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France-Fidji à Marseille : les “Bleus devront tenir le ballon”

Philippe Saint-André / © Photo AFP
Philippe Saint-André / © Photo AFP

Le XV de France affronte aujourd'hui les Fidji au stade Vélodrome à Marseille. Pour accomplir sa mission, il devra Le XV de France devra s'appuyer sur la conquête pour contrôler la possession et ainsi empêcher les Fidjiens de faire parler leurs qualités individuelles.

Par Ghislaine Milliet

C'est une lapalissade, mais, davantage peut-être que contre toute autre nation, un match contre les Fidji se gagne devant, et d'abord en mêlée fermée, éternel maillon faible de la sélection du Pacifique.
Sa 1re ligne n'a ainsi pas de quoi effrayer celle des Bleus, puisqu'elle associera les piliers de Nottingham, en 2e division anglaise (Campese, Ma'afu), et du club roumain de Timisoara (Manasa Saulo), ainsi que le talonneur vétéran de Narbonne (Pro D2) Sunia Koto (34 ans).  Aux côtés de Nicolas Mas, l'encadrement des Bleus a privilégié les automatismes en club des Toulonnais Guilhem Guirado et Alexandre Ménini, également titularisés lors des deux derniers test-matches en Australie en juin, pour concasser les Fidjiens dans ce secteur.
L'alignement fidjien semble en revanche "pas mal du tout" d'après Guirado, avec notamment le 2e ligne des Glasgow Warriors Leone Nakarawa et le Briviste Domenike Waqaniburotu, "deux bons sauteurs qu'on a analysés". La 3e ligne 100% Top 14, composée outre Waqaniburotu, du Montpelliérain Akapusi Qera et du Lyonnais Masi Matadigo, est, elle, un solide alliage de puissance et de mobilité. Mais certes athlétique, le pack des Fidjiens, peu habitués à jouer ensemble, manque d'organisation collective.
L'utilisation des ballons portés peut aussi les mettre sur le reculoir.

Ne pas donner de ballons de relance

Les Bleus devront aussi être capables de tenir le ballon, de fixer la défense sur les deux ou trois premiers temps de jeu, particulièrement travaillés cette semaine à l'entraînement, et d'imposer de longues séquences de conservation. "Il faut garder le ballon, jouer propre et marteler devant, ça c'est sûr. Car avec les qualités et les "cannes" qu'ils ont, ils se nourrissent des pertes de balle: tu perds un ballon, tu prends un essai", analyse ainsi Sébastien Tillous-Borde, titularisé derrière la mêlée.

"Sur des turnovers, des ballons perdus, par des relances, ils sont capables de faire des choses extraordinaires"


abonde le centre Alexandre Dumoulin. Avoir un jeu au pied long et précis sera aussi l'une des clés pour éviter les fameuses relances des Fidjiens, qui adorent "le jeu désordonné", dixit le centre Wesley Fofana.
D'où, sans doute, le choix de titulariser Camille Lopez à l'ouverture, énormément amélioré dans le secteur, et Scott Spedding: "on cherchait un joueur avec un long jeu au pied après le forfait de Brice Dulin", a notamment expliqué Philippe Saint-André pour justifier le choix de faire appel à l'arrière de Bayonne.

Gagner les duels derrière

La réputation des trois-quarts fidjiens n'est plus à faire, et le trio infernal composé de l'ailier de Grenoble Alipate Ratini, meilleur marqueur du Top 14, de l'arrière bordelais Metuisela Talebula et du centre de La Rochelle Lepani Botia sera particulièrement à surveiller. Raffût, cadrage-débordement grâce à des appuis déroutants, passes après contact, la technique individuelle du trois-quart fidjien
est bien connue. Aussi faudra-t-il d'abord remporter les duels: "La clé va être une très, très grosse défense, d'abord homme à homme: il ne faut pas louper le moindre plaquage, et surtout pas le premier", souligne l'ailier Teddy Thomas.
Limiter la prise d'espaces des Fidjiens sera aussi une affaire collective: 

"Il va falloir collectivement essayer de les coincer vraiment pour éviter qu'ils'expriment individuellement"


souligne Fofana. La ligne de trois-quarts des Bleus devra donc rapidement trouver les repères communs qui lui manquent, puisque trois joueurs ne comptant aucune sélection (Dumoulin, Spedding et Thomas) seront alignés d'entrée.
"J'ai beaucoup demandé à Patrice (Lagisquet, entraîneur des arrières) comment me placer et faire pour les contrer le plus rapidement possible avec mes centres", révèle ainsi Thomas.
Reste une inconnue: la façon dont ces trois néophytes et la charnière Lopez/Tillous-Borde, qui n'a jamais joué ensemble et fait son grand retour en bleu, gèrera la pression.

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