La visite de Jean-Marc Ayrault sous des airs de campagne électorale

Le parti socialiste aimerait ravir à la droite la deuxième ville de France. Et le Premier ministre entend jouer son rôle de chef de la majorité. Il est venu annoncer une enveloppe de trois milliards d'euros pour Marseille. Des mesures qui font grincer des dents à la mairie.

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A Marseille, enjeu majeur pour les socialistes aux municipales, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault est venu annoncer vendredi un vaste plan
d'investissements d'au moins trois milliards d'euros, immédiatement dénoncé par l'actuel maire UMP Jean-Claude Gaudin.

Ce déplacement n'est qu'une tournée électorale destinée à soutenir le candidat socialiste"

a jugé M. Gaudin. Selon lui, les annonces "sont avant tout la reconnaissance et la poursuite de projets que je porte, depuis longtemps, avec ma municipalité".

Le choix des citoyens

Le Premier ministre s'est défendu de tout coup de pouce électoral, jugeant que "pendant des années, on avait abandonné Marseille" et s'étonnant
par exemple, qu'aucune étude n'ait été réalisée sur l'extension du métro. "Les citoyens feront leur choix" au moment du scrutin, a-t-il balayé.
N'empêche: pendant toute sa visite, Patrick Mennucci, le candidat socialiste, s'est affiché auprès du Premier ministre, tout comme Samia Ghali, finaliste malheureuse à la primaire ou encore Eugène Caselli, l'un des autres candidats à cette primaire.


Photos de famille

Photos de famille, visite dans le secteur dont M. Mennucci est maire, halte dans un café sous une nuée de caméras, la visite du Premier ministre avait des airs de campagne. Cadeau électoral, ce plan ? "Cette aide, les Marseillais la jugeront comme ils veulent", s'est lui aussi défendu M. Mennucci, qui qualifie régulièrement M. Gaudin de maire "endormi".

C'est la première fois qu'une ville française obtient une aide de cette nature"


a jugé l'élu socialiste, tandis que Samia Ghali assurait: "C'est une très belle journée pour Marseille et les Marseillais!".

Le PS veut ravir la seconde ville de France

Le PS veut ravir la deuxième ville de France à l'UMP, qui la gère depuis trois mandats. En privé, de nombreux socialistes soulignent qu'une victoire à Marseille permettrait de masquer d'éventuelles défaites ailleurs. D'ailleurs, M. Ayrault, arrivé jeudi, a mobilisé les troupes lors d'un dîner avec les responsables PS de Marseille, leur lançant: "vous n'avez pas le droit d'échouer".


Difficile de dire que l'on vient de la Castellane

Dans l'après-midi, M. Ayrault est venu défendre son plan à La Castellane, une de ces cités des quartiers Nord criblée de chômage (42%) qui fera l'objet d'investissements et de projets sociaux nouveaux. Après avoir écouté le témoignage d'une jeune femme de 22 ans expliquant lors d'une rencontre au centre social comment "un employeur potentiel du centre de Marseille avait été vachement refroidi en apprenant" qu'elle venait de ce quartier, M. Ayrault
s'est voulu solennel :

Il faut se battre contre la discrimination et les stéréotypes. Cela me choque. On est en République. La revendication de l'égalité des droits, c'est légitime".


'Priorité', le désenclavement de la gare Saint-Charles

Les mesures du plan pour l'agglomération portent sur tout un panel de secteurs, mais avant tout sur les transports. "Priorité", selon M. Ayrault: la réalisation d'"une gare souterraine à Saint-Charles, soit 2,5 milliards d'euros d'investissement".
Le doublement de la ligne ferroviaire Aix-Marseille, le soutien de l'Etat à la prolongation du métro pour désenclaver les quartiers Nord ou encore le transport automatique entre la gare de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et l'aéroport de Marignane, sont d'autres chantiers.
La part de l'Etat proprement dite, dans la réalisation du projet gare Saint-Charles, s'élèvera à 800 millions. Au total, 1,23 milliard de crédits d'investissement de l'Etat sont prévus pour la mobilité et les transports métropolitains.

80 policiers supplémentaires

M. Ayrault a également annoncé un plan "d'urgence" avec des mesures concernant la sécurité (80 policiers supplémentaires début 2014), l'emploi (53 agents Pôle emploi en plus, 500 emplois d'avenir), la rénovation urbaine, dont les crédits iront en priorité aux quartiers "non traités", la santé, l'éducation, le sport et les crèches (1.000 places supplémentaires créées).

La métropole Aix-Marseille

Le Premier ministre a voulu aussi rassurer sur le futur projet de métropole Aix-Marseille, qui prévoit la création d'une nouvelle entité se substituant aux six intercommunalités existantes. Alors qu'une partie des maires des Bouches-du-Rhône, dont 109 sur 119 sont hostiles à la métropole, craignant de "fortes hausses de la fiscalité locale", s'était réunie devant la préfecture, le Premier ministre, dans une interview à La Provence, a pris "l'engagement", sur la taxe d'habitation et la taxe foncière que "l'harmonisation étalée sur 12 ans pour les ménages soit insensible". Il a annoncé 50 millions d'euros de dotation complémentaire pour la future métropole.
"Ce qui a été dit est porteur d'un changement d'attitude", a réagi le maire de Mimet (Bouches-du-Rhône), Georges Cristiani, porte-parole de l'union des maires du département. M. Ayrault, accompagné des ministres François Lamy (Ville), Frédéric Cuvillier (Transports), Marylise Lebranchu (Réforme de l'Etat) et Marie-Arlette Carlotti (Handicapés), a terminé sa visite à l'université d'Aix-Marseille, rencontrant des chercheurs en sciences sociales.
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