VIDEO. Alpes-Maritimes : opération village mort à Saint-Paul-de-Vence ce mercredi 8 septembre

L’association des commerçants de Saint-Paul-de-Vence dans les Alpes-Maritimes dénonce les difficultés financières et l’indifférence du gouvernement. Certains commerçants affichent des pertes de 50 % de leur chiffre d'affaires. Ils demandent un classement en ZTI, Zone Touristique Internationale.

Ce n'est pas une nouvelle oeuvre d'art contemporain mais un cri de colère des commerçants de ce village d'artistes. 

A Saint-Paul-de-Vence, l'opération journée noire a commencé depuis plusieurs jours. Ce 8 septembre, 350 mètres de tissu noir sont venus recouvrir les magasins et les monuments comme la célèbre fontaine de la rue Grande. Un emballage à la Christo.

Une affiche de 4 mètres par 4 mètres a orné le village. Les 60 commerces étaient fermés ce mercredi, ils se sont drapés de noir en signe de protestation. 

Images réalisées ce mercredi matin par Emmanuel Felix :

Le but n'est pas de défigurer ce village d'artistes mondialement connu qui a vu passer Matisse, Picasso et Chagall. Sans oublier les comédiens et stars qui avaient leurs habitudes à l'hôtel-restaurant de la Colombe d'Or. 

L'idée est d'alerter l'opinion publique sur les commerces qui n'ont pas perçu suffisamment d'aides car ils ne sont pas considérés comme des magasins vivant du tourisme.

Une alerte relayée sur les réseaux sociaux et via une pétition en ligne qui a déjà recueilli 348 signatures. 

"Village mort"

"On veut montrer à quoi ressemblerait un village mort si on continue d’être ignorés", lâche Aurélie Messina, présidente de l'association des commerçants et gérante du commerce de prêt-à-porter "Les Secrets de Saint-Paul", se bat pour auprès des pouvoirs publics pour être classée en Zone Touristique Internationale (ZTI).

Ce classement permettrait de bénéficier du plan de soutien au secteur touristique, "comme les villes de Nice, Cannes, Cagnes-sur-Mer, Saint-Laurent-du-Var et Antibes."

Elle explique : "C'est désespérant ! Il y a des gens qui ont vendu leur voiture, vidé leur compte épargne. On nous a empêchés de travailler et on a vu qu'ils arrêtaient certaines aides à partir de septembre".

La commerçante a choisi de s'installer dans ce village très touristique il y a 10 ans, elle employait 4 personnes. Mais face aux confinements successifs, elle n'a plus qu'une seule employée. La saison a été très mitigée pour certains.

Elle doit payer un loyer important et réalise 70 % de son chiffre d'affaires avec une clientèle internationale. 

Chiffre d'affaires en baisse

Malgré le manque de touristes étrangers, certains commerçants ont bien travaillé mais d’autres ont manqué de clientèle. 

Elle redoute que certains commerçants ferment définitivement boutique. Car pour l'état, seul le code d'enregistrement compte, le code APE (activité principale exercée). En clair : les galeristes, boutiques de souvenirs, cavistes, marchands de bonbons peuvent faire partie du plan de soutien mais pas les boutiques de vêtements.

Aurélie Messina enregistre une baisse de plus de 50% de son chiffre d'affaires. En 2019, elle faisait environ 500.000 euros hors taxe de chiffre sur l’année.

En 2020, 170.000 euros.

Elle s'indigne : 

on ne veut pas passer pour des syndicalistes de la Côte d'Azur, on réclame justice. On veut être traités comme les entreprises du tourisme international ! (...) Saint Paul, est connu dans le monde entier mais ignoré par notre gouvernement.

Aurélie Messina, présidente de l'association des commerçants de Saint-Paul-de-Vence .

"Ça fait un an qu'on a un trou dans la raquette"

Des actions ont été menées auprès des élus, pour l'instant sans succès. Même le maire qui assure son premier mandat, Jean-Pierre Camilla (SE), n'arrive pas à avoir de réponse.

Un courrier a été adressé à la députée Laurence Trastour-Isnart qui l'a transmis au ministre délégué aux PME, Alain Griset.

Depuis un an, la municipalité soutient ses commerçants et travaille avec la sous-préfète. Ils ont aussi reçu le soutien du Conseil régional du tourisme. Mais le dossier pour la ZTI piétine.

Pour la présidente de l'association, la situation est surtout inégale car certains sont dans déjà dans cette zone et d'autres non :

Ça fait un an qu'on a un trou dans la raquette. La Zone Touristique Internationale, les parfumeurs de Grasse, les confiseurs Florian l'ont obtenue et pas nous ! Il y aura des plans de relance pour les zones les plus touchées, mais pas nous ! Actuellement, pour les commerces qui ne se trouvent pas dans cette zone, on ne dépasse pas les 1.500 euros par mois, sauf quand on est confinés.

Aurélie Messina, présidente de l'association des commerçants de Saint-Paul-de-Vence.

Saint-Paul-de-Vence en chiffres 

La mairie souhaite que ce dossier aboutisse rapidement afin que les commerçants puissent passer l'année le plus sereinement possible.

Et ne plus voir de voile noir sur le village d'artistes. 

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