Antibes : le parc Marineland directement visé par le projet d'interdiction de détention des animaux sauvages d'ici 5 ans

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Écrit par Jacqueline Pozzi
Le parc Marineland à Antibes a rouvert au public en juin 2021 après des mois de fermeture pour raisons sanitaires.
Le parc Marineland à Antibes a rouvert au public en juin 2021 après des mois de fermeture pour raisons sanitaires. © Patrice LAPORIE/NICEMATIN/MAXPPP

Sénateurs et députés viennent de tomber d'accord sur un texte contre la maltraitance animale, qui va être soumis au vote. Il prévoit la fin des animaux sauvages dans les parcs animaliers. Le coup de grâce pour Marineland ?

Le texte n'est pas encore voté définitivement. Mais jeudi 21 octobre, dans la nuit, un grand pas a été franchi vers l'adoption d'une loi « visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes ».

Après un passage en première lecture à l'Assemblée Nationale et au Sénat, et un constat de désaccord entre les deux chambres sur de nombreux points, une commission mixte paritaire a été chargée d'élaborer un texte de compromis. C'est chose faite.

Interdiction d'ici 5 ans

Point emblématique de cette proposition de loi : l'article 12, portant sur l’interdiction progressive de la détention d’animaux sauvages dans les cirques itinérants et dans les delphinariums. En France, deux parcs animaliers marins sont directement visés : Planète Sauvage près de Nantes et Marineland à Antibes. En tout, ils abritent à l'heure actuelle 4 orques et 21 dauphins.

Côté Assemblée Nationale, les députés avaient dans un premier temps opté pour une interdiction des orques dans deux ans et des dauphins dans sept ans. Mais le Sénat avait largement tempéré ces deux mesures, au grand dam des associations de défense des animaux.

La commission composée de sept députés et sept sénateurs a finalement transigé pour une interdiction de détention d’ici cinq ans.

Loïc Dombreval, député LREM de la circonscription de Vence, coauteur de la proposition de loi, se félicite :

Les défenseurs des animaux, qui se sont mobilisés à de nombreuses reprises ces dernières années contre la captivité des animaux sauvages à Marineland, se félicitent également du contenu de ce texte, à l'image de l'association C'est Assez ! :

Quel avenir pour Marineland ?

Si le Parlement adopte cette proposition de loi, Marineland a-t-il toujours un avenir ?

Le texte ne signe pas forcément l'arrêt de mort du parc.

Marineland va devoir complètement revoir sa façon de faire avec les animaux.

Loïc Dombreval, coauteur de la proposition de loi.

Le député, que nous avons joint, s'explique :

Il sera autorisé d'avoir des dauphins dans des parcs aquatiques si ces parcs mettent en oeuvre des programmes de recherche validés par l'Etat ou par l'Europe.

Ce volet "recherche" de ses activités est d'ores et déjà mis en avant par le parc Marineland, qui met en ligne, sur son site internet, la liste de ses publications scientifiques. Le parc, dont la direction n'a pas souhaité nous répondre à ce stade, continue ses communications auprès du grand public sur le thème du bien-être de ses animaux :

 

Quoi qu'il en soit, le parc disposera d'un délai.

Il va y avoir une transition de cinq ans, pendant laquelle les parcs aquatiques comme Marineland seront accompagnés économiquement, socialement. Il faudra les aider à se reconvertir, à la fois pour le personnel et pour les installations.

Loïc Dombreval

La proposition de loi contre la maltraitance animale sera soumise au vote le 15 novembre prochain.

 

 

Les autres points de la proposition de loi contre la maltraitance animale
  • Cirques : interdiction des animaux sauvages dans un délai de sept ans après la promulgation de la loi, à condition que des solutions adaptées au bien-être des animaux existent.
  • Animaleries : la vente de chats et chiens en animalerie sera interdite à l'horizon 2024. Avec une exception pour les animaux issus des refuges. Les animaux ne pourront pas être installés dans des vitrines donnant sur la rue.

  • Vente en ligne : création d'un label pour les sites hébergeurs de petites annonces.

  • Fourrure : l’interdiction de l’élevage d’animaux sauvages uniquement pour leur fourrure, comme les visons d’Amérique, a été retenue.

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