Apiculture : la lavande au secours des producteurs de miel

Si le printemps a été très prolifique pour les apiculteurs de certaines régions françaises, cela n'a pas été le cas pour les producteurs de miel de Provence. Pour eux, la saison commence au moment où la lavande est en fleur. C'est l'époque de la transhumance des ruches.
Pour les producteurs de miel de Provence, c'est maintenant que la saison commence vraiment, au moment où la lavande est en fleur. C'est la transhumance des ruches.
Pour les producteurs de miel de Provence, c'est maintenant que la saison commence vraiment, au moment où la lavande est en fleur. C'est la transhumance des ruches. © Laurent Verdi - FTV
Pour obtenir du miel de lavande, il faut des fleurs de lavande et des abeilles productives. Mais pour que l'insecte et la fleur se rencontrent, il faut donner un coup de pouce à la nature. C'est pourquoi Jean-Louis Lautard, apiculteur expérimenté, monte une partie de ses ruches à 1100 mètres d'altitude à la fin juin, sur le plateau de Caussols.

Même si l'air est frais, cela n'empêche pas les abeilles de butiner. L'apiculteur contemple le résultat de leur travail : 
 

Là on a du miel de lavande qui a commencé à operculer, on voit bien qu'elles ont terminé le travail, ça se passe bien. 

Jean-Louis Lautard, président du syndicat des Miels de Provence et des Alpes du Sud

A 1100 mètres d'altitude, près des champs de lavande, les abeilles ont commencé à remplir les opercules.
A 1100 mètres d'altitude, près des champs de lavande, les abeilles ont commencé à remplir les opercules. © Laurent Verdi - FTV
Etre au rendez-vous des fleurs, c'est le principe de la transhumance. Concrètement, il s'agit de déplacer les abeilles vers des zones plus riches en pollen. Car il n'y a pas que le bétail qui a besoin de grands espaces ! Caussols est une terre de lavande sauvage, tout comme Valensole et Moustiers Sainte-Marie (Alpes-de-Haute-Provence).

Tradition de la transhumance


Ce délicat voyage se déroule de nuit lorsque toutes les abeilles sont rentrées à la ruche. Cette pratique de la transhumance est une tradition très ancrée en Provence. Les ruches sont déplacées dans toute la région selon un parcours traditionnel qui va du littoral vers la Haute-Provence. A partir des places d'hivernage où fleurissent romarins et autres fleurs printanières, les apiculteurs conduisent leurs ruches vers les montagnes des Alpes du sud.

Lavande, bruyère et romarin

Les ruches sont transportées de nuit et installées à plus de 1000 mètres d'altitude, à proximité de la lavande sauvage.
Les ruches sont transportées de nuit et installées à plus de 1000 mètres d'altitude, à proximité de la lavande sauvage. © Laurent Verdi - FTV
Ce sont des sites naturels privilégiés pour que les ruches profitent de la floraison. La lavande l'été, après la bruyère blanche et le romarin sur la côte d'Azur au printemps, mais cette année, ce rendez-vous-là a été manqué. L'apiculteur nous explique : 

Un hiver beaucoup trop doux

 

On a eu une très mauvaise saison, un hiver très doux, beaucoup trop doux, avec beaucoup trop d'avance. Des fleurs qui ont fleuri alors que les ruches n'étaient pas prêtes donc toutes ces fleurs-là ont fleuri sans que les abeilles aient pu en profiter. On est en train de se rattraper parce que les pluies tardives ont favorisé la floraison des lavandes.

Jean-Louis Lautard, président du syndicat des Miels de Provence et des Alpes du Sud

Ruches rustiques


En redescendant du plateau, un détour vers des ruches plus rustiques qui appartiennent à un apiculteur de 95 ans. Il en a confié la transhumance à Jean-Louis Lautard. Il rend service à cet apiculteur car "ses ruches étaient en train de se faire dévorer par le frelon asiatique". Depuis 2004, le frelon asiatique est devenu l'ennemi des ruches. A cette altitude, il est encore absent mais pour combien de temps ?
A partir de 2004, les abeilles ont été attaquées par le frelon asiatique causant une mortalité importante dans les ruches.
A partir de 2004, les abeilles ont été attaquées par le frelon asiatique causant une mortalité importante dans les ruches. © FTV

Indication d'origine protégée


Le miel de lavande est un produit très apprécié des consommateurs. Grâce à une indication d'origine protégée, il permet aux apiculteurs de mieux valoriser le produit fini. Ces miels représentent environ 60% de l’économie apicole de la région. L’Indication Géographique Protégée (IGP) assure aussi la protection de la dénomination "miels de Provence" et deux labels rouges, dont un spécifiquement dédié aux miels de lavandes défendent la qualité supérieure.
 
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