Les Corses invités à accrocher vendredi un drapeau à tête de Maure aux fenêtres et balcons

Cette opération "Una Casa Una Bandera" (Une maison, un drapeau) a été lancée par la coalition nationaliste Femu a Corsica (Faisons la Corse, 11 élus sur 51 à l'Assemblée de Corse) pour réagir aux polémiques nées autour de l'interdiction par lé Ligue de football professionnel (LFP) de la "bandera" sur des stades. / © Compte twitter AC Ajaccio
Cette opération "Una Casa Una Bandera" (Une maison, un drapeau) a été lancée par la coalition nationaliste Femu a Corsica (Faisons la Corse, 11 élus sur 51 à l'Assemblée de Corse) pour réagir aux polémiques nées autour de l'interdiction par lé Ligue de football professionnel (LFP) de la "bandera" sur des stades. / © Compte twitter AC Ajaccio

Ceci pour marquer leur attachement à ce symbole de leur identité. La polémique est née lors d'un match de L1 entre Nice et Bastia, le 18 octobre à Nice, quand le préfet des Alpes-maritimes a interdit par un arrêté, avant de devoir rectifier son texte, tout emblème de la Corse aux environs du stade.

Par Olivier Le Creurer avec l'AFP

Les Corses sont invités à accrocher vendredi un drapeau à tête de Maure aux fenêtres et balcons de leurs domiciles, magasins, entreprises, bureaux et édifices publics pour marquer leur attachement à ce symbole de leur identité.

Interdiction de la bandera sur les stades

Cette opération "Una Casa Una Bandera" (Une maison, un drapeau) a été lancée par la coalition nationaliste Femu a Corsica (Faisons la Corse, 11 élus sur 51 à l'Assemblée de Corse) pour réagir aux polémiques nées autour de l'interdiction par la Ligue de football professionnel (LFP) de la "bandera" sur des stades. L'initiative, à laquelle les Corses du continent sont invités à participer au-delà de toute opinion politique, a été présentée cette semaine à l'Université de Corse, à Corte, lors d'une réunion avec des clubs sportifs, des associations, des organisations estudiantines et des élus.

"La bandera appartient à tous les Corses. C'est le symbole de notre identité auquel nous voulons réaffirmer notre attachement et réagir, au delà du football, à cette nouvelle agression ",

a déclaré le dirigeant de Femu a Corsica, Gilles Simeoni, élu territorial et maire de Bastia.

De nombreux appartements, maisons, édifices, notamment les mairies, sont déjà pavoisés en permanence avec le drapeau blanc frappé de la tête de Maure.
Cette "bandera" fut adoptée comme emblème national durant l'indépendance de la Corse (1755-1769) avant que l'île ne fût cédée par la République de Gênes en échange de ses dettes envers la France. De nombreux insulaires, pour lesquels elle n'est nullement un emblème nationaliste, en possèdent une ou plusieurs chez eux.


Echauffourées sur la pelouse de Nice

La polémique est née lors d'un match de L1 entre Nice et Bastia, le 18 octobre à Nice, quand le préfet des Alpes-maritimes a interdit par un arrêté, avant de devoir rectifier son texte, tout emblème de la Corse aux environs du stade. A l'issue de la rencontre gagnée par Bastia (0-1), des échauffourées avaient eu lieu après que le gardien remplaçant de Bastia, Jean-Louis Leca, eut brandi un drapeau corse au milieu du terrain. Après ce geste, une centaine de supporteurs niçois s'étaient rués sur la pelouse. Des plaintes ont été déposées par le club corse.

Le SC Bastia et l'AC Ajaccio (L2) ont ensuite bravé une interdiction de la LFP d'arborer tout drapeau lors du protocole d'avant-match. Ainsi, vendredi dernier, lors d'un match à domicile contre Valenciennes, les enfants de l'AC Ajaccio accompagnant les joueurs entrant sur le terrain portaient chacun une "bandera". Le lendemain, le SCB en avait fait de même avant de rencontrer Monaco à Furiani.

"Stigmatisation"

La "stigmatisation", la "ségrégation" et le "racisme anti-corse", à travers certains propos notamment à la radio et à la télévision et dans le cadre des relations de travail, sont désormais quasi quotidiennement dénoncés dans les medias insulaires.

Les incidents autour du football et les consignes de la LFP ont été vivement dénoncés, non seulement par les nationalistes mais aussi par des partis et des élus de gauche, du centre et de l'UMP et dans l'ensemble de la société insulaire. Le député-maire UMP d'Ajaccio Laurent Marcangeli a ainsi souligné que "les pouvoirs publics doivent demander à la LFP de préciser au plus vite sa position sur la question".

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