Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire « homicides involontaires » dans l'enquête sur le crash du vol MS804 d'EgyptAir reliant Paris au Caire le 19 mai. Le directeur de l'usine Procter&Gamble à Amiens fait partie des soixante-six victimes.
L'information judiciaire est ouverte pour « homicides involontaires », a précisé le parquet, qui avait initié une enquête préliminaire le 19 mai.
L'hypothèse de l'attentat, initialement mise en avant par l'Egypte, a cédé du terrain au profit de celle de l'incident technique : des alertes automatiques avaient en effet été émises par l'appareil deux minutes avant sa chute, signalant de la fumée dans le cockpit et une défaillance de l'ordinateur gérant les commandes.
Outre les quarante passagers et membres d'équipage de nationalité égyptienne et quinze Français, l'avion transportait deux Irakiens, deux Canadiens, ainsi que des ressortissants d'Algérie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Tchad, du Portugal, d'Arabie saoudite et du Soudan.
Il s'était abîmé entre la Crète et la côte nord de l'Egypte. Après près d'un mois de recherches, les deux boîtes noires de l'Airbus A320 ont été repêchées mi-juin « en morceaux », mais, dans les deux cas, les équipes de recherches ont pu récupérer « la partie la plus importante de l'enregistreur, qui contient la mémoire de l'appareil », selon la commission d'enquête égyptienne. Leur examen a débuté le 19 juin.
« On ne peut pas exclure que l'exploitation des enregistreurs prenne un certain temps. Il est nécessaire que les familles puissent se constituer parties civiles », a relevé une source judiciaire.
Les enquêteurs égyptiens sont épaulés dans leur travail par les experts français du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) et du constructeur européen Airbus, ainsi que par un représentant du Bureau national de la sécurité des transports (NTSB) américain, parce que les moteurs sont fabriqués par un consortium comprenant une compagnie américaine, et un expert dépêché par le fabricant américain des boîtes noires.