Air Cocaïne: les deux pilotes maintenus en détention

Publié le Mis à jour le
Écrit par Catherine Lioult
Pascal Fauret et Bruno Odos, les deux pilotes du Falcon 50, figurent parmi une dizaine d'autres personnes, dans l'affaire Air Cocaïne
Pascal Fauret et Bruno Odos, les deux pilotes du Falcon 50, figurent parmi une dizaine d'autres personnes, dans l'affaire Air Cocaïne © AFP

La cour d'appel d'Aix-en-Provence a décidé jeudi le maintien en détention de Bruno Odos et de Pascal Fauret, les pilotes mis en cause dans l'affaire Air cocaïne, soupçonnés d'avoir pris part à un vaste trafic international de drogue.

Bruno Odos et de Pascal Fauret, les pilotes mis en cause dans l'affaire Air cocaïne restent en détention. Ainsi en a décidé la cour d'appel d'Aix-en-Provence, qui devait statuer sur leur demande de mise en liberté.
Dans son arrêt, la chambre de l'instruction de la cour d'appel motive notamment sa décision par le risque de "concertation frauduleuse" entre les coauteurs présumés, la nécessité de nouvelles auditions et le fait que certaines personnes n'aient pas encore été interpellées.
Les deux hommes, après avoir fui la République dominicaine, avaient fait appel de leur placement en détention provisoire en France le 4 novembre.
La cour a également mis en avant l'existence d'un réseau de soutiens important leur ayant permis de fuir la République dominicaine "susceptible d'être à nouveau mobilisé" pour fuir la justice française. Et ce, d'autant que les deux pilotes n'ont pas déclaré d'adresses personnelles à leur retour en France, élisant domicile chez leur avocat.

Un risque de fuite pour l'avocat général

Lors de l'audience, ce mercredi, l'avocat général Marc Gouton avait requis ce maintien en détention, évoquant les "soutiens déterminés, mobilisés avec des moyens importants pour exfiltrer les pilotes de République dominicaine".
Il avait clairement évoqué un risque de fuite: "Voyant peut-être la perspective d'une lourde sanction, est-ce que ces mêmes moyens ne se mobiliseraient pas à nouveau pour une autre destination où le mandat d'arrêt international de la République dominicaine serait difficile à exécuter?", s'était-il interrogé.
Les deux pilotes avaient dû s'expliquer sur des SMS énigmatiques, d'éventuelles commissions proposées par les organisateurs de trois vols transatlantiques litigieux, et sur des valises chargées de cocaïne trouvées dans le Falcone 50 qu'ils pilotaient.
Lors de leur interpellation le 19 mars 2013 à Punta Cana, vingt-six valises contenant 700 kilos de cocaïne avaient été découvertes dans la soute et la cabine.

Pascal Fauret conteste toute implication

"Je ne fais pas partie d'une bande organisée, d'une mafia", avait affirmé Pascal Fauret. "Je conteste formellement mon implication, consciente ou inconsciente, directe ou indirecte, dans une entreprise criminelle. On m'a cassé, on m'a coupé les ailes."
Bruno Odos avait justifié leur fuite de République dominicaine où ils étaient assignés à résidence et sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur procès en appel. "J'ai quitté la République dominicaine pour quitter un pays qui ne nous a pas écoutés du tout et nous a condamnés injustement" à vingt ans de prison, avait expliqué le pilote, en rappelant que "pendant mille jours, sa vie familiale, ses 35 années passées dans l'aéronautique sans bavure, sans défaut, ont été mises à l'étouffoir".
Leurs avocats avaient proposé leur placement sous contrôle judiciaire, éventuellement avec un bracelet électronique, fournissant une promesse d'embauche pour Bruno Odos à mairie d'Autrans, dans le Vercors.

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