A Valensole, le gel a endommagé la récolte d'amandes à venir

Par ces temps de confinement, VAQUI, votre émission en langue d'Oc, vous propose d'aller à la découverte de l'amande de Provence. Arrachés dans les années 1950 et remplacés par la lavande, aujourd'hui les amandiers reviennent en force. Une culture qui comporte ses propres risques, comme le gel.

 

La semaine du 23 mars a été fraîche en Provence, et sur le plateau de Valensole. Une nuit, le thermomètre est descendu à -2, les petites amandes ont résisté. La nuit suivante, il avait fait une petite pluie, et la température est tombée à -1, donc il a fait moins froid, mais du fait que les jeunes fruits étaient mouillés, ça a gelé. Jean-Pierre Jaubert, de l'entreprise Terraroma, nous explique que quand on est paysan, on reçoit des leçons tout au long de sa vie.

70% de la production est perdue

Dans ce cas-là, il aurait fallu mettre des ballots de lavande issus de la distillation de l'été dernier, tout autour du champ, et y mettre le feu. Cela aurait permi de gagner peut-être un seul degré, mais c'était suffisant pour éviter le gel.
Maintenent, c'est trop tard, on sait que 70% de la production est perdue.

Comme partout, dans l'agriculture, le confinement oblige à des adaptations. L'entreprise Terraroma de Valensole a arrêté la vente directe. "On regarde pousser", me dit Jean-Pierre avec un brin d'amusement dans la voix. C'est sûr, on vit à un autre rythme. On prend conscience que d'habitude on a un rythme de fadas, tous. Bon, on ne s'ennuie pas pour autant. On entretient les machines.

L’amandier, culture traditionnelle en Provence

La culture de l’amande est profondément liée à l’histoire agricole de la Provence. Avant la guerre de 14/18, la Provence était l’un des plus gros producteurs d’amandes au monde. On en exportait beaucoup.

Quand èri pichonet, me sovèni que mi gens parlavan di problèmas de l’ametlier.
Lorsque j'étais petit, je me souviens que dans ma famille on parlait toujours des problèmes de l'amandier.
 

A Valensole, Jean-Pierre Jaubert, de l’entreprise Terraroma se souvient des inquiétudes récurrentes dans sa famille concernant les risques de pertes car les variétés traditionnelles étaient très sensibles aux gelées et au déficit hydrique. Dans les années 1950 on a commencé à arracher les amandiers pour des raisons de rentabilité.

La culture de l’amandier aujourd’hui

L’image de produit diététique de l’amande fait qu’elle a le vent en poupe.
A l’heure actuelle, nous consommons en France 30.000 tonnes d’amandes par an. En 2014, nous en produisions 300 tonnes. En 2017, la France est classée 24ème producteur mondial, loin derrière les USA.

Un aubre que demanda ben de trabalh.
Un arbre qui demande beaucoup de travail.
 

Devant ce constat, certains se sont lancés dans la culture de l’amandier. C’est le cas de Jean-Pierre Jaubert, à Valensole. Il a planté 16.000 arbres. Les nouvelles variétés sont plus adaptées aux problèmes classiques. Elles fleurissent plus tardivement et ont donc davantage de chances d’échapper aux gelées nocturnes. Les arbres sont à l’arrosage, ils reçoivent des engrais organiques : fumier de poules et algues marines de Bretagne.  Il reste le fait que les amandiers demandent beaucoup de main d’œuvre pour la taille et pour la récolte.
Le prix de vente dépasse de 2 ou 3 euros celui de l’Espagne ou de la Californie.

Les projets pour l’amandier

André Pinatel, le Président du Syndicat des Producteurs d’Amandes de Provence, nous explique que puisqu’on ne peut pas rivaliser en quantité avec d’autres pays dans le monde, on essaie de rivaliser sur la qualité.
Lorsque le plan de plantation de 200 hectares par an pendant 5 ans sera atteint, on pourra mettre en place une Appellation d’Origine Provence. Pour les amandiers plantés ailleurs qu’en Provence, on va mettre en place une IGP (Indication géographique protégée). L’idée est que les amandes françaises en général soient sous le signe de la qualité.

Valorisation de l’amande

Quand siam au pessaire, siam ben !
Lorsque nous en sommes à l'étape du cassoir, c'est un soulagement !
 

L’entreprise familiale Jaubert possède un cassoir d’amandes. A cette étape-là de la production, tout le monde est soulagé car libéré des risques liés à la météo. En une heure, la machine casse une tonne de coques et libère 250 à 270 kilos d’amandes. Elles sont triées par la machine, puis passent à un dernier tri manuel. La production de 2019 a été d’environ 35.000 kilos.
          

Ces amandes sont vendues sur place dans la boutique Terraroma de Valensole ainsi qu’à des distributeurs locaux. Une partie de ces amandes sert à fabriquer les produits cosmétiques de l’Occitane car elles contiennent une molécule très intéressante pour les produits de beauté.

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A dimenche per Vaqui !
 
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