Cannes : David Lisnard et Philippe Tabarot renvoyés dos à dos, plutôt face à face

La Commission nationale d'investiture de l'UMP, réunie à Paris, a refusé de trancher entre les deux conseillers généraux candidats à la mairie de Cannes en 2014 : David Lisnard, actuel premier adjoint (filloniste), et Philippe Tabarot, conseiller général (copéiste).

© France3 Côte d'Azur
"La commission a décidé qu'aucun des candidats pour Cannes n'aurait d'investiture et que ce sont les Cannois qui choisiront avec leurs votes au premier tour", a confirmé Nadine Morano, déléguée générale en charge des élections à l'UMP.
David Lisnard, qui espérait être investi, a estimé dans un communiqué "très regrettable que le vote des membres de la commission ait été refusé, créant ainsi une étrange exception cannoise".
Interrogé par l'AFP, le candidat à la mairie adoubé par Bernard Brochand (qui fera d'ailleurs partie de sa liste) et président du Palais des festivals s'est cependant dit "satisfait d'avoir fait échouer les manoeuvres de la secrétaire générale de l'UMP, maire du Cannet et bras droit de Jean-François Copé Michèle Tabarot pour imposer son frère".
Philippe Tabarot s'est, lui, dit plutôt satisfait par la décision de la commission d'investiture. "Cette décision me convient très bien: c'est bien qu'au final, ce soit les Cannois qui aient la décision", a-t-il indiqué, expliquant ce refus d'investiture par le fait qu'"il n'y a pas de risque de voir la mairie", traditionnellement ancrée à droite, "basculer à gauche". 
Philippe Tabarot est conseiller municipal d'opposition. Il avait été battu par Bernard Brochand en 2008, alors qu'il se présentait à Cannes (74.000 habitants) sous l'étiquette divers droite. (AFP)

Fut une époque pas si lointaine où l'état major parisien ne se serait pas embarrassé de fioritures. Il aurait tranché dans le vif, adoubant l'un, renvoyant l'autre à ses chères études. Tel était généralement le fonctionnement d'un parti qui avait l'habitude d'imposer ses "choix" depuis Paris, au nom de critères et de principes pas toujours bien perçus et compris en province.
Aujourd'hui, l'UMP, tiraillée et toujours rongée par ses rivalités et querelles intestines, ne peut plus "fonctionner" de la sorte, au risque de rouvrir des plaies qui ont bien du mal à cicatriser. La Commission nationale d'investiture de l'UMP a donc choisi de ne pas choisir entre les 2 candidats du parti à la mairie de Cannes. Politiquement, il n'y a pas grand risque, tant la ville est ancrée à droite. Mais pas sûr que l'heureux-futur-élu en sorte renforcé, surtout si la campagne donne lieu à quelques coups bas, sous les yeux d'un électorat incrédule. La politique de l'autruche a... ses limites et ses inconvénients! (Yves Lebaratoux)

 

 

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