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ITER : la CGT dénonce l'esclavage moderne des “travailleurs low cost”

Les manifestants devant le site d'ITER. / © France 3 Provence Alpes
Les manifestants devant le site d'ITER. / © France 3 Provence Alpes

Près de 600 manifestants bloquent l'entrée d'ITER, à Saint-Paul-lez-Durance à l'appel de la CGT. Dans le cadre de cette journée nationale d'action, le syndicat dénonce les conditions de travail des "travailleurs low cost" employés sur le chantier du futur réacteur thermonucléaire.

Par Annie Vergnenegre

Manifestation devant ITER
Dès 6h00 et sous les flocons de neige, entre 200 salariés (selon la direction d'ITER) et 600 (selon la CGT) se sont donnés rendez-vous devant le site d'ITER ce jeudi matin entre Saint-Paul-lez-Durance. Les manifestants bloquent les accès et ont même pénétré sur le site du méthanier selon la CGT.
L'action s'inscrit dans le cadre d'une journée nationale à l'initiative de la fédération Construction Bois et Ameublement CGT contre "la dérèglementation du droit du travail avec la Loi Macron, les atteintes portées aux acquis sociaux". Le syndicat dénonce par ailleurs le recours aux "travailleurs low cost, sous payés, exploités, avec des conditions de vie et de travail misérable" "au mépris de la dignité humaine". 


A ce jour, sur le chantier d'Iter sont employés plus ou moins un demi-millier de travailleurs pour une grande majorité des salariés détachés sous-traitant de Vinci. Lorsque la montée en charge va intervenir ils seront plusieurs milliers",


a lancé le secrétaire général de la Fédération de la construction de la CGT, Serge Pléchot, devant les centaines de salariés venus de tout le sud de la France. 

(Ces) salariés dits +détachés+ ne sont pas nos ennemis. Ils sont les victimes  de ce système qui nous exploite, victimes de l'appétit vorace toujours plus féroce du capital",


a précisé le responsable syndical aux salariés massés devant les entrées gardées du vaste chantier international. 
Jeudi matin à l'embauche, les manifestant ont rencontré des salariés détachés "tchèques, polonais ou portugais".

Sur certains chantiers on a relevé des rémunérations pour des détachés de l'ordre de 2,5 euros de l'heure",


a indiqué à la presse M. Pléchot, expliquant que ces contrats avaient "l'apparence de la légalité" mais relevaient souvent "de l'esclavage moderne" si l'on tient compte du nombre d'heures réel effectuées par ces salariés.

En France (il y aurait) officiellement 170.000 salariés "détachés" sans compter les 300.000 salariés non déclarés, dont 200.000 dans le bâtiment",


a encore déclaré le responsable du secteur de la construction. 
Alors que le projet de loi Macron prévoit de nouvelles mesures pour lutter contre les fraudes au détachement, la CGT exige, a rappelé M. Pléchot, "que la sous-traitance soit limitée à deux niveaux maximum, que les prix des marchés pratiqués permettent d'appliquer le droit français, que la responsabilité du donneur d'ordre soit engagée et que les chantiers comme celui d'Iter soient accessibles aux syndicats avec une mise à disposition d'un local syndical". Une manifestation similaire était organisée simultanément par la CGT sur le Chantier du terminal méthanier de Dunkerque. 

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