Les vélelles de retour sur les plages : trois questions pour tout savoir sur cette espèce inoffensive mais très odorante

Comme chaque printemps, cette petite espèce de la même famille que la méduse, mais en bien moins urticant, est de retour sur nos plages en Provence Alpes-Côte d'Azur. Un océanologue nous a tout dit de la vélelle.

Joko Peltier, responsable du centre d'Antibes de l'association Project Rescue Ocean, qui a l'habitude d'arpenter les plages pour les nettoyer de leurs déchets, les a repérées il y a déjà deux semaines, plage de la Garoupe à Antibes et le long du sentier du littoral : les vélelles. 

Comme chaque printemps, ce petit organisme de la même famille que les méduses est venu s'échouer en nombre sur les côtes, avec parfois des plages entièrement violettes, recouvertes de vélelles. 

Habitué, Joko Peltier recommande de plutôt les enterrer si elles dérangent et de ne surtout pas les jeter dans les poubelles de plage, "elles servent d'aliments à plein de micro-organismes". 

Pour aller plus loin, nous avons posé trois questions à Fabien Lombard, océanologue au Laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-Mer

Pourquoi s'échouent-elles sur les plages en ce moment ?

Fabien Lombard : "les vélelles vivent à la surface entre l'air et l'eau, elles ont des petites voiles qui leur permettent de rester en mer. Seulement quand le vent s'inverse, cette petite voile se retourne contre elles et elles se font emporter jusque sur les plages. Ce qui explique ces grandes quantités retrouvées en même temps. 

Quant à la période de l'année, c'est justement parce qu'elles ont pu atteindre ce stade de développement avec leur petite voile en ayant mangé le plancton suffisant. Ce plancton arrive avec la floraison printanière, ou bloom du printemps en langage plus scientifique, qui en Méditerranée où l'eau est plus chaude qu'en Atlantique, se produit début février. "Sur la façade Atlantique, ça vient plus tard, on les surnomme même les "barques de la Saint jean", s'amuse l'océanologue. 

Généralement, on observe des échouages massifs de vélelles comme ceux observés ces dernières semaines, trois à quatre fois dans l'année, plutôt au printemps. 

Une carte collaborative et un site italien permettent même de les localiser sur la Riviera :

Sont-elles urticantes ?

Comme les méduses, elles font partie de la famille des cnidaires. Toutes deux ont les mêmes caractéristiques d'être un organisme simple avec un seul orifice et des cellules spécialisées. Elles sont toutes deux urticantes tout simplement pour pouvoir piquer leurs proies et les attraper plus facilement. Seulement si tous les cnidaires sont urticants, ils le sont plus ou moins forts et les vélelles tirent plutôt vers le moins. "Elles ne parviennent pas à traverser l'épiderme, mais il faut tout de même s'en méfier, notamment aux endroits où la peau est très fine comme entre les doigts et les orteils" explique Fabien Lombard. 

À noter qu'une fois échouées sur la plage, elles sèchent très vite et leurs cellules urticantes ne le sont plus. 

Pourquoi dégagent-elles ces fortes odeurs ?

En effet, en plus de glisser un peu et prendre de la place sur la plage, elles dégagent une forte odeur,  mais comme tout organisme en décomposition, d'autant plus qu'à chaque fois, elles sont très nombreuses. 

Les odeurs durent trois à quatre jours et le mieux c'est de patienter, "elles n'ont rien de dangereux et font partie du cycle de la vie."

Il y a quelques semaines, les promeneurs pouvaient découvrir une autre espèce très esthétique : les Sabots de Venus.