DOSSIER. Une bactérie tueuse menace les oliviers de Provence

Publié le Mis à jour le
Écrit par Annie Vergnenegre
La bactérie Xylella Fastidiosa est apparue en Italie en 2013.
La bactérie Xylella Fastidiosa est apparue en Italie en 2013.

Après les ravages de la mouche de l'olive, les oléiculteurs de la région sont inquiets face à une nouvelle menace venue des Pouilles en Italie : la bactérie Xylella Fastidiosa. Cette bactérie mortelle, apparue pour la première fois en 2013, tue les arbres, sans aucun traitement possible. 

Xylella Fastidiosa. C'est son nom. Cette bactérie mortelle a fait son apparition en Italie en 2013. Elle assèche les arbres, les détruit, et il n'existe aucun traitement possible. Pour l'heure, aucun cas suspect n'a été détecté en France. Mais la menace plane. Les oléiculteurs provençaux se préparent à une lutte de longue haleine. Ils ne savent pas quand, ou ni comment. Mais une chose est sûre. Xylella Fastidiosa frappera. Un arrêté ministériel a été pris le 2 avril dernier et une veille sanitaire se met en place.

Le dossier de Laure Bolmont et Xavier Schuffenecker : 

durée de la vidéo: 04 min 23
La menace de la bactérie tueuse

Entretien avec Olivier Nasles, président de l'AFIDOL

F 3 : La contamination est partie d'une importation de plants de café du Honduras et du Costa Rica en Italie en 2013, aujourd'hui elle pourrait arriver en Provence par les oliviers italiens mais aussi par d'autres sources, n'importe où dans le monde, comment s'en prémunir? 
O.N : C'est très difficile de se prémunir contre une maladie bactérienne, quelle qu'elle soit. C'est une maladie qui existe depuis plus de 120 ans, elle a été identifiée en 1880, en Californie. Et depuis toutes ses années, elle se déplace à travers le monde. On sait qu'elle finira par venir chez nous. On ne sait par par où elle arrivera ni par quel vecteur... tout ce qu'on peut faire c'est se préparer à une longue lutte, car si elle vient chez nous, on en prend pour 30 ans... ce sera dévastateur.

F 3: Faut-il comme certains le prônent envisager un blocus végétal, un embargo des plantes vivantes venant des zones touchées? 
O.N : Aujourd'hui à l'échelle européenne, il n'y a pas plus de frontière. Bien sûr, il faut des passeports sanitaires.Mais croire qu'on va ériger une ligne Maginot contre la bactérie, c'est illusoire. 

F 3: Une réunion de crise est programmée le 18 mai à Aix-en-Provence avec tous les oléiculteurs du sud de la France, à quoi cela va-t-il servir?
O.N : Ce sont plus les techniciens que les oléiculteurs qui sont visés. ON est dans la préparation avant la bataille. On sait qu'il y a 9 chances sur 10 que d'ici un an ou deux ans on commencera à avoir des symptômes. Et l'objectif c'est d'informer nos techniciens de toute la France, de toute la zone oléicole française qui concerne 14 départements, des signes d'alerte, de la façon de réagir.. On met en place du réseau de laboratoires parce qu'il est important pour nous de pouvoir analyser très rapidement des échantillons pour savoir s'il s'agit de cette maladie ou pas. Car cette maladie est très difficile à identifier et à distinguer d'une autre cause de dessèchement. 

F 3 : Les oléiculteurs du sud doivent par ailleurs continuer à lutter contre les ravages de la mouche des oliviers? 
O.N: C'est pour nous aujourd'hui l'urgence absolue. On a perdu 30 millions d'euros de récoltes en 2014, on ne se relèvera pas si cette année on doit subir encore autant de pertes.
 

 

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