pas seulement, il faut aussi maintenant agir ! L'exposition médiatique au Vendée Globe est un formidable vecteur de communication pour transmettre nos messages."

Stéphane Le Diraison, skipper de "Time For Océans"

Pensez-vous que le fait de s'encombrer avec un appareil un lourd et un peu chronophage, car cela demande des manipulations, puisse nuire un peu à votre classement ou même vous ralentir ? 

"Même si cela peut me ralentir un petit peu cela fait clairement partie de cette aventure, de ce projet, c'est finalement une bien humble contribution au travail réalisé pour la protection des océans."


Qui embarque quoi ?

Sur les 33 skippers en course pour cette édition 2020, 12 navigateurs vont déployer des instruments scientifiques lors du Vendée Globe 2020 :Ces nouvelles données permettront aux scientifiques de compléter leurs connaissances des océans et d’établir des modèles de prévision plus précis afin de mieux anticiper les évolutions climatiques dans les années à venir.

Deux skippers vont aider la science avec un autre partenariat, Boris Herrmann et Fabrice Amedeo avec des capteurs océanographiques capables de réaliser des prélèvements de CO2, de salinité et de température en surface. Cela permet de mesurer l’impact du réchauffement climatique sur les océans. Fabrice Amédéo va relever également la présence de micro-plastique.

Une flotte d'un certain nombre de navires effectuant des mesures avec le même capteur dans l'océan austral est une première dans l'histoire des sciences de la mer.
 
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