Ski de vitesse à Vars : ces casse-cou qui domptent la peur à 250 km/h

Les images sont toujours à couper le souffle: équipés d'un casque profilé et d'ailerons fixés derrière les mollets, les skieurs, comme gantés dans leur combinaison aérodynamique, s'élancent du sommet de pistes aussi rapides que vertigineuses. Celle de Vars offre une inclinaison unique de 98%.

Karine Dubouchet-Revol - photo Afp- Gérard Julien
Karine Dubouchet-Revol - photo Afp- Gérard Julien
"On a cette réputation d'être des "tarés", mais c'est un sport où tout est calculé": Karine Dubouchet, 41 ans, une des meilleures mondiales, est avec Simon Billy, 21 ans, de ces skieurs de l'extrême qui domptent leur peur pour flirter avec les 250 km/h. Chez les femmes, le record du monde (242,59 km/h) appartient à la Suédoise Sanna Tidstrand, et chez les hommes à l'Italien Simone Origone. "Elle n'a peur de rien", dit Karine Dubouchet de sa rivale suédoise . "Elle dit que quand elle est sur la piste, elle disjoncte le cerveau, moi je ne l'ai jamais fait", ajoute la Savoyarde, forte d'un record personnel à 242,26 km/h.

"Verrouiller", un effort hors du commun

Simon Billy, l'un des deux fils de Philippe Billy, pionnier et ex-star de la discipline, assure lui qu'il n'a "jamais peur" et n'a "jamais renoncé à prendre un départ". "La tension se transforme en adrénaline et il y a derrière nous beaucoup de préparation, on maîtrise", confie à l'AFP l'aîné des frères Billy, né à Vars, et qui connaît "presque par coeur la piste de Chabrières" de Vars.

 

Simone Origone - photo Afp - Gérard Julien
Simone Origone - photo Afp - Gérard Julien
Comme pour la Formule 1, le ski de vitesse est un savant dosage de préparation physique et de recherche technologique. "Nous suivons un gros travail de gainage et de musculation", explique Philippe Billy qui, à 47 ans, s'est reconverti dans l'immobilier et veille jalousement sur la carrière de ses deux fils. "La différence se fait dans la capacité à maintenir la position de recherche de vitesse le plus longtemps possible pendant les 100 mètres du chronométrage, explique Karine Dubouchet. Il faut contracter musculairement, ce qu'on appelle "verrouiller", on ne respire pas, il ne faut plus bouger et cela demande une forme physique hors du commun"

Le recordman du monde italien, Simone Origone, "est passé de 82 à 91 kilos, mais au prix de beaucoup de musculation", illustre encore Philippe Billy, pour qui "30% de la performance réside ensuite dans la technologie". Pour développer leurs propres casques ou ailerons profilés, les Billy travaillent avec la soufflerie de Magny-Cours, qui était celle d'Alain Prost en Formule 1.

Simone Origone - photo Afp - Gérard Julien
Simone Origone - photo Afp - Gérard Julien


Limite de 270 km/h pour les Billy

"Nous y avons validé la semaine dernière un nouveau casque, qui va permettre à 140 km/h un gain de 1 km/h. On peut donc estimer qu'à 240 km/h, on peut gagner 3 km/h", explique le père. La famille travaille aussi sur le choix des skis -fournis par la marque autrichienne Atomic-, la structure sous le ski ou encore le fart.
Si la piste de Vars est actuellement l'une des plus rapides du monde, jusqu'à
quelle vitesse pourront un jour aller les skieurs ? "Les limites, je pense que
la génération qui arrive va les repousser. Pour mes fils, la limite ce sera 270
km/h
", assure Philippe Billy.
Pour ce faire, il faudra travailler "sur le matériel et l'aérodynamique. Mais
la 2e limite, c'est la piste. Dans l'histoire du ski de vitesse, quand on a exploité
le maximum de la piste, on en cherche une autre
".

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