La responsable d'une crèche clandestine à Marseille devant la justice

La responsable d'une crèche clandestine, où 15 à 25 enfants étaient gardés dans un appartement de 50 m2, comparaît lundi devant le tribunal, avec en toile de fond un débat sur une pénurie de places d'accueil des tout-petits.

Cette ancienne infirmière de 59 ans, prénommée Monique, avait été placée en garde à vue le 27 juin avant d'être relâchée. Son procès, qui devait se tenir initialement le 24 août, avait été renvoyé.

Elle est poursuivie pour "travail dissimulé", "création sans autorisation d'un
établissement de service d'accueil d'enfants de moins de six ans" et "non-respect des obligations de contrôle et de conformité d'établissements recevant du public". Des charges initiales de "mise en danger d'autrui" ont finalement été abandonnées.
Avec une employée, elle s'occupait des bambins, âgés de six mois à trois ans,
pour 17 euros par jour et par famille. Dans l'appartement, disposant d'une cour intérieure de 30 m2, avaient été installés huit lits et sept transats.
 

Dénonciation anonyme

Les policiers de la brigade du travail dissimulé de la Sûreté départementale étaient intervenus en collaboration avec la PMI (Protection maternelle et infantile, qui dépend du conseil général, ndlr), après avoir été alertés sur dénonciation anonyme.
Lundi, à l'audience, l'avocat de la prévenue, Me Christophe Pinel, entend plaider "la bonne foi" de sa cliente, qui est "anéantie" et, depuis son interpellation, "sans ressources". La structure de garde n'avait pas d'agrément, mais "tout était transparent: l'Urssaf (le collecteur des cotisations sociales, ndlr) était au courant, des bulletins de salaires étaient édités et des contrats signés avec les parents", fait valoir le conseil, pour qui "il n'y a pas de travail dissimulé" dans le dossier de sa cliente, qui encourt trois ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Un seconde crèche

Une seconde crèche illégale avait été démantelée fin juillet dans le centre de
Marseille, dont la responsable, Hélène, 60 ans, comparaîtra le 5 novembre devant le même tribunal, pour des faits de "travail dissimulé", "fraude fiscale" et "escroquerie à la Caisse d'allocations familiales". Cette femme gardait, sans agrément elle aussi, jusqu'à 14 enfants dans son appartement de 140 m2 situé sur la Canebière.

Ces deux affaires ont relancé le débat sur une pénurie de places d'accueil des tout-petits à Marseille, dont se défend la municipalité. Outre les structures illégales, "la garde au noir pullule, d'un, deux ou trois enfants. C'est la réalité quotidienne" à Marseille, selon Morgane Turc, l'adjointe, en charge de l'enfance, du maire (PS) du 1er secteur.

La réaction de l'UMP

La majorité municipale UMP rétorque que, depuis son arrivée en 1995, le nombre des places collectives à Marseille, tous modes de garde confondus, a plus que doublé, à 15.728, dont 2.756 dans les 63 crèches municipales.
Selon des sources proches du dossier, d'autres crèches illégales à Marseille
étaient dans le collimateur des enquêteurs, mais la polémique née du démantèlement des deux premières aurait coupé court aux investigations.

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