Vendée Globe 2020 : le dernier accueilli comme le premier, "Ça fait partie de l'ADN de la course" estime Jacques Caraës

Il espérait arriver ce mercredi mais la météo en a décidé autrement. Ari Huusela, le dernier skipper encore en course dans le Vendée Globe est attendu pour vendredi soir. Il sera fêté. C'est comme ça dans cette course, le dernier a tout autant droit au respect du public que le premier.

37 jours après Charlie Dalin, le premier à avoir passer la ligne d'arrivée, Ari Huusela clôturera le Vendée Globe 2020/2021
37 jours après Charlie Dalin, le premier à avoir passer la ligne d'arrivée, Ari Huusela clôturera le Vendée Globe 2020/2021 © O. Blanchet/Alea A. Huusela

S'il passe la ligne d'arrivée, comme on le pressent, ce vendredi, Ari Huusela (Stark) aura mis 37 jours de plus que le premier à rentrer au port, Charlie Dalin, et le premier au classement (par le jeu des compensations), Yannick Bestaven. Mais son accueil par le public ne sera pas celui réservé d'ordinaire aux derniers des compétitions.

Car s'il ferme la marche, il est celui qui aura passé le plus de temps en mer, 117 jours (s'il arrive vendredi). Et le public aura à cœur de lui rendre cet hommage.

Le Vendée Globe est peut-être la seule épreuve où le dernier a un accueil digne d'un vainqueur. On le vérifiera sans doute encore cette fois-ci, malgré les contraintes sanitaires.

 

L'ADN de la course

"Ça fait partie de l'ADN de la course, confirme Jacques Caraës, le directeur de course. Le dernier a cette bienveillance du public qui vient pour le voir, lui dire bravo d'avoir bouclé ce tour du monde."

Jacques Caraës a dirigé d'autre grandes courses à la voile comme la Route du Rhum ou la Solitaire du Figaro mais ce n'est qu'aux Sables d'Olonne qu'il a pu constater cette ferveur à l'arrivée de chacun des skippers. Jusqu'au dernier qui clôt l'édition.

L'organisation sera là pour faire vivre en direct le passage de la ligne puis la remontée du chenal qui pourrait se faire samedi matin. Il y aura le même rituel de l'accueil au ponton d'honneur, la photo avec l'équipe technique sur le voilier, la photo avec la famille, les interviews. 

 

Dernier, une place parfois en vue

N'y a-t-il pas, quand même, une certaine recherche de cette toute dernière place lorsque l'on est dans le peloton de queue ? Histoire de gagner un peu plus en visibilité auprès du public et des médias ? C'est toujours bon pour l'égo, et les sponsors. Jacques Caraës reconnaît que Sébastien Destremeau, qui a dû abandonner cette fois-ci le 16 janvier, avait été soupçonné de rechercher cette dernière position lors de l'édition précédente en 2017.

"Sébastien Destremeau avait beaucoup communiqué sur sa place de dernier, se souvient Jacques Caraës. Mais Ari (Huusela) est quelqu'un de très discret, il n'avait pas de prétention." Ce que nous a effectivement confirmé le skipper finlandais dans l'interview qu'il nous a accordée lundi 1er mars. "Pour moi, nous disait-il, le classement n'est pas important. Mon seul objectif a toujours été de pouvoir participer, prendre le départ du Vendée Globe. Et puis finir la course."

Parmi les rituels auxquels il aura droit, comme le premier, il y aura le choix de son repas. C'est en train de se décider nous dit-on à l'organisation. Certains on voulu manger simple, d'autres plus cuisiné, une entrecôte frites pour l'un, plutôt des légumes pour l'autre. Samantha Davies a demandé une bonne bière.

 

"C'était une très belle édition"

Avec l'arrivée du skipper finlandais se refermera cette édition 2020/2021 marquée par des conditions sanitaires drastiques qui ont un peu gâché la fête. C'est le grand regret du directeur de course Jacques Caraës.

"C'était un dénouement sportivement assez tendu" Jacques Caraës, directeur de course.
"C'était un dénouement sportivement assez tendu" Jacques Caraës, directeur de course. © Vincent Curutchet/Alea#VG2020

"Le regret, c'est de ne pas avoir pu garder le village ouvert pendant les trois semaines prévues, on a dû le fermer une semaine avant le départ" dit-il. Mais pour le côté sportif, il a apprécié. "C'était une très belle édition, conclut-il. Sportivement, c'était assez tendu avec les six premiers arrivés en peu de temps. On n'a jamais eu autant de bateaux (33) avec 80% de retours (8 abandons). En général, on est, au mieux, à 50%. Ce qui est un signe que les bateaux sont mieux préparés."

Dans quelques jours, on commencera à démonter le village, ce sera l'heure des debriefings pour voir ce qui pourra être amélioré lors des prochaines éditions mais aussi sur les bateaux, leurs points faibles, la dimension des foils...

Mais on n'en est pas encore là. On attend Ari qui, tout en étant le dernier, ne mettra qu'une semaine de plus que Titouan Lamazou, lors de la première édition, en 1990.

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