Une équipe niçoise crée un test pour le dépistage précoce du cancer du poumon

Un simple test sanguin, et la tumeur devient détectable, des mois voire des années avant qu'elle ne soit visible sur un scanner. L'invention d'une équipe niçoise pourrait révolutionner la lutte contre le cancer du poumon.

L'équipe de Paul Hofman travaille dans les laboratoires de l'hôpital Pasteur du CHU de Nice (photo) et à l'Université de Nice Sophia-Antipolis.
L'équipe de Paul Hofman travaille dans les laboratoires de l'hôpital Pasteur du CHU de Nice (photo) et à l'Université de Nice Sophia-Antipolis. © France 3
Une petite révolution vient peut-être de naître à Nice. L'équipe du professeur Paul Hofman, du CHU de Nice et du centre de recherche de l'Inserm de l'université Nice Sophia-Antipolis, vient de publier ses travaux sur un nouveau test de détection du cancer du poumon.

Avec cette méthode, une simple prise de sang permettrait de détecter l'apparition de cellules tumorales circulantes. Comme leur nom l'indique, ces cellules cancéreuses circulent librement dans l'organisme avant de créer des métastases. Elles sont présentes dès les toutes premières phases de la maladie, des mois avant que la tumeur ne soit visible sur des scanners médicaux.

Cette avancée représente « une percée extraordinaire dans le domaine des cancers pulmonaires » selon l'équipe médicale. Ce test pourrait en effet permettre d'identifier les tumeurs suffisamment tôt pour que des interventions chirurgicales précoces aient toutes les chances de réussir. Aujourd'hui, le cancer du poumon est l'un des plus mortels, il n'est détecté à temps pour une intervention chirurgicale que dans 15% des cas.

La première étape d'un long processus
Pour éprouver son nouveau test, l'équipe de Paul Hofman l'a étudié sur 245 sujets sans cancers, dont 168 étaient des cas « à risque » (gros fumeurs atteints de broncopathie). Le test a détecté un cancer, avant que celui-ci ne soit visible, dans 5 cas. Tous ont ensuite développé une tumeur visible et ont pu être opérés avec succès.

Il s'agit seulement d'une première étape. La validité du test doit à présent être confirmée sur un échantillon beaucoup plus important. « Nous avons fait la preuve de concept. Il nous reste maintenant à la valider statistiquement à travers l'étude nationale que nous proposons » détaille Paul Hofman. Cette étude plus vaste pourrait concerner jusqu'à 5000 sujets. (Avec AFP)
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Nouveau dépistage du cancer du poumon

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