Vins des Pays de la Loire : le millésime 2020 s'annonce prometteur

Les vendanges vont débuter dès le 20 août dans le vignoble nantais, deux semaines plus tôt que l'an dernier grâce à une météo très favorable. La qualité devrait être au rendez-vous, un soulagement pour les viticulteurs dont les ventes se sont effondrées durant le confinement.

Domaine Cady, Saint-Aubin-de-Luigné, Juillet 2020
Domaine Cady, Saint-Aubin-de-Luigné, Juillet 2020 © Alexandre Cady
Dans les vignes, les grappes de raisins profitent du soleil, de la chaleur et se gorgent de sucre. "J’aime bien cette météo, même si on risque d’avoir un peu de stress hydrique, ce qui peut ralentir la maturité", explique Edouard Massart, à la tête d’un domaine de 13 hectares à Château-Thébaud, dans le vignoble nantais.

"Les températures sont fraîches la nuit, ce qui permet à la plante de respirer, et chaudes dans la journée", confirme Christian Gauthier, propriétaire d’un domaine à Saint-Hilaire-de-Clisson. "Malgré tout, ce serait bien d’avoir une journée de pluie avant les vendanges, cela ferait accélérer la maturité et grossir les grains de raisins", ajoute-t-il.

Dans les vignobles des Pays de la Loire, les viticulteurs ont le moral, grâce une météo particulièrement généreuse pour la vigne cette année. L’hiver a été doux entrainant une floraison précoce et surtout le gel ne s’est pas invité au mauvais moment.
Les grains de raisin se gorgent de sucre sous le soleil, juillet 2020
Les grains de raisin se gorgent de sucre sous le soleil, juillet 2020 © Alexandre Cady
Des conditions parfaites pour un millésime qui s’annonce prometteur. Les vendanges sont d’ores et déjà avancées de quinze jours par rapport à l’année dernière, un gage de qualité, soulignent les viticulteurs. Mais tous s’accordent sur un point, résumé par Edouard Massart, "comme disent les anciens, c’est dans la barrique qu’on mesure la vendange".

Les étudiants à la rescousse

Les vendanges justement devraient démarrer dès le 20 août pour les cépages les plus précoces. A compter du 25 août, les vendangeurs seront à pied d’œuvre dans les parcelles du muscadet.

Un peu plus à l’est, sur les coteaux du Layon en Maine-et-Loire, Alexandre Cady est, lui aussi, confiant. "Traditionnellement, les années précoces sont plus qualitatives. On s’attend à une belle récolte en quantité et d’une belle qualité". Sur son domaine, en bio depuis 2011, la récolte manuelle des précieuses grappes démarrera début septembre et s’étalera sur six semaines.

Une douzaine de saisonniers ont été recrutés. "Les trois quarts de l’équipe font les vendanges pour la deuxième fois, des gens du voyage et des jeunes retraités". Les nouveaux venus sont des étudiants.

Dans la région de Clisson, les viticulteurs font traditionnellement appel à VALORE, un groupement d’entreprise pour recruter plus de 250 saisonniers durant la période des vendanges, des travailleurs étrangers, pour la plupart. Mais cette année, pour cause de Covid-19, la grande majorité d’entre eux ne viendront pas.

"On a de la chance, car cette année les vendanges sont très tôt, donc on a pu faire appel aux étudiants et aux lycéens. On a reçu énormément de candidatures", explique Stéphanie Bellec, de Valore. Les viticulteurs peuvent aussi compter sur les travailleurs roumains, installés dans la région. Issus du monde agricole, ils travaillent depuis 2014 dans les vignes.

La Covid-19 n’a pas épargné les viticulteurs

Certes, la prochaine récolte donne du baume au cœur aux viticulteurs mais tous font face à une perte commerciale importante en raison de l’épidémie de Coronavirus.

"On a eu deux mois d’arrêt de commercialisation pendant le confinement. Personne ne sortait et personne n’allait aux dégustations", souligne Christian Gauthier. Après l’annulation des salons professionnels au printemps, les viticulteurs craignent de nouvelles contraintes en cas de reprise de l’épidémie.

"La semaine qui a suivi le confinement, le téléphone ne sonnait plus, il n’y avait plus de mail, le black-out complet", confirme Alexandre Cady, qui vend 60% de sa production en vente directe aux particuliers. Il estime ses pertes commerciales entre 15 et 20% depuis le début de la crise.
"Paradoxalement, on n’a pas chômé, la vigne avait besoin de beaucoup d’attention, les salariés permanents ont toujours été en activité. Nous-mêmes, au lieu d’aller sur les routes faire du commerce, on s’est concentré sur nos vignes", ajoute-t-il. "Mais ce qui n’a pas été vendu ne se rattrapera pas !"

Edouard Massart, lui aussi, a vu ses ventes plonger depuis le début de la crise. Il s’attend à une perte de chiffre d’affaires de 30%. "On a développé la vente en ligne et la livraison à domicile sur la région nantaise. On livrait toutes les semaines, ça a très bien marché. Mais sans compenser les pertes. La morosité et la frilosité sont toujours là", s’inquiète le viticulteur.

Les Pays de la Loire comptent 1543 vignerons. 2,2 millions d’hectolitres de vins ont été produits en 2018, dont 55% de vins blancs.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
viticulture agriculture économie coronavirus santé société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter