Un agent immobilier condamné et le château de la Garoupe confisqué par la justice à Antibes

Le château de la Garoupe, situé en plein coeur du Cap d'Antibes. / © MAX PPP
Le château de la Garoupe, situé en plein coeur du Cap d'Antibes. / © MAX PPP

Un agent immobilier des Alpes-Maritimes a été condamné à un an de prison avec sursis et à des lourdes amendes dans le cadre d'une opération suspecte de blanchiment avec la Russie.

Par C.L AVEC L'AFP

C'est l'épilogue d'un dossier qui est devant la justice depuis plus de 15 ans. Le 25 octobre dernier, la cour de cassation a donc confirmé la peine d'un agent immobilier des Alpes-Maritimes.  Jean-Louis Bordes, le seul à comparaître dans l'affaire de blanchiment d'argent russe sur la Côte d'Azur impliquant l'ancien oligarque russe Boris Berezovski mort en 2013, est donc condamné à un an de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende, assortie d'une amende de 500.000 euros pour sa société, la Sifi, basée près de Monaco, et de la confiscation du château de la Garoupe sur la presqu'île d'Antibes. 

Un dossier de blanchiment présumé


Le 25 novembre 1998 : Boris Berezovsky à droite. / © MAX PPP
Le 25 novembre 1998 : Boris Berezovsky à droite. / © MAX PPP

Boris Berezovski était l'un des premiers nouveaux riches russes à avoir jeté son dévolu sur le Cap d'Antibes, où le milliardaire Souleïman Kerimov est soupçonné par la justice française voir acheté plusieurs villas d'exception
sous un prête-nom et pour des montants sous-déclarés. Jean-Louis Bordes, 80 ans, était alors agent immobilier. Il avait été condamné à Marseille à deux ans de prison avec sursis. Sa peine avait été réduite en appel le 8 décembre 2015 à un an de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende, assortie d'une amende de 500.000 euros pour sa société, la Sifi, basée près de Monaco, et de la confiscation du château de la Garoupe sur la presqu'île d'Antibes.

Pas d' "obligation de vigilance" à l'époque, répond Jean-Louis Bordes



Lors du procès à Marseille, les avocats de M. Bordes avaient plaidé la relaxe de leur client, estimant notamment qu'à l'époque des faits, il n'y avait aucune "obligation de vigilance" sur les opérations suspectes de blanchiment. Pour l'accusation, M. Bordes avait été au contraire "omniprésent et ne pouvait pas ignorer les conditions dans lesquelles il demandait les fonds, et d'où les fonds arrivaient".
Eminence grise de Boris Eltsine, tombé en disgrâce à l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, Boris Berezovski s'était réfugié en 2001 en Grande-Bretagne. Il y est mort en 2013, dans des circonstances restées floues.


Un dossier compliqué pour la justice 


La justice française, sollicitée par la Russie, a mis plus de 10 ans à démêler un entrelacs de sociétés dans le monde entier et retracer les flux d'argent ayant servi à l'acquisition pour 8,4 millions d'euros, via la société Sifi gérée par Jean-Louis Bordes, du château de la Garoupe, en décembre 1996 puis l'année suivante, de la propriété voisine Le Clocher de la Garoupe acquise pour 13,5 millions. En 2001, l'oligarque russe était devenu propriétaire d'une autre villa pour un prix de 11,5 millions d'euros et un terrain évalué à 1,3 million.

Le cap d'Antibes au coeur d'une affaire de blanchiment d'argent sale russe
Auteur: Laurent Verdi

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Découvertes archéologiques de l'INRAP à Marseille.

Près de chez vous

Les + Lus